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« Le numérique va transformer nos organisations et nos métiers »

Propos recueillis par Sylvie Latieule

Servier soutient le cluster Polepharma dans ses actions de valorisation de la filière pharmaceutique. Laurent Dray, directeur Performance Industrielle et ambassadeur de la transformation digitale, revient sur les premiers programmes.

Industrie Pharma : Pourquoi vous intéressez-vous à ce sujet de la transformation digitale ?

Laurent Dray : La révolution numérique représente la 3e grande révolution anthropologique de l'humanité après l'écriture et l'imprimerie, dixit Michel Serres. Au coeur de l'industrie du futur se trouve la mise en réseau intelligente horizontale et verticale des hommes, des machines, des objets et des systèmes de communication pour un management efficace et dynamique, à tous les niveaux. La transformation numérique va ainsi impacter nos modes d'organisation et de management, nos métiers, nos compétences, nos modes de partage des informations ; elle va donc permettre aussi une plus grande mise en réseau des hommes, des prises de décision beaucoup plus rapides pour des actions plus efficaces. Dans ce contexte global, nous avons lancé la transformation digitale de notre industrie, levier clé du renforcement de l'excellence opérationnelle et du développement de l'innovation. Nous sommes partis du postulat que la transformation digitale devrait être un moyen pour aider les équipes à améliorer la productivité, la qualité et la sécurité en l'occurrence à créer de la valeur.

 

Comment se sont traduites ces réflexions ?

L.D. : Pour commencer, nous avons interrogé nos collaborateurs et recueilli les propositions des équipes de nos 3 grands sites pharmaceutiques en France, en Irlande et en Pologne et celles de notre site de chimie fine français. Au total, nous avons pu identifier plus de 150 propositions. Ensuite, nous avons sélectionné suivant des critères définis une proposition par périmètre, puis démarré chacune d'entre elles sous forme « d'initiative » dans une logique pilote de « preuve de concept ». Et si ces pilotes fonctionnent, notre objectif est de les industrialiser et de les déployer sur l'ensemble de notre réseau. C'est une démarche très pragmatique, « think big, start small but start ! ».

 

Par exemple, qu'avez-vous mis en place en France ?

L.D. : Sur notre site de production pharmaceutique, nous avons choisi le thème du « mobile device » pour apporter une aide aux techniciens de maintenance et aux techniciens de laboratoire à leurs postes de travail. Nous voulons ainsi amener les informations utiles à leurs postes aux techniciens tout en leur permettant de saisir également plus facilement leurs actions et leurs résultats. Pour cela nous allons les équiper de tablettes dotées d'applications spécifiques développées par une start-up. Ce programme est en cours de mise en oeuvre. Nous sommes en phase de sélection de la start-up, puis nous démarrerons ce pilote sur une durée de 4 mois. En fonction des résultats, nous déploierons cette solution en 2018 sur nos autres sites. Sur notre site de production chimique, nous avons choisi de déployer le « big data analysis ». L'objectif est de mettre en place des capteurs sur les équipements de production pour recueillir et exploiter les data afin d'optimiser nos procédés pour améliorer nos rendements. Nous avons déjà démarré les essais sur un de nos produits.

 

Qu'en est-il de l'Irlande ?

L.D. : Dans ce pays, nous travaillons sur la digitalisation des instructions de travail au niveau des lignes de conditionnement. Là encore, des opérateurs seront équipés de tablettes qui vont leur permettre de scanner les QR codes des équipements pour une mise à disposition des instructions directement au poste de travail. Par exemple, s'il faut réaliser un vide de ligne, les instructions intégreront des photos ou des vidéos pour les aider à mener chaque étape des opérations de façon reproductible et efficace.

 

Quelle solution testez-vous en Pologne ?

L.D. : En Pologne, nous mettons en place des tableaux de bord de pilotage des ateliers à destination des managers ainsi qu'un suivi d'activité pour les opérateurs sur les lignes de conditionnement. L'objectif est de permettre à chacun un suivi de production en temps réel. Encore une fois, nous travaillons avec des start-up qui nous accompagnent pour le développement des solutions.

Nous avons également entrepris de réaliser des visites virtuelles de l'ensemble des sites de notre réseau industriel pour nos clients dans le cadre de nos activités de développement et production chimique et pharmaceutique pour des tiers (Servier CDMO). Nous souhaitons grâce à cet outil mieux faire connaître nos sites et valoriser nos savoir-faire.

 

Quel est le coût de

ce programme ?

L.D. : Nous sommes pour le moment dans la phase I de notre transformation digitale correspondant à un premier investissement de 6 ME. Dès 2018, nous entrerons dans la phase II du projet à travers le déploiement inter-sites des premières initiatives et le démarrage de nouvelles. Pour en tirer les premiers bénéfices, il faudra attendre quelques mois. Nos principaux critères d'évaluation du succès sont la création de valeur et l'aide opérationnelle apportée à nos équipes sur un plan productivité, qualité et sécurité. Ce sont donc des critères à la fois quantitatifs et qualitatifs.

DATE À RETENIR : LE 18 JANVIER 2018, À ÉVREUX

Polepharma organise le premier colloque « Industrie du futur » dans le cadre d'un nouveau cycle de « Transformation Digitale » animé par des experts des entreprises adhérentes en partenariat avec le cabinet Altran. Pour plus d'information : https://usinedufutur-by-polepharma.com, charlie.picard@polepharma.com

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