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Le site de Toulouse de Sanofi pourrait passer aux mains d'Evotec

Audrey Fréel

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Le groupe français a engagé des négociations avec l'Allemand Evotec pour la reprise de son site de R&D de Toulouse, dont le futur est incertain depuis deux ans. Sanofi a aussi évoqué un possible investissement de 250 M€ sur le site.

L'avenir du site de R&D de Sanofi pourrait être prochainement fixé. Alors que le groupe est toujours à la recherche d'un DG suite à l'éviction surprise de Chris Viehbacher fin octobre, il a récemment dévoilé un projet stratégique pour sa recherche. Le géant français de la pharmacie a indiqué le 2 décembre, lors d'un comité central d'entreprise, être en discussions exclusives avec le laboratoire allemand Evotec, concernant son site de Toulouse (Haute-Garonne). Les négociations pourraient aboutir à la conclusion d'un accord au premier semestre 2015. Le plan impliquerait un investissement de 250 millions d'euros pour Sanofi, sur une période de cinq ans.

Ce dernier prévoirait d'abord la cession à Evotec des plateformes de recherche et technologiques du site toulousain et le transfert des salariés. D'après la CFDT de Sanofi, 212 salariés seraient concernés par ce projet. Evotec devrait s'engager à maintenir l'emploi sur le site jusqu'en 2019. Les équipes dédiées aux activités de recherche, qui travaillent notamment sur des projets sur le micro-environnement tumoral, rejoindraient les équipes de recherche d'Evotec de la branche EVT Innovate. De leur côté, les salariés de Sanofi se concentrant sur les services technologiques (de l'identification et la validation de nouvelles cibles thérapeutiques à la découverte et la validation de nouveaux candidats médicaments) intégreraient la branche EVT Execute d'Evotec.

L'accord fixerait aussi les bases d'un programme pluriannuel de recherche entre Sanofi et le groupe allemand. Un accord de R&D avec des projets en co-développement (notamment dans le domaine de l'oncologie), la création d'un fonds de soutien dédié au développement de collaborations scientifiques avec les acteurs académiques en France ou encore une mise à disposition par Sanofi de la « chimiothèque » établie sur son site de Toulouse (qui hébergerait une mise en commun de plus d'1,7 million de composés) seraient notamment au programme. Toujours dans le cadre du programme pluriannuel, Sanofi s'engagerait à confier à Evotec des missions de recherche au cours des cinq prochaines années.

Dans la ville rose, seule la plateforme support, qui recense 42 salariés, resterait dans le giron de Sanofi et serait dédiée à transformer le site en un bioparc destiné à accueillir des start-up. « Il représentera une capacité d'accueil de 54 000 m2 de bureaux, laboratoires, centre de conférence et surfaces techniques et offrira une palette complète de services et d'infrastructures scientifiques propices à l'innovation », a précisé Sanofi. Le site de Toulouse héberge d'ailleurs déjà cinq entreprises résidentes, dont une biotech, des sociétés de conseil et un éditeur de logiciels scientifiques.

« Ce projet, rendu possible par le travail engagé sur place au cours de ces derniers mois, est une formidable opportunité pour le site, pour les collaborateurs et plus largement pour le rayonnement de la recherche biomédicale à Toulouse, garantissant ainsi le succès et la pérennité de l'activité », s'est réjoui Elias Zerhouni, président de la R&D au niveau mondial de Sanofi. Mais du côté des syndicats, le ton est plus mesuré. « La CFDT ne peut que déplorer ces changements de cap incessants de la direction. Pour les salariés de Toulouse, se projeter dans un avenir sans cesse remis en cause est difficile », a déclaré l'organisation syndicale. Elle a souligné qu'il s'agissait du 3e projet en 28 mois pour le site. La direction avait d'abord annoncé une cession en septembre 2012, dans le cadre de son plan social majeur qui prévoyait la suppression de 900 postes dans l'Hexagone. Elle avait ensuite revu sa copie en juillet 2013. Le groupe s'était alors engagé à conserver 364 postes sur les 617 que comptait le site toulousain. Il avait aussi indiqué son intention de créer trois entités issues des activités scientifiques et fonctions supports qui auraient pour but de devenir autonomes au cours des cinq prochaines années. Dans le cadre du plan social en cours, 300 salariés ont quitté le site de Toulouse.

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