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Les laboratoires Servier condamnés au civil

C.B. avec AFP

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C'est une grande première depuis le début du scandale du Mediator, il y a huit ans. Les laboratoires Servier ont été condamnés au civil, le 22 octobre par le tribunal de grande instance de Nanterre, pour avoir laissé sur le marché un médicament « défectueux » et dont ils ne pouvaient « ignorer les risques », rapporte l'AFP. Le tribunal, qui avait été saisi des demandes d'indemnisations de deux malades de respectivement 72 et 67 ans ayant été exposés au Mediator en 2003 et 2006 a estimé, qu'aux dates de prescription, les connaissances scientifiques laissaient à voir les risques d'hypertension artérielle et de valvulopathie induits par son principe actif, le benfluorex. Une responsabilité engagée sur le fondement de « défectuosité », impliquant notamment le défaut d'information et de sécurité. Le TGI de Nanterre a ainsi reconnu, dans les deux dossiers, « un lien direct et certain », bien que partiel dans l'un des cas, précise l'AFP, entre la prise du Mediator et une valvulopathie. Ainsi, Servier est condamné à verser respectivement 27 350 euros et 10 000 euros aux plaignants. Une première décision que l'avocat d'une des victimes, Me Charles Joseph-Oudin a qualifiée auprès de l'AFP, de « victoire en demi-teinte », critiquant le « montant dérisoire » des indemnisations. Son client, qui demandait initialement 900 000 euros, a-t-il souligné, va faire appel.

Irène Frachon, le médecin pneumologue à l'origine de la révélation du scandale du Médiator, citée par l'AFP a estimé quant à elle, qu'il s'agissait « d'un jugement sans surprise » qui devait « conduire à s'interroger sur la fiabilité et les conditions de sécurité dans les activités commerciales exercées encore aujourd'hui par le laboratoire ». De son côté, Servier a indiqué prendre « acte des jugements » et s'engager à les exécuter « immédiatement en versant les montants décidés par le tribunal ». Toutefois, le laboratoire se réserve « la possibilité de faire appel de ces décisions ». L'avocate des laboratoires Servier, Me Nathalie Carrère, a affirmé que Servier continuerait à mener « un combat de principe ». Le conseil des laboratoires a affirmé devant les journalistes, qu'avant son retrait du marché en 2009, « pas de signaux d'alertes significatifs » sur les risques du médicament n'avaient été soulevés. Selon les chiffres avancés par les laboratoires Servier, 14 millions d'euros auraient d'ores et déjà été versés pour indemniser les patients, dans le cadre d'« accord à l'amiable et en dehors de toute condamnation », précise le groupe. Début septembre, le laboratoire avait été accusé de ne pas verser les indemnisations aux victimes du Mediator, une accusation réfutée par Servier. Le Mediator, interdit depuis 2009, fut prescrit pendant 30 ans comme antidiabétique puis largement détourné comme coupe-faim à près de cinq millions de personnes. Selon une expertise judiciaire, le médicament pourrait être responsable, à long terme, de 2100 décès.

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