Nous suivre Industrie Pharma

Les enseignements du 2e colloque national de Polepharma

Sylvie Latieule

Sujets relatifs :

, ,

LA RELATION CLIENTS/FOURNISSEURS S'AMÉLIORE

La relation clients/fournisseurs a été évoquée en début de journée par Jean Breton (Thesame), Jean-Jacques Nilles (Socrates) et Michel Philippart (Irima Grenoble Ecole de management). Ensemble, ils ont présenté l'Indice Peak 2013 qui mesure le niveau de confiance et les attentes réciproques des partenaires de la relation. 150 entreprises industrielles ont participé à l'élaboration de ce deuxième indice qui va bien au delà du secteur pharmaceutique. Les bases de la relation clients/fournisseurs dans l'industrie sont saines avec un indice qui est passé de 100 en 2012 à 108 en 2013. Mais il reste un déséquilibre. Pour agir sur le niveau de collaboration, des actions doivent être menées. En particulier, élargir la gestion de la relation au-delà des achats : remonter le collaboratif dans la chaîne de valeur (impliquer les directeurs innovation) et valoriser l'impact social du collaboratif (impliquer les responsables RH et RSE). L'étude suggère également de développer la relation en mode projet, de travailler sur l'équilibre et sur les attitudes en cas de difficultés (reconnaissance positive, solidarité et retenue dans les propos et jugements). Ces travaux s'inscrivent dans le cadre du développement de filières industrielles stratégique sur le territoire français. La construction et l'entretien d'une filière nécessite du temps, une vision stratégique et des compétences managériales spécifiques. La relation clients/fournisseurs est au cœur des savoir faire nouveaux à maîtriser.

Les enseignements du 2e colloque national de Polepharma

La deuxième édition du colloque Polepharma s'est tenue le 11 juillet au Trianon Palace à Versailles.

© © Polepharma

COÛT, PERFORMANCE ET MAÎTRISE DES RISQUES RESTENT AU COEUR DES PRÉOCCUPATIONS DES ACHETEURS DE LA PHARMACIE. LA NOTION D'ACHAT RESPONSABLE DOIT ENCORE GAGNER DU TERRAIN.

Le 11 juillet dernier, Polepharma a organisé la deuxième édition de son colloque national des acheteurs de l'industrie pharmaceutique, mobilisant une cinquantaine de personnes. Sous l'intitulé « Du cost killer au couteau suisse », le cluster pharmaceutique a voulu mettre en avant la forte évolution de la fonction achats, ces dernières années, et notamment sa complexification. Pour l'occasion, la société L2SA (Groupe CKS), agence spécialisée dans l'externalisation des achats non critiques pour les industriels des sciences de la vie, en collaboration avec Polepharma, a réalisé une enquête nationale sur « les priorités et pratiques des acheteurs de l'industrie pharmaceutique ».

D'un point de vue méthodologique, un questionnaire a été transmis à plus de 350 acheteurs et directeurs achats de l'industrie pharmaceutique. 33 réponses ont été reçues et analysées. 25 répondants appartenaient à des laboratoires pharmaceutique et 8 à des CMO et sous-traitants de l'industrie pharmaceutique. La moyenne d'âge de ces acheteurs se situait autour de 40 ans avec une majorité de profils Bac + 3/4 et une spécialisation Achats. Deux tiers des répondants appartenaient à des entreprises affichant un chiffre d'affaires de moins de 500 M€ et 1/3 à des entreprises affichant un chiffre d'affaires supérieur à 500 M€. Des entretiens complémentaires ont été menés auprès de 18 répondants.

L'une des premières problématiques abordées par cette étude est celle du taux de couverture achat dans l'industrie pharmaceutique, c'est-à-dire la part des dépenses traitées par le service achats. 80 % des répondants estiment que le taux de couverture achat est supérieur à 75 % dans leur société. « C'est un taux optimiste et sans doute un peu idéalisé », a cependant tempéré François Collineau, associé de L2SA (groupe CKS). D'où l'intérêt de zoomer sur le taux de couverture des principales catégories d'achats. La première est celle des matières premières et de l'emballage. Dans ce domaine, le taux de couverture est bon et « le rôle des acheteurs est reconnu et installé de longue date », a estimé François Collineau. La deuxième famille est celle du matériel de laboratoire et de production. Le laboratoire est encore souvent un « bastion » où les chercheurs réalisent les achats par eux-mêmes sans qu'il existe un interlocuteur dédié. Il en résulte une relative dispersion et désorganisation des achats. Sous l'impulsion des acheteurs, on observe une tendance à globaliser les dépenses vers des distributeurs qui assurent en outre une meilleure prestation logistique, selon François Collineau. Pour ce qui est du matériel de production, le rôle de l'acheteur s'intensifie avec une participation de plus en plus active au niveau du cahier des charges. Dans la famille des achats généraux, le taux de couverture redevient plus faible car le spectre de dépenses est très large avec un très grand nombre de fournisseurs. Il est difficile pour les acheteurs de maîtriser cet ensemble de dépenses diffuses et éparpillées sur plusieurs centaines voire milliers de fournisseurs « ponctuels ». D'où la préconisation de François Collineau de penser à externaliser le traitement des commandes de faible montant et non récurrentes, qui peuvent aujourd'hui être gérées par des sociétés spécialisées comme L2SA. Ceci permet aux équipes Achats de se concentrer sur la gestion des fournisseurs stratégiques pour l'entreprise.

Le « marketing et promotion » est reconnu comme la famille la plus difficile à maîtriser d'un point de vue achats. Les évolutions du cadre réglementaire, la relative dispersion des dépenses achats et bien sûr le poids des prescripteurs internes sont autant de difficultés pour les acheteurs. Les directions achats y ont pourtant fait une percée notable, ces dernières années, en poussant notamment des stratégies de « découplage » consistant à dissocier les prestations de création (confiées aux agences de communication) des prestations d'exécution et de réalisation. Ces stratégies permettent des économies significatives et une meilleure visibilité sur les dépenses marketing, estime François Collineau.

La dernière famille répertoriée porte sur les achats d'essais cliniques, où les acheteurs sont plus présents, mais où il reste parfois difficile de faire valoir les arguments portés par la direction achats.

Les priorités pour 2013-2014

De quoi sera fait le futur ? L'enquête a permis de dégager les priorités achats pour la période 2013-2014. La réduction des coûts et l'amélioration de la performance achats ont été placées en tête de liste, avec un niveau de priorité fort ou très fort pour 59 % des personnes interrogées.

De même, la profession souhaite parvenir à une meilleure maîtrise des risques achats (niveau de priorité fort ou très fort pour 59 % des interrogés), notamment par le biais du renforcement des agréments fournisseurs. « Le risque achat a toujours été une priorité, mais avec l'apparition de pénuries sur certaines matières premières et la disparition brutale de capacité fournisseurs, il s'est accru », estime François Collineau. Sur les deux dernières années, François Collineau a ainsi observé une véritable prise de conscience des potentialités de ruptures d'approvisionnement sur les matières premières et un renforcement des stratégies bi-sources.

L'évaluation de la performance fournisseurs a recueilli un niveau de priorité fort ou très fort pour 63% des interrogés, même si la notion de fournisseur stratégique est beaucoup mieux comprise que par le passé. Il est également ressorti de l'étude que la fonction achat est globalement bien comprise, et bénéficie d'un soutien suffisant de la part de la direction générale pour 93 % des répondants.

Les services achats ont aussi exprimé leur volonté de développer de nouveaux modes de collaboration avec leurs fournisseurs stratégiques. Ceci est d'autant plus important que les services achats sont en mesure de capter de l'innovation pour le compte de leur entreprise, en particulier dans des domaines qui touchent à l'emballage ou aux systèmes de délivrance.

Les achats responsables peu plébiscités

En revanche, la thématique des achats responsables n'a pas été mentionnée comme une priorité pour les personnes interrogées. 53 % des entreprises répondantes avaient pourtant déjà pris des initiatives sur certaines familles de produits (réduction des grammages des cartons, changement de matériaux). Certaines entreprises commencent à regarder l'empreinte écologique de leurs flux de transport et favorisent des fournisseurs de proximité. D'autres ont recours à des Esat. Mais de façon générale, il n'y a pas d'initiatives globales de la part des services achats.

De même, la mise en place de systèmes d'informations (SI) n'a pas été considérée comme une priorité. Mais les industriels sont déjà bien équipés. 81 % des répondants avaient déjà mis en place un système d'analyse des dépenses et 69 % des répondants possédaient un outil d'eProcurement.

%%HORSTEXTE:0%%

RISQUE MAXIMUM SUR LA MATIÈRE ACTIVE

Alors que 60 à 80 % des matières actives pharmaceutiques sont produite dans des pays tiers, en particulier en Inde et en Chine, David Simonnet, président d'Axyntis, a attiré l'attention des acheteurs de la pharmacie sur le haut niveau de risque lié à ces produits. Il y a d'abord un risque de disponibilité. Début 2013, près d'une soixantaine de médicaments en rupture de stocks ou en risque de rupture de stocks ont été déclarés sur le site de l'ANSM. D'où l'importance de favoriser une relocalisation de certaines productions en Europe. Au delà, c'est un risque qualité qui pèse sur ces matière actives. D. Simonnet a présenté les obligations apportées par la nouvelle directive FMD (voir p.52) pour les produits importés. C'est une avancée, mais il va continuer à militer auprès des acteurs européens pour un principe d'inspections obligatoires par des autorités réglementaires préalablement à l'importation de matières actives. L'objectif est que producteurs européens et asiatiques soient tous logés à la même enseigne.


Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Christophe Durand

Christophe Durand

Directeur du site d'Évreux Christophe Durand, 46 ans, vient de rejoindre le groupe GlaxoSmithKline (GSK) pour prendre la direction du site de production d'Évreux (Eure), en remplacement de Stéphane Defosse. Depuis 2009, Christophe Durand était[…]

01/10/2013 | NominationsGSK
2e édition du salon international sur le GMP, GCP et le contrôle qualité

2e édition du salon international sur le GMP, GCP et le contrôle qualité

Bio Convention 2013 : Conférence et convention d'affaires du secteur des biotechnologies et de la pharmacie

Bio Convention 2013 : Conférence et convention d'affaires du secteur des biotechnologies et de la pharmacie

Les bonnes pratiques de fabrication

Les bonnes pratiques de fabrication

Plus d'articles