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Les Irlandais se vendent à l'international

A Dublin, Juliette Badina

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Les Irlandais se vendent à l'international

Modélisation du bâtiment de Sanofi-Aventis pour son projet BioLaunch.

© © Sanofi-Aventis

LES IRLANDAIS, QUI ONT DÉVELOPPÉ UNE EXPERTISE DANS LE DOMAINE DES SCIENCES DE LA VIE POUR FAIRE FACE À LA CROISSANCE DU SECTEUR EN IRLANDE, METTENT AUJOURD'HUI LE CAP VERS L'INTERNATIONAL.

Qu'est ce que les projets de Merck Serono à Vevey (Suisse), de Pfizer à Strangnas (Suède), de Novartis à Changshu (Chine) ou de Sanofi-Aventis à Vitry-sur-Seine (Val-de-Marne) ont en commun ? Outre leurs objectifs en termes de bioproduction, une partie de l'ingénierie de chacun des projets a été réalisée par des groupes ou PME irlandaises. Ces projets d'unités biotechnologiques de dimensions internationales ont nécessité des investissements massifs de plusieurs centaines de millions d'euros. Et chacun d'eux a fait appel à l'expertise d'un ou plusieurs acteurs irlandais dans le domaine de l'ingénierie. Étonnant ? Pas vraiment si l'on considère que les sociétés irlandaises ont pris la vague des biotechnologies très en amont et que les ingénieristes ont développé des capacités importantes dans le domaine. Avec 8 des 10 plus importantes sociétés pharmaceutiques au monde sur son territoire, 83 usines et la production de 6 des 10 médicaments les plus vendus au monde, l'Irlande revendique une place de choix dans le domaine des sciences de la vie. Les sociétés irlandaises ont d'abord répondu à la demande locale pour la construction des premières unités pharmaceutiques et biotechnologiques. Dans ce secteur, cinq investissements majeurs ont eu lieu dans les trois dernières années sur le territoire. Celui de Pfizer à Shanbally pour la production de lots cliniques a nécessité un investissement de 190 M€. Celui de Centocor Biologics, filiale de Johnson et Johnson, représente un investissement de 640 M$ à Cork pour une unité de fermentation. Genzyme a investi 130 M€ pour l'extension de son site de Waterford. Merck avait annoncé un investissement de 280 M$ pour la production de vaccins à Carlow. Enfin, Eli Lilly avait injecté 400 M€ à Dunderrow pour une unité biologique. Aujourd'hui, les mêmes sociétés d'ingénierie irlandaises se tournent vers l'international. Merck Serono a fait appel à Kinetics Process Consulting (KPC) pour son projet suisse. « KPC offre une gamme de services, allant du recrutement de personnel technique jusqu'à l'exécution de phases-clé du projet, et dispose des capacités nécessaires à soutenir des projets dans bons nombres de pays européens tels que la France, la Belgique, l'Allemagne et la Suisse », indique John Devlin, responsable du projet de Merck chez KPC.

Pfizer s'est quant à lui tourné vers Dornan Engineering et Mercury Enginnering, deux sociétés irlandaises spécialisées dans les solutions mécaniques et électriques. « Parti outsider sur le projet de Sanofi-Aventis à Vitry-sur-Seine », comme l'indique Jean-Philippe Lopez, directeur du projet BioLaunch, c'est finalement PM Group qui a remporté le contrat d'ingénierie du projet, en partenariat avec la société française d'ingénierie Ceris. « Le projet est avant tout d'envergure européenne, précise le directeur du programme. Ce sont pas moins de trois sociétés irlandaises qui travaillent sur le projet (PM Group, Kirby Group et BCD) au milieu d'autres partenaires italiens, allemands, suisses, etc ». Le premier a remporté le contrat d'ingénierie et de construction. Le second fournit des instruments et des câbles. Le troisième est spécialisé dans les systèmes de purification et a notamment fourni des unités mobiles pour les opérations de NEP (Nettoyage en place). Au total, le projet fait appel à quelques 550 personnes dédiées à la construction du site. PM Group, acteur important du secteur, a remporté un certain nombre d'autres contrats à l'international. Il se développe vers toutes les zones géographiques, avec une évolution croissante vers l'Asie-Pacifique et le Moyen-Orient. Le chiffre d'affaires du groupe, issu des projets irlandais, ne représentera plus que 30 % du chiffre d'affaires total en 2012, contre 52 % en 2009 et 88 % en 2004. Même le groupe Novartis, qui s'est mis comme défi d'employer la main d'œuvre locale et de se fournir sur place en équipements pour sa première implantation chinoise, a finalement dû faire appel à PM Group pour finaliser son projet. « Pour un certain nombre de raisons, techniques et de coûts notamment, nous avons fait le choix de nous adresser à des sociétés chinoises, indique Jerry Hourihan, responsable du projet de construction de l'unité de production de Novartis à Changshu (près de Shanghai). Il est nécessaire de passer par un Local Design Institute (LDI) chinois pour la phase de conception architecturale de l'unité et par des constructeurs qui entretiennent de bonnes relations avec les bureaux gouvernementaux. Cela facilite grandement l'obtention des très nombreux permis nécessaires à l'aboutissement d'un projet de ce type selon les normes locales, ironise le responsable de projet. Mais il y a une phase sur laquelle, contre toute attente, nous n'avons pu travailler avec le personnel chinois. C'est la phase de qualification et de validation pour laquelle nous avons fait face à un manque de personnel qualifié avec une expérience dans le domaine pharmaceutique ». Novartis a dû faire appel à la main d'œuvre d'Europe de l'Ouest, plus qualifiée. Afin de promouvoir le développement et les exportations des PME irlandaises à l'international, l'organisme Enterprise Ireland a organisé, à la mi-octobre, la conférence Engineering Ireland 2010. Objectif : créer des liens entre les big pharmas ou sociétés de biotechnologies internationales et les ingénieristes irlandais en espérant voir fleurir de nouveaux contrats. Peut-être de nouvelles annonces d'investissements en découleront. Mais verra-t-on encore naître des projets de cette dimension avec des investissements de quelques centaines de millions d'euros ? Certainement plus en Irlande. Et dans le monde ? L'avenir est plutôt tourné vers des plus petits contrats de modernisation et d'optimisation de sites.

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