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Les gaz de schiste refont surface

Julien Cottineau et Dinhill On

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Le dossier des gaz de schiste n'est peut-être pas complètement enterré. Bien qu'il se heurte à une fin de non-recevoir depuis plus d'un an par le gouvernement, qu'il soit de gauche ou de droite, le débat ne cesse de ressurgir. Et des signaux politiques récents semblent soutenir une possible réouverture du dossier. Mi-novembre, le Sénat a saisi l'Office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques (OPECST) d'une demande d'étude des solutions alternatives à la fracturation hydraulique, technique proscrite en France, pour l'exploration et l'exploitation des gaz de schiste. Le 28 novembre, Arnaud Montebourg, ministre du Redressement productif affirmait au sujet du gaz naturel qu'il valait « mieux le produire ici plutôt que de l'importer », et qu'il fallait travailler à « imaginer une nouvelle génération de technologies propres » pour l'extraction des gaz de schiste. Enfin, le lendemain, lors de l'ouverture du débat national sur la transition énergétique, Delphine Batho, ministre de l'Écologie et de l'Énergie, lançait que « toutes les idées pourront être défendues », comme celle de « l'exploitation des gaz de schiste ».

« Les politiques tendent l'oreille »

Ces signaux devraient satisfaire les secteurs industriels qui ne cessent de réclamer la réouverture du dossier pour déterminer, d'abord, le potentiel du sous-sol français, jugé prometteur, avant de voir plus loin. Comme l'ensemble de l'industrie chimique, le Syndicat de la chimie organique de base (Scob) plaide en ce sens. D'autant qu'il juge intéressante la possibilité de profiter de l'éthane issu des gaz de schiste en Europe pour réduire la facture énergétique. Le Scob n'entrevoit toutefois pas les gaz de schiste comme une piste pour alimenter des vapocraqueurs en France, comme c'est le cas outre-Atlantique. D'une part, car les volumes ne seraient peut-être pas suffisants, d'autre part, car les vapocraqueurs actuels sont essentiellement sur base naphta, d'où des coûts lourds pour de possibles conversions. Les pétroliers ne relâchent pas non plus la pression. « Quand bien même nous sommes dans un contexte de transition énergétique, le mix prévu à l'horizon 2035 sera constitué à 75 % d'énergies fossiles. L'exploration est donc nécessaire au regard du taux de renouvellement des réserves de ressources fossiles », déclare ainsi Pascal Baylocq, président du comité Gaz de schiste au sein du Groupement des entreprises pétrolières (GEP-AFTP). Le GEP-AFTP affirme que l'exploitation des gaz et huiles de schistes « présente des risques mais qui peuvent être maîtrisés ». A ce jour, la seule méthode viable d'extraction, la fracturation hydraulique, comporte plusieurs contraintes qui pourraient être résolues. Le risque de pollution du sous-sol lors de la conception de puits peut être évité par la pose de cuvelages en acier concentriques et la cimentation des espaces annulaires, créant des barrières étanches. Il serait aussi possible d'utiliser des eaux qui n'entrent pas en concurrence avec l'eau potable, comme l'eau de mer ou de l'eau industrielle traitée. L'amélioration de la fracturation hydraulique est aussi un axe de recherche du côté de l'Union française des industries pétrolières (Ufip), selon l'AFP. L'utilisation de gaz de pétrole liquéfié ou de gaz carbonique en substitut de l'eau, ou d'adjuvants non toxiques pour l'environnement est à l'étude. D'autres techniques, comme des procédés thermiques ou acoustiques, sont aussi évoquées pour la fracturation de la roche. « Les hydrocarbures de roche-mère constituent une opportunité. Les exemples aux États-Unis et dans plusieurs pays européens doivent faire réfléchir. Le principe de précaution ne prône pas l'inaction », assène ainsi Pascal Baylocq. Doucement, les politiques semblent tendre l'oreille.

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