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Les géants américains observés

Julien Cottineau

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Le contexte est singulier. Et la publication des résultats de deux des plus grands opérateurs américains de la chimie intervient en pleine période faste pour les actionnaires activistes. Surtout aux États-Unis, où les manoeuvres se multiplient auprès des grands groupes. Lesquels en perdent parfois leur calme, voire leur p-dg, sinon au moins quelques sièges aux conseils d'administration. Depuis un an, Dow et DuPont n'y ont pas échappé. Le premier a bataillé plusieurs mois contre le fonds Third Point. Et a fini par céder deux places au conseil d'administration pour obtenir l'arrêt d'une campagne réclamant la scission de ses activités de base et de spécialité. De son côté, DuPont est toujours aux prises avec le fonds Trian. Lequel réclame depuis l'été une scission avec d'un côté les activités de forte croissance et de l'autre les activités plus cycliques.
 

De fait, les traditionnels commentaires des dirigeants lors de la présentation des résultats avaient cette année une résonance un peu particulière. Chez Dow, Andrew Liveris s'est ainsi montré insistant : « Notre business model fonctionne pour tout cycle économique, car nous pouvons générer de la valeur à travers différents segments de nos chaînes de valeur intégrées », souligne le patron du groupe. Chez DuPont, les « résultats indiquent que notre stratégie destinée à générer plus de croissance et de valeur fonctionne, ce qui inclue l'évolution de notre portefeuille d'activités, la séparation de Chemours, les économies substantielles réalisées par la refonte de notre modèle opérationnel, nos initiatives en matière de productivité», explique Ellen Kullman, p-dg et présidente du conseil d'administration.

 

« La Bourse a réagi différemment pour Dow et DuPont »
 

Sur le plan comptable, Dow a présenté un bilan qu'il qualifie de « record ». À l'heure où nous publions cet article, l'ensemble des chiffres n'avait pas encore été rendu public. Les ventes totales ajustées ont atteint l'an dernier 58,17 milliards de dollars (51,43 Mrds €) soit une légère progression face aux 56,86 Mrds $ de 2013. Le bénéfice net a en revanche flanché de près de 23 %, à 3,43 Mrds $. L'Ebitda ajusté a de son côté atteint 9,3 Mrds $, en progression de 975 M$ sur un an. Dow, qui n'avait pas encore détaillé ses ventes par divisions ni par régions évoquait lors de la présentation des résultats des ventes en progression dans chaque segment. Notamment de 4 % aux États-Unis et dans les régions émergentes, lesquelles comptent aujourd'hui pour 35 % des ventes totales du groupe.
 

DuPont a présenté un bilan plus mitigé. Le chiffre d'affaires s'est contracté de 3 %, à 34,7 Mrds $. Un déclin correspondant à l'évolution du portefeuille (2 %), une baisse des prix de vente locaux (1 %), l'impact des taux de change (1 %) mais compensé par une progression des volumes (1 %). Par segment, seules la Nutrition et santé et les Biosciences industrielles ont affiché des progressions de vente (de respectivement 2 % et 3 %). Par région, seule l'Europe-Moyen-Orient-Afrique affiche une croissance (1 %). Le bénéfice net a perdu près de 25 %, à 3,64 Mrds $. En pleine réorganisation avec le spin-off de Chemours (CPH n°702) et la volonté de réduire ses coûts, DuPont indique qu'il devrait atteindre des économies annuelles de 1 Mrd $ dès la fin 2015. Et après 2 Mrds $ de rachats d'actions en 2014, le groupe vise le double en 2015.
 

En attendant d'éventuelles réactions chez Trian ou Third Point, la Bourse new-yorkaise a réagi différemment pour les deux cas. DuPont a ainsi vu son action perdre près de 3 % le jour des résultats. Celle de Dow progressait d'environ 2 % le 29 janvier.

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