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Les hauts et les bas de la vaccination

Sylvie Latieule Rédactrice en chef

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Faut-il encore se vacciner ? La réponse est bien entendu oui. Pourtant, le Leem posait encore la question en avril dernier, à l'occasion de la semaine mondiale de la vaccination. Le ton était volontairement provocateur car les chiffres de la vaccination en France sont mauvais. Chez les nourrissons, l'immunisation est globalement bonne. En revanche, les couvertures vaccinales des adolescents et des adultes sont insuffisantes. Moins de la moitié des adolescents sont à jour de leur vaccination contre l'hépatite B et seulement un tiers des jeunes filles, concernées par la recommandation relative au vaccin HPV, ont été complètement vaccinées. Pour ce qui est de la vaccination contre la grippe, moins de la moitié des personnes âgées de 65 ans ou plus sont couvertes et ce pourcentage est en baisse constante depuis trois ans. On est loin de l'objectif de 75% visé par l'OMS.

Parmi les raisons de cette désaffection, il y a bien sûr le lobbying des activistes anti-vaccins qui s'exerce au niveau mondial. Mais on ne peut pas occulter le fait que les vaccins sont aussi victimes de leur trop grande efficacité. Grâce à eux, la variole a été éradiquée de la planète. Et qui a peur d'attraper la diphtérie, la poliomyélite, la coqueluche, la rougeole, tant on a perdu l'habitude de côtoyer ces maladies ? Par contre, lorsqu'une menace refait surface, le vaccin reprend du galon. Les média nous tiennent en haleine sur les derniers développements autour d'un vaccin anti-Zika que l'on attend désormais avec impatience.

Chez l'adulte et l'adolescent, les mauvais chiffres de la vaccination s'expliquent aussi par la négligence. Le plus souvent, une vaccination s'accompagne de rappels, synonymes d'aller-retour chez son médecin traitant. D'où l'intérêt d'autoriser les pharmaciens à vacciner les patients « sous certaines conditions ». Isabelle Adenot, présidente de l'Ordre national des pharmaciens, a plaidé en ce sens à la mi-juillet. Le médecin resterait celui qui prescrit et les pharmaciens ne seraient habilités qu'à vacciner des adultes pour des rappels, a-t-elle précisé. « Plusieurs pays dans le monde (par exemple le Royaume-Uni, le Portugal, l'Irlande, la Suisse, la Tunisie, les États Unis...) ont autorisé la vaccination par le pharmacien d'officine. Une pratique initiée la plupart du temps avec le vaccin contre la grippe pour s'ouvrir à d'autres vaccins du calendrier vaccinal. Cette pratique se conclut par une augmentation sensible de la couverture vaccinale, au bénéfice du public », a estimé la présidente.

Pour le moment, les médecins s'y opposent. Alors, il reste une ultime solution : l'abandon de l'injection au profit de formes galéniques facilitant l'observance. C'est justement ce que propose la start-up DBV Technologies qui travaille sur un patch, en phase I, capable de vacciner contre la coqueluche puis de faire les rappels. La vaccination contre cette maladie est recommandée depuis 2014 pour les personnes côtoyant des nouveaux-nés et les professionnels de la santé. Souvent, les adultes ne prennent pas cette précaution et l'efficacité du vaccin diminue, s'il n'est pas régulièrement renouvelé. Grâce à la technologie de DBV Technologies, on pourrait s'administrer seul le vaccin, via un patch délivré sur ordonnance. Ceci contribuerait à réduire sensiblement le nombre de nouveaux cas de coqueluche.

En attendant, il ressort des études qu'1 français sur 5 ne serait pas à jour de ses vaccins. En est-il de même pour vous ?

 

« Les vaccins sont aussi victimes de leur trop grande efficacité ».

 

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