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Les émergents bondissent à l'Ouest

Julien Cottineau

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Après le tigre, le lapin. La Chine s'est placée la semaine dernière sous le signe du sympathique rongeur, considéré comme réservé, pensif et chanceux dans l'astrologie chinoise. On ne saurait prédire si cela incitera les chimistes de l'Empire du milieu à se montrer plus ambitieux que l'an dernier en termes d'expansion internationale. Mais force est de constater que deux groupes locaux, en l'occurrence PetroChina et Wanhua Industrial Corp. ont lancé deux opérations d'envergure qui rebattent quelques cartes dans l'industrie chimique et pétrochimique européenne. Suite à l'accord signé en début d'année (CPH n°535), PetroChina a proposé une « offre irrévocable » de 1 milliard de dollars (745 M€) à Ineos pour le rachat de 50 % des parts de son activité raffinage en Europe. Ce qui comprend les deux raffineries de 210 000 barils/jour à Grangemouth (Écosse) et Lavera (Bouches-du-Rhône), piliers des actifs pétrochimiques européens d'Ineos. La future coentreprise sera basée en Suisse. Certes ce projet ne concerne pas directement la chimie mais son amont direct. Pour autant, le pétrolier chinois est également un des géants mondiaux de la chimie. Et si seules les raffineries d'Ineos sont pour l'heure concernées, les deux groupes négocient des transferts de technologies liées au raffinage mais aussi à la pétrochimie.

Autre décor, autre positionnement. Après avoir repris 38 % du capital de Borsodchem en juin 2010 auprès des fonds d'investissements Permira et Vienna Capital Partners, le groupe Wanhua, spécialiste chinois des polyuréthanes, vient d'exercer son option pour grimper à 96 % du capital du groupe chimique hongrois. Soit un investissement total de 1,23 Mrd €. Les 4 % restants du capital ont été laissés aux mains des créanciers de Borsodchem qui étouffait ces dernières années sous le poids d'une dette de 1 Mrd €. Après un peu plus de six mois d'une restructuration qu'il a en partie financée, Wanhua dispose désormais de toute latitude. Cette opération lui permet d'abord de s'implanter industriellement hors de Chine, et d'avoir un accès direct au marché européen. Ensuite, il met la main sur un spécialiste européen des isocyanates qui lui permettra de se positionner sur le segment du toluène diisocyanate (TDI) et de se renforcer dans le diphénylméthane diisocyanate (MDI). Or Wanhua se revendique n°4 mondial et leader asiatique du MDI, avec des capacités installées de 800 000 tonnes par an.

Mais il n'y a pas que des chimistes chinois qui s'activent vers l'ouest actuellement. Comme pressenti ces dernières semaines (CPH n°537), l'Indien Birla Carbon, n°4 mondial du noir de carbone, a repris auprès de One Equity Partners le n°3, Columbian Chemicals. Cette opération de 875 M$ propulse de fait la filiale du conglomérat indien Aditya Birla n°1 du marché, devant l'Américain Cabot, avec des capacités installées de production d'un peu moins de 2 Mt/an. Détenteur de six sites industriels en Inde, Chine, Thaïlande et Egypte, Birla se positionne surtout sur des marchés auxquels il n'avait pas encore accès. Columbian Chemicals va lui apporter 11 sites industriels dans 9 pays différents : aux Amériques (États-Unis, Canada et Brésil), en Europe (Allemagne, Hongrie, Espagne, Italie) et en Asie (Corée du Sud et Chine). En combinant les deux groupes, Birla estime qu'il dispose ainsi d'une activité de haute technologie bénéficiant de faibles coûts de production et étendue sur l'ensemble du globe. Probablement moins influencé par l'année du lapin, l'Indien Aditya Birla a néanmoins effectué un très joli bond.


 

 

« Birla Carbon propulsé n°1 du noir de carbone »

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