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« Les industriels attendent des propositions d'optimisation »

Propos recueillis par Aurélie Dureuil

Engie Axima, filiale d'Engie, est spécialisée dans les domaines du génie climatique, des fluides, de la protection incendie et de la réfrigération. Pierre di Credico, responsable de la cellule Efficacité énergétique et environnementale d'Axima Process Industriel détaille le positionnement et les solutions pour maîtriser les consommations.

Industrie Pharma : Pouvez-vous présenter l'activité d'Axima Process Industriel dans les salles propres ?

Pierre di Credico : Engie Axima conçoit et réalise des installations de salles propres dans les domaines pharmaceutiques, biotechnologiques, hospitaliers, micro-électroniques et, plus généralement, dans tous secteurs d'activité nécessitant une maîtrise des environnements process. Les conditions d'ambiance à atteindre et à maintenir en salles propres engendrent des consommations énergétiques importantes. L'efficacité énergétique est donc naturellement au coeur de nos préoccupations. Pour proposer des solutions toujours plus performantes et innovantes, Engie Axima Process Industriel dispose d'un service dédié au développement et à l'étude de l'optimisation énergétique et environnementale des applications pour salles propres.

 

Quelles sont les missions de la Cellule Efficacité energétique et environnementale que vous dirigez ?

P.d.C. : Nous proposons plusieurs types de missions à nos clients pour les accompagner à chaque étape de leurs démarches d'amélioration : audits énergétiques, audits de fiabilisation, comparatifs technico-économiques. Les coûts de fonctionnement peuvent représenter plus de 90 % du coût global sur la durée de vie d'une installation. Aujourd'hui, nous nous engageons contractuellement sur les consommations énergétiques des installations que nous réalisons et maintenons. Ces « Contrats de performance énergétique », CPE, sont assujettis à une règle de Bonus/Malus.

 

Vous citez plusieurs vecteurs pour les gains d'efficacité énergétique. Quels sont-ils ?

P.d.C. : On retrouve, en premier lieu, les vecteurs techniques que sont le traitement d'air et les utilités. L'optimisation du traitement d'air passe par la redéfinition des besoins réels du process (air neuf, taux de brassage, température et hygrométrie). Le profil des besoins en refroidissement et chauffage doit faire l'objet d'une étude poussée, dès la conception, pour déterminer la technologie la plus adaptée et la plus performante. Ensuite, l'enveloppe de la salle propre et son étanchéité en particulier sont une source importante d'économies. Les fuites causées par une mauvaise mise en oeuvre entraînent des surconsommations énergétiques. Enfin, l'humain est indissociable de son environnement. Le comportement de l'utilisateur dans cette enceinte, la conduite des installations de process influent sur la consommation énergétique de manière non négligeable.

 

Quelles sont les demandes de l'industrie pharmaceutique en termes d'audit énergétique ?

P.d.C. : Les industriels cherchent à maîtriser leurs consommations d'énergie qui impactent de manière significative le coût de revient de leurs produits. L'efficacité énergétique est un levier de compétitivité pour les entreprises. Nos clients attendent d'un audit des propositions d'optimisation techniquement et économiquement viables qui garantissent le niveau de qualité requis pour leur process. Engie Axima Process Industriel intervient sur l'ensemble des installations de salles propres depuis la production des utilités jusqu'à la diffusion en salles. Notre démarche d'audit énergétique doit permettre au client de rationaliser ses installations.

 

Qu'entendez-vous par la rationalisation des installations ?

P.d.C. : Les installations de production d'utilités évoluent au gré des évolutions et des agrandissements d'un site industriel. Nous proposons à nos clients qui les renouvellent de les regrouper dans un seul bâtiment. La mutualisation des productions d'utilités présente de nombreux avantages. Outre la réduction des consommations en énergies primaires (électricité, gaz), elle permet d'optimiser le taux d'utilisation, de sécuriser le fonctionnement, tout en minimisant les coûts de maintenance. Cette démarche de centralisation de production des utilités dépasse le chaud et le froid et concerne toutes les utilités, comme par exemple : l'air comprimé, ou tout autre fluide process. Nous proposons avec notre département Concept Global la prise en charge de l'intégralité du projet, de la conception à la livraison clés en main d'un bâtiment de production centralisée d'utilités.

 

Que proposez-vous pour les centrales de traitement de l'air ?

P.d.C. : Notre approche est de repartir des besoins réels du process pour redéfinir les données de dimensionnement et optimiser les caractéristiques de fonctionnement (air neuf, taux de brassage, température et hygrométrie). Le « qui peut le plus, peut le moins » est beaucoup trop souvent utilisé en conception, par habitude. La mise en place de modes de fonctionnement réduits pendant les phases d'inoccupation est aussi une réelle opportunité.

 

Quelles actions préconisez-vous vis-à-vis des opérateurs ?

P.d.C. : Nous proposons des cycles de formation et de sensibilisation à l'efficacité énergétique en salles propres, à destination des utilisateurs et exploitants. Nous accompagnons également nos clients pour la mise en place de systèmes de management de l'énergie et la certification environnementale ISO 50 001.

 

Quels sont les différents types de solutions pouvant émerger d'un audit énergétique ?

P.d.C. : On distingue trois types de solutions que l'on peut classer en fonction du temps de retour sur investissement. Les solutions dites « quick win », avec un retour sur investissement inférieur à 1 an, consistent à évaluer les justes besoins et vérifier les données de fonctionnement : débit, pression, état des équipements. Une réduction du débit d'air neuf de 1 vol/h représente une économie de l'ordre de 5 % sur la consommation des utilités liées à la salle propre. Les solutions à moyen terme (1 à 3 ans de retour sur investissement) reposent sur de petites modifications : mises en place de débits variables, installations de composants à faible perte de charge, ajouts de moyens de mesure et de comptage. Les solutions à long terme, dont le retour sur investissement est supérieur à 3 ans, sont des remplacements d'équipements obsolètes et la mise en place de dispositifs de récupération d'énergie ou de free-cooling (dispositif visant à utiliser, lorsque les conditions le permettent, l'air extérieur plutôt que des groupes frigorifiques pour le refroidissement d'un environnement).

 

Comment ces solutions sont-elles accueillies d'un point de vue financier ?

P.d.C. : Aujourd'hui, les industriels réfléchissent de plus en plus en TCO (Total cost of ownership). Sur la durée de vie d'une installation, l'impact financier d'investissement est minime, comparé au volume des consommations énergétiques. Pour accompagner nos clients vers la transition énergétique, et afin que les coûts liés à ces modifications ne pèsent pas sur les budgets d'investissement, Engie Axima propose aujourd'hui l'offre Axilease, qui permet de financer en partie ou en totalité les investissements d'optimisation énergétique.

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