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Les laboratoires en vue à l'ASH 2019

Les laboratoires en vue à l'ASH 2019

© Nicolas Viudez

Leucémie : AstraZeneca mise sur son Calquence

À l'ASH 2019, difficile de passer à côté du Calquence (acalabrutinib), le nom du médicament s'affiche sur les kakemonos qui surplombent le hall d'exposition dédié à l'industrie pharma.

AstraZeneca avait ainsi entièrement configuré son stand et ses annonces pour mettre en valeur son médicament. Il faut dire que le Calquence affiche des résultats convaincants en essai clinique de phase III, sur la leucémie lymphoïde chronique. Des résultats qui lui ont valu d'être approuvé par la FDA sur cette indication, en novembre 2019.

La combinaison Calquence et obinutuzumab (Roche) diminue ainsi de 90 % le risque d'aggravation ou de décès à 2 ans, par rapport au traitement actuel. Arrivé sur le marché américain en octobre 2017, en indication sur le lymphome du manteau, Calquence a généré des ventes à hauteur de 62 millions de dollars en 2018.

Un chiffre qui devrait exploser en 2019 et dans les années à venir. Avec cette nouvelle indication sur la leucémie, la plus fréquente chez l'adulte (plus de 20 000 nouveaux cas par an aux États-Unis), AstraZeneca pourra compter sur le Calquence pour porter sa croissance en hématologie.

Amgen s'appuie sur le Kyprolis et sur sa plateforme BiTE

Le laboratoire américain a présenté lors de l'ASH 2019 en late breaking abstract des données issues d'une étude de phase III baptisée CANDOR, combinant le Kyprolis (carfilzomib) au Darzalex (daratumumab, Janssen). Les résultats, positifs, ouvrent la voie pour positionner cette association dès la seconde ligne dans le traitement du myélome multiple.

« La prise en charge du myélome multiple est en train de changer rapidement », analyse Isabelle Gaillard, médecin en charge du myélome pour Amgen France, « jusque très récemment, le Revlimid (lenalidomide BMS) était l'un des traitements de référence en seconde ligne. Il est désormais approuvé pour une utilisation en association dès la première ligne de traitement, ce qui impose de trouver d'autres solutions thérapeutiques, sans Revlimid, pour le traitement des myélomes multiples en rechute et inéligibles au Revlimid ».

L'étude CANDOR a ainsi montré une diminution statistiquement significative du risque de survie sans progression pour les patients ayant reçu l'association Darzalex et Kyprolis de 37 %. Et à l'avenir, c'est en première ligne que la combinaison pourrait être testée, cette fois-ci avec le Revlimid. « Nous allons vers une quadrithérapie, associant un inhibiteur du proteasome comme le Kyprolis, un anticorps monoclonal, le Revlimid, et des corticostéroïdes, en traitement de première ligne », souligne Isabelle Gaillard.

Autre axe de développement pour le laboratoire américain, sa plateforme d'immunothérapie BiTE (bispecific T Cell engagers). Un BiTE est une construction qui relie les parties variables de deux anticorps qui reconnaissent deux cibles différentes, par exemple le CD3 des lymphocytes T et une cible spécifique de cellules tumorales (CD19, BCMA...). C'est de cette technologie qu'est notamment issu le Blincyto (blinatumomab) d'Amgen. Un produit qui offre de nouvelles options de traitements pour les malades en rechute d'une leucémie aiguë lymphoblastique.

Lors de l'ASH 2019, des résultats positifs du Blincyto ont été présentés en traitement de post-induction sur cette indication, en première rechute chez l'enfant et le jeune adulte. Les patients traités par Blincyto ont présenté un meilleur taux de survie globale que les malades traités par chimiothérapie, sur un suivi médian d'un peu plus d'un an. Un autre composé issu de la plateforme BITE (Bispecific T cell Engager), l'AMG 701 qui cible la BCMA, a aussi fait l'objet d'une présentation concernant une étude préclinique, sur le myélome multiple. Ce composé offre un mécanisme d'action différent des traitements par cellules Car-T.

« Les composés issus de la plateforme BiTE offrent des perspectives de traitement différentes des Car-T. Ils pourraient être positionnés sur les mêmes indications mais seraient plus simples à utiliser et pourraient être rapidement disponibles pour les patients », précise Isabelle Gaillard.

Comme avec les anticorps bispécifiques, le traitement pourrait théoriquement être renouvelé plusieurs fois, voire combiné à d'autres molécules. Les données présentées à l'occasion de l'ASH 2019, encore dans des phases précoces, montrent qu'ils pourraient ainsi, à l'avenir, représenter un complément ou une alternative aux traitements par cellules Car-T.

Car-T : Celgene veut rattraper son retard sur Novartis et Gilead

Si les thérapies géniques ont fait parler d'elles lors de l'ASH 2019, les traitements par cellules Car-T ont aussi eu droit à leur lot d'annonces. Celgene, nouvellement acquis par Bristol-Myers Squibb, a ainsi dévoilé des résultats attendus sur liso-cel, en essai pivot de phase I. Cette thérapie par cellules Car-T a montré des premiers résultats positifs en indication du lymphome diffus à grandes cellules B. Un futur concurrent sérieux pour le Kymriah de Novartis et le Yescarta de Gilead ?

Avec un temps de retard sur ses concurrents, Celgene espère combler cet écart en affichant un profil de sécurité de meilleure qualité pour le patient. Du côté de Gilead, on affichait aussi une satisfaction sur les avancées récentes concernant Yescarta avec la publication de données de suivi à 3 ans, de l'étude ZUMA 1. Le taux de survie se maintient ainsi à 47 % contre 51 % lors du précédent point, effectué à 2 ans. Autre avancée, le laboratoire travaille sur la réduction de la toxicité du traitement, en observant les effets d'une prise en charge plus précoce dans le suivi du patient. Un travail d'investigation entrepris sur une quarantaine de patients de la cohorte Zuma 1.

Gilead a enfin présenté des résultats positifs pour l'étude de phase II du KTE-X19, une nouvelle thérapie par cellules Car-T, testée sur le lymphome à cellules du manteau, réfractaire ou en rechute. La filiale de Gilead a, dans la foulée, déposé, une demande d'enregistrement auprès de la FDA.

En bref... Sanofi, Abbvie, Roche

Côté français, Sanofi a annoncé la réussite d'un essai pivot de phase III concernant le sutimlimab en traitement de la maladie des agglutinines froides, un trouble sanguin rare. Le laboratoire estime que ce produit a le potentiel pour devenir le premier médicament approuvé sur cette indication et fera une demande dans ce sens auprès de la FDA.

AbbVie annonçait une mise à jour de son étude, à 4 ans, sur Venclexta/Venclixto (venetoclax), combiné au rituximab de Roche, qui montre une baisse de 81 % du risque de décès ou de progression de la leucémie lymphoïde chronique

 

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