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Les biotechs françaises sont en bonne santé

NICOLAS VIUDEZ

France Biotech, qui fêtait ses 20 ans cette année, a remis ses trophées de l'entrepreneur en santé. L'association a par ailleurs établi son Panorama France Health Tech 2017. Un bilan globalement positif pour les biotechs françaises.

L'innovation en santé se porte bien en France. C'est un des constats tirés du panorama France Health Tech 2017, présenté à Paris, le 12 décembre 2017. Une occasion de prendre le pouls des entreprises innovantes du secteur santé. « La France possède des expertises dans de multiples champs scientifiques, ce qui lui donne le potentiel de s'imposer comme un leader mondial de la Health Tech », s'enthousiasme Maryvonne Hyance, présidente de France Biotech. L'association a mené cette étude à grande échelle, qui a porté en 2017 sur 9 029 employés en France, pour une moyenne de 30 personnes par entreprise. Comme un symbole de cette bonne forme, France Biotech met en avant le pipeline XXL des start-up françaises avec 368 produits biotech en développement. Des programmes pour l'avenir, puisque les 2/3 sont en phase précoce contre seulement 16 produits en cours d'enregistrement ou commercialisés. Autre évolution significative : l'émergence de la big data dans la e-santé, dont l'importance a doublé, passant de 4 à 8 % entre 2016 et 2017. « Les projets sur lesquels travaillent nos entreprises innovantes combinent de plus en plus souvent biologie, objets connectés, big data, 3D », constate ainsi Maryvonne Hyance. Parmi les déceptions, le panorama souligne la faible compétitivité des essais cliniques en France avec 3 312 essais comptabilisés contre 8 739 en Allemagne. La question de l'accès au financement est la principale difficulté énoncée par près de la moitié des entreprises du secteur (47 %). Avec 616 millions d'euros levés sur les 9 premiers mois de l'année 2017, le financement des biotechs progresse, mais insuffisamment, si l'on en croit la fréquence à laquelle ce manque a été pointé du doigt par les lauréats des trophées de l'entrepreneur santé. « Il y a un manque d'investissement dans les start-up en France, 90 % de nos fonds proviennent de l'étranger », souligne ainsi Stéphane Piat, directeur général de Carmat, récompensé par le trophée de l'entrepreneur medtech. Le spécialiste du coeur artificiel rappelle que Carmat « a au moins 10 ans d'avance dans sa technologie » et a appelé à l'émergence d'« un champion français dans la biotech », susceptible de tirer vers le haut l'ensemble du secteur. Stéphane Piat remarque également : « Je reviens des États-Unis et là-bas, les CEO séniors de la pharma s'investissent dans les start-up, ce qui aide à lever des fonds ».

 

Le financement, nerf de la guerre

Une transmission entre les générations au coeur du discours de Xavier Duportet, également récompensé. « Il faut créer des ponts entre les générations, il faut davantage connecter les CEO de différentes générations avec nos jeunes entreprises », souligne le lauréat du trophée « pépite » de l'entrepreneur en santé. Xavier Duportet est le co-fondateur et p-dg d'Eligo Biosciences, société développant la première plateforme de biothérapies programmables au monde. La start-up a récemment fait parler d'elle avec cette solution basée sur les ciseaux moléculaires CRISP-R, qui ciblent le microbiote, impliqué dans de nombreuses maladies inflammatoires de l'intestin. La question du financement était également à l'ordre du jour avec Pierre Dessein, récompensé par le trophée de l'entrepreneur en e-santé. La société, qu'il dirige et qu'il a cofondée, Genepred, développe une solution de prédiction de la fibrose hépatique, à partir de l'analyse génétique. Un projet ambitieux qui pourrait, à terme, aider à lutter contre cette maladie chronique du foie qui peut conduire à la cirrhose. Mais c'est un projet sur le long terme, et pour l'heure, l'entreprise a besoin de dégager des liquidités. Pierre Dessein, son dirigeant et co-fondateur, est venu expliquer la stratégie de Genepred, qui est ainsi en train de déployer sa solution prédictive dans le domaine de la chirurgie esthétique, pour anticiper l'importance de futures cicatrices cutanées. Un exemple type de jeune entreprise qui adapte son produit pour se lancer rapidement sur un marché et générer du chiffre d'affaires. Enfin, le trophée de l'entrepreneur en biotech a été remis à Gil Beyen, p-dg d'Erytech Pharma. L'entreprise développe des thérapies innovantes pour lutter contre les formes rares de cancers et des maladies orphelines. Une récompense qui apparaît comme une marque de soutien et de confiance pour une biotech qui connaît une fin d'année compliquée avec l'annonce, début décembre, de résultats décevants sur son essai de phase IIb concernant l'eryaspase, son candidat médicament dans le traitement de la leucémie aigüe myéloïde. L'entreprise, cotée sur Euronext Paris et sur le Nasdaq NY, a connu une plongée de son cours, suite à son annonce, effaçant près de 30 % de sa cotation en une journée. Une fin d'année symbolisant la fragilité des jeunes entreprises du secteur, qui, malgré un horizon dégagé, demandent des financements solides pour surmonter les mauvaises passes.

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