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Sylvie Latieule Rédactrice en chef

On ne cesse d'entendre que le business model de la pharmacie change. Pour rester dans la course, les big pharma se doivent d'explorer de nouvelles pistes. Certains ont ainsi entrepris d'entrer dans la guerre des prix en investissant sur des marchés tels que ceux du générique ou de l'automédication. D'autres continuent leur quête de blockbusters en ciblant des marchés de masse comme l'asthme, l'obésité, le sevrage tabagique, le diabète, le cholestérol ou encore la schizophrénie. D'autres encore misent sur l'enrichissement de leurs gammes à travers l'allongement de la durée de vie de médicaments par des extensions brevetaires. Les Anglo-saxons appellent cela le life cycle management. Chez les big pharma, c'est un peu la valse-hésitation pour choisir la ou les voies qu'il convient d'emprunter. Il est en revanche une voie qui met tout le monde d'accord, c'est celle des biotech. Quasiment tous les big pharma y investissent massivement. Car les biotech sont synonymes d'innovation en rupture dans la mesure où elles promettent de guérir toutes sortes de maladies jusqu'ici incurables ou orphelines, en particulier des cancers, des maladies neurodégénératives, le sida... Vu le nombre de pathologies à soigner, il y a du travail pour tout le monde. Et cela permet de sortir du jeu de la concurrence et de l'érosion des prix et de proposer des traitements incomparablement plus rémunérateurs.

En France, tout le G5* de la pharmacie a enfin pris ce « virage biotech ». Avec l'avènement de son nouveau patron, Chris Viehbacher, Sanofi-Aventis a définitivement fait sa mue, courant 2008, avec le projet Biolaunch qui vise à faire plonger le site de Vitry-sur-Seine dans l'ère de la production d'anticorps monoclonaux (200 millions d'euros d'investissement). Pierre Fabre a confirmé son engagement à la mi-année avec la pose de la première pierre d'une nouvelle unité de développement et de production d'anticorps monoclonaux sur son site de Saint-Julien-en-Genevois en Haute-Savoie (15,5 M€). Fin juin, ce fut le tour des Laboratoires Servier d'annoncer le développement d'un Institut d'innovation biotechnologique au sein même du pôle de recherche Servier à Croissy-sur-Seine (Yvelines). Sur les cinq prochaines années, 50 millions d'euros vont être investis. Ipsen n'a pas fait d'annonce récente aussi fracassante, mais il reste un grand spécialiste de l'ingénierie des peptides et des protéines, avec de nombreux partenariats à son actif. Quant au LFB, spécialisé au départ dans le fractionnement sanguin, il a déjà rajouté des cordes à son arc, comme le développement de produits innovants par transgénèse.

Il est heureux que ce virage biotech soit pris en France - même s'il paraît un peu tardif - car tous les grands observateurs du secteur pharmaceutique annoncent que, dans le futur, il n'y aura plus que deux grandes catégories de médicaments. La médecine de spécialité se nourrira de produits high-tech issus de la biotech, tandis que la médecine générale devra se contenter de produits low cost. Entre les deux, les produits de milieu de gamme devraient quasiment disparaître. Mais déjà des questions se posent : bénéficierons-nous tous de ces traitements hyper innovants ? Sera-t-on mieux soigné ? C'est tout un débat. Laissons le temps à ces nouvelles molécules inspirées du vivant d'entrer sur le marché pour en rediscuter.

 

* Le G5 de la pharmacie réunit Sanofi-Aventis, Pierre Fabre, Servier, Ipsen et le LFB

 

Quasiment tous les big pharma investissent massivement dans les biotech.

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