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Les laboratoires s'unissent pour former à moindre coût

Les laboratoires s'unissent  pour former  à moindre coût

LES LABORATOIRES MUTUALISENT LA FORMATION, NOTAMMENT POUR DES OPÉRATEURS DE PRODUCTION QUALIFIÉS.

© © IMT/ Image de Marc

Les organismes de formation proposent aux laboratoires de grouper les demandes et les moyens financiers. Plus fastidieuse au départ, cette méthode a pour avantage de s'adapter sur-mesure aux besoins récurrents de personnel qualifié chez les industriels de la pharmacie qui y participent.

Le secteur industriel de la pharmacie recherche pour ses équipes du personnel de plus en plus qualifié et compétent, notamment pour les opérateurs de production. La plupart du temps, ce type de profil qualifié est difficile à recruter, du fait de la pénurie de candidats. Les laboratoires sont donc amenés à former du personnel afin qu'il devienne opérationnel le plus rapidement possible. Depuis quelque temps, les laboratoires pharmaceutiques ont recours à une mutualisation des besoins puis à des actions de formation. Même si elle prend plus de temps à mettre en place, cette démarche semble procurer de nombreux avantages, comme le confirme Patrick Hibon de Frohen, directeur général du Groupe IMT, spécialisé dans les formations professionnelles : « Nous assistons à une multiplication de ce type de démarche, qui est pérenne et profitable pour les laboratoires ». Avant de préciser : « Les principaux avantages sont que les formations sont réalisées sur-mesure par rapport aux besoins, à moindre coût, et sur des durées plus importantes que des formations classiques ».

En 2009, la démarche de mutualisation a été effectuée par le cluster français de production pharmaceutique Polepharma, pour le recrutement de personnel de maintenance et de conditionnement de plusieurs laboratoires de la région Centre. « Au départ, nous nous sommes aperçus que toutes les entreprises pharmaceutiques de notre région avaient les mêmes besoins en profils particuliers pour leurs stagiaires, intérimaires ou leur personnel à embaucher en contrat à durée indéterminée », explique Virginie Baril, coordinateur Formation et Développement RH chez Beaufour Ipsen Industrie. « Les besoins en personnel étant trop faibles pour chacune des entreprises pharmaceutiques, les laboratoires ont décidé de les grouper », continue Fabien Riolet, directeur général de Polepharma. Avant d'ajouter : « Suite à la mutualisation, nous avions une vingtaine de personnes à former ». Après avoir identifié le besoin, Polepharma s'est associé avec plusieurs partenaires (Pôle emploi, Groupe IMT) pour effectuer des entretiens de simulation qui consistent en une série de tests de raisonnement et de compréhension. Les candidats intéressés bénéficient alors d'une formation débouchant sur un certificat de qualification professionnelle (CQP). Les personnes postulant à un poste dans le conditionnement ont été formées pendant une année, tandis que ceux désirant exercer dans la maintenance l'ont été durant 18 mois. Cependant, la mutualisation des formations est beaucoup plus fastidieuse à mettre en place. En effet, l'ensemble des laboratoires doit d'abord se mettre d'accord sur les objectifs de formation à atteindre, le budget et l'engagement des partenaires. « Il faut s'y prendre à l'avance, et faire de la concertation entre les acteurs concernés une force », indique Virginie Baril (Ipsen). Grâce à cette démarche, le groupe de laboratoires de la région Centre a pu recruter 14 personnes pour des postes de conducteur de ligne de conditionnement et une demi-douzaine de techniciens de maintenance.

Du côté de Genzyme, le site de production de thymoglobuline à Lyon a mutualisé sa formation avec plusieurs autres laboratoires pharmaceutiques locaux au sein d'un programme dénommé Intrapharma en collaboration avec l'Association des fabricants de l'industrie pharmaceutique de la région Rhône-Alpes (Afipral). « L'idée de cette association est de mettre en relation les industriels pharmaceutiques de la région pour prodiguer des formations « orphelines « à moindre coût et plus intéressantes pour les salariés. Par exemple, nous avons pu répondre aux besoins d'un groupe de huit salariés, en offrant une formation en gestion des priorités et du temps », indique Lisa Martinet, responsable Développement RH de Genzyme. En outre, le laboratoire pharmaceutique a lancé avec le Groupe IMT une session de formation de neuf jours à destination des opérateurs et des techniciens de production de deux de ses sites (ceux de Marcy-L'étoile et de Gerland). « Ce programme de montée de compétences propose des modules de formation en biologie, en biotechnologies et en pharmacie. A terme, nous pourrions faire en sorte que ces formations débouchent sur des certificats de qualification professionnelle ou des validations des acquis de l'expérience », précise Lisa Martinet. Venant récemment d'intégrer le groupe Sanofi, Genzyme envisage d'élargir l'accès à ses sessions de formation aux salariés de Sanofi.

Des projets de formation sur le même modèle

Cependant, la mutualisation des formations n'est pas forcément gage de réussite. En effet, une formation légale obligatoire (normes incendie et électriques, par exemple) avait été lancée sans succès alors qu'elle employait le même processus d'organisation. « L'expérience n'avait pas été concluante, à cause du prix trop élevé de la formation », précise Fabien Riolet (Polepharma). Mais la démarche autour de cette formation devrait certainement être relancée avec plusieurs ajustements. La réussite du processus sur les secteurs du conditionnement et de la maintenance en 2009 a donné des idées, et d'autres formations devraient suivre dans l'avenir proche. « Nous envisageons d'appliquer la mutualisation pour la formation aux langues étrangères, notamment en anglais », souligne Virgine Baril (Ipsen). D'autres pistes sont considérées, comme le confirme Fabien Riolet : « Nous pensons appliquer la mutualisation à des formations pour le personnel de maintenance du troisième au cinquième niveau, ou bien à un CQP de logistique ». Du côté du Groupe IMT, un projet d'une master class en management et gestion est envisagé. « Cette formation de 12 jours qui se déroulera sur Paris sera proposée dès septembre 2011 aux cadres juniors désirant rendre leur effectif plus performant », précise Patrick Hibon de Frohen. Le groupe envisage également de s'associer avec d'autres structures (lycées professionnels, association de formation professionnelle de l'industrie, etc.) pour organiser des formations mutualisées.

 

« Faire de la concertation entre les acteurs concernés une force » (Virginie Baril, Ipsen).

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