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Aurélie Dureuil

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LA MASTERBOX DE KNAUF ALLIE PSE ET PEHD.

© © Knauf Masterbox

Les systèmes de conditionnement isothermes se font pliants, autonomes, etc. Les fabricants affichent ainsi leurs solutions pour se démarquer sur le marché pharmaceutique.

Types de parois, systèmes de froid, durée de conservation, volume utile mais aussi valorisation de l'emballage usagé sont quelques-uns des paramètres sur lesquels travaillent les fournisseurs de systèmes isothermes pour le transport de médicaments. Chacun affûte ses solutions sur un marché très réglementé, où une rupture de la chaîne du froid peut coûter très cher. « Le marché de la distribution des produits thermosensibles a évolué, notamment sur le marché domestique. L'offre en transport express sous température dirigée s'est structurée, mais reste soumise aux risques liés à l'homogénéité des températures (ruptures de charges, dernier kilomètre, etc.). Nous préconisons l'association du camion à température dirigée et de l'emballage isotherme », indique Christophe Langerock, fondateur de Kalibox.

Pour les emballages isothermes, trois types de polymères sont principalement utilisés pour les parois : le polypropylène, le polystyrène et le polyuréthane. Les fabricants affichent ensuite leur différence en fonction des traitements appliqués. Ainsi, Colpack propose une structure composée de polypropylènes soudés entre eux. Une fois gonflé, l'emballage prend automatiquement la forme d'un contenant transport et est placé dans une caisse traditionnelle ou un bac réutilisable. « Une fois déployée, la structure alvéolaire est naturellement propice au maintien de l'isothermie. L'aluminium pulvérisé en fine couche fait barrage à la lumière et organise entre les différents films soudés et les alvéoles les échanges d'air optimaux, de façon à préserver l'isothermie », confie Isabelle Fourmond, secrétaire générale de Coldpack. La société Isovation propose des solutions isothermes à partir de polystyrène extrudé-expansé (XPS) 100 % recyclé, contrecollé d'un revêtement extérieur de type PET métallisé. Appelé Isostrat, ce système limite l'absorption du rayonnement solaire pendant le transport et permet l'impression des instructions des laboratoires.

Des matériaux issus du recyclage

 

Les sociétés Harryplast et Lisotherme ont développé conjointement une enveloppe postale isotherme utilisant des matériaux « issus de la filière de récupération et de recyclage des chutes ou déchets de fabrication de l'industrie textile », souligne Guillaume Petit, responsable commercial d'Harryplast. La solution développée par les deux entreprises est proposée pour le transport de produits de taille moyenne et par voie postale. Les enveloppes sont vendues par caisse de 12. Chez Coldpack, la solution repose sur un système gonflable par l'industriel avant l'utilisation, « réduisant en amont les contraintes d'un stockage volumineux », selon Isabelle Fourmond. D'autres fabricants misent sur les emballages pliants ou livrés à plat. C'est le cas de Kalibox notamment, qui propose des conteneurs (palettes) en polyuréthane, livrés démontés. « La livraison se fait à plat, ce qui permet d'optimiser les coûts. Dans un camion, nous mettons trois fois plus de produits. De même, cela permet de réduire les coûts de stockage », souligne Christophe Langerock, qui précise : « ce système breveté repose sur le concept d'angles plastiques qui permettent l'assemblage des panneaux en moins de deux minutes ».

Autre paramètre de différenciation : le système de froid. Les gels eutectiques semblent faire l'unanimité ; pourtant, chaque fabricant décline sa solution. Coldpack propose, entre autres, des poches de gels à remplir. L'utilisateur la remplit d'eau et la place au froid avant l'utilisation. La société Kalibox a opté pour des blocs eutectiques rigides en cassette associés, dotés d'un système de glissières pour les installer rapidement sur les parois. Chez Sofrigam, les plaques eutectiques sont intégrées dans une unité de régulation thermique. Elle est munie d'un système de régulation thermique qui contrôle en permanence la température de la charge utile. « Il s'agit d'une caisse semi-active », souligne Vanessa Dinclaux de Sofrigam. Les enveloppes d'Harryplast et Lisotherme sont réfrigérées par un eutectique à base de gel réfrigérant développé par Lisotherme. « Le point fort de cette formule tient au fait qu'une fois congelé, le gel diffuse un froid positif à 0 °C en surface et ce, de façon lente et prolongée », indique Guillaume Petit. D'autres sociétés misent sur des solutions différentes. C'est le cas de Coldway qui a développé une technologie de production de froid à partir d'ammoniaque liquide. « Nous avons deux réservoirs en inox reliés par un tube et une vanne. Dans le premier, se trouve de l'ammoniaque liquide, dans le second des sels absorbants. Quand on ouvre la vanne, l'ammoniaque liquide s'évapore. Cette détente dégage du froid. Le sel fixe la vapeur d'ammoniac. Une fois cette réaction terminée, il suffit de brancher le système pour alimenter une résistance chauffante. Le sel libère le gaz qui retourne dans le premier réservoir », détaille Laurent Rigaud, cofondateur et président du directoire Coldway. Le système réfrigérant peut ensuite être clipsé sous le container isotherme. La société Eber Spächer SA privilégie, elle, une solution utilisant l'énergie électrique. « Nous proposons un groupe de froid qui nécessite d'être branché, ce qui nous permet d'avoir un transport en température dirigée. En fonction de la température extérieure, la technologie à compresseurs produit du froid ou du chaud pour le maintien de 5 °C à l'intérieur », indique Stéphane Avenas, responsable commercial after market d'Eber Spächer SA. Une technologie qui permet de garantir une température constante tant que le groupe de froid est alimenté. En cas d'arrêt du véhicule et donc du moteur du système de froid, la société a installé une batterie pour une durée d'environ 30 min. « Cela permet les arrêts lors d'une tournée », précise Stéphane Avenas.

Concernant les durées de conservation dans la plage de températures +2 °C / +8 °C, les fabricants proposent des solutions allant de 4 heures à l'infini. En effet, si l'utilisation de gels eutectiques permet de s'inscrire dans des durées autour de 24 et 48 heures, certains affichent des systèmes allant jusqu'à 96 heures voire 120 heures pour les expéditions à l'international. Enfin, Eber Spächer est dépendant de l'alimentation électrique. Et les emballages se déclinent suivant un grand nombre de tailles. Les emballages isothermes se font petits à partir de 2 litres pour le transport domestique et montent dans les tailles pour les transports par palette(s) à l'international. Des fabricants comme Isovation et Groupemball dimensionnent leurs systèmes en fonction des demandes. « En fonction des exigences du produit à transporter et des contraintes logistiques, le bureau d'études détermine le bilan thermique afin de proposer le type d'isolant, l'épaisseur et la charge de plaques eutectiques appropriés. C'est donc une solution isotherme sur-mesure, autonome de surcroît, qui est ensuite validée par notre laboratoire », détaille Philippe Carles, président d'Isovation.

Des solutions de valorisation

 

Si ce n'est pas avec des critères de taille et de durée de conservation que les fabricants se démarquent, tous affichent aujourd'hui une réflexion autour de la valorisation de leurs emballages. Entre réutilisation et recyclage, chacun choisit sa stratégie. Chez Coldway, Laurent Rigaud affiche les résultats de tests de réutilisation en laboratoire : « Notre système peut être réutilisé pour plus de 4 000 cycles sans baisse de performance ». Les emballages réutilisables ne sont pourtant pas toujours plébiscités par les laboratoires pharmaceutiques. « Nos emballages peuvent être réutilisés. Nous travaillons également à la récupération de nos emballages chez nos clients par le biais de partenaires locaux afin de recycler à nouveau la matière, ou le cas échéant, de la valoriser », témoigne Philippe Carles (Isovation). Si les produits de Sofrigam peuvent être réutilisés pendant trois ans, la société prévoit également la récupération de ses caisses. « 65 % des matériaux sont réutilisés dans les caisses neuves de Sofrigam, 30 % sont recyclés et 5 % sont enfouis », détaille Vanessa Dinclaux. Coldpack avec ses poches gonflables privilégie des solutions peu encombrantes. La poche privée d'air reprend la forme d'un sac et entre dans le circuit traditionnel de traitement des déchets. « Bien que notre solution soit réutilisable, nos clients pharma réutilisent rarement l'Airliner. Les contraintes qualité sont telles qu'il est souvent exclu de réutiliser un contenant. Une désinfection du produit est possible mais serait sans doute coûteuse », estime Isabelle Fourmond. Les fabricants utilisant du polystyrène expansé affichent des produits 100 % recyclables. « Les produits en PSE propres sont collectés pour être granulés, compactés puis envoyés dans des unités de production. Ils peuvent ensuite servir de matière première pour la réalisation de nouveaux emballages », explique Philippe Tribot, directeur du marché santé de Knauf Industries. Chez Kalibox, les différentes parties de l'emballage peuvent être recyclées : dans la filière PVC pour les angles et les glissières et dans le bâtiment pour les panneaux en polyuréthane. Les fabricants d'emballages isothermes déclinent ainsi leurs offres en fonction des demandes du secteur pharmaceutique, tout en se démarquant les uns des autres par le choix du système de valorisation et de la conception.

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