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Le marché du « selfcare » se porte bien

Sylvie Latieule

Ce segment de marché, qui englobe l'automédication, a connu une croissance de 4,8 % en 2016. Preuve que les Français plébiscitent cette solution de premier recours pour se soigner plus rapidement.

L'Afipa (Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable) a récemment présenté les résultats de son 15e baromètre des produits du « selfcare ». Un vocable qui désigne les médicaments d'automédication, les dispositifs médicaux et les compléments alimentaires. Selon cette étude, réalisée en collaboration avec OpenHealth Company, le marché français du « selfcare » a progressé en 2016 de +4,8 % en valeur par rapport à 2015, pour atteindre 3 883 millions d'euros. Il a ainsi représenté 10,7 % du chiffre d'affaires des officines et contribué pour 25 % à leur croissance. « Cette année encore, le selfcare reste un pilier de la croissance de l'officine. Il témoigne aussi de la préférence pour cette solution de santé en premier recours pour de nombreux Français », a estimé Dominique Giulini, président de l'Afipa, à la tête de GlaxoSmithkline Santé Grand Public pour la France.

Pour autant, dans cet ensemble de produits que constitue le selfcare, l'automédication est un peu en retrait. L'Afipa évoque une croissance de +3,3 % en 2016, pour un chiffre d'affaires de 2 331 M€. Et ce, malgré un niveau de prix bas : 4,74 euros en moyenne pour un médicament d'automédication. Du coup, l'Afipa estime que le réflexe de l'automédication est bien là. Pour preuve, en décembre 2016, l'épidémie de gastro-entérite a entraîné une hausse de +21 % de la fréquentation dans les officines françaises pour ce seul mois au regard de la moyenne de l'année. L'Afipa a même sondé les Français sur les 3 principales raisons du recours à l'automédication : 72 % des patients connaissent le traitement adapté, 66 % souhaitent se soigner rapidement et 30 % veulent éviter des dépenses inutiles à l'Assurance maladie.

Mais la France pourrait mieux faire. L'association pointe notamment du doigt des traitements qui restent inaccessibles aux patients français en automédication alors qu'ils sont disponibles dans d'autres pays européens. Ce retard « prive les Français d'opportunités de se soigner plus simplement et dans de parfaites conditions de sécurité », a estimé le président. « Le système de santé est aujourd'hui confronté à des défis structurels (déficit de l'Assurance maladie, saturation des cabinets médicaux et des services d'urgence, développement des maladies chroniques et de longue durée) et se trouve en inadéquation avec les exigences des Français en matière de santé (facilité d'accès, gestion autonome de sa santé et économies). Le défi de l'industrie pharmaceutique aujourd'hui est donc de démontrer que le « selfcare » constitue une réponse adaptée aux nouvelles aspirations des Français et une solution durable pour maintenir le financement solidaire des affections lourdes et/ou de longue durée œN.D.L.R. en allégeant les dépenses de la Sécurité sociale sur les maladies bénignesæ », a-t-il ajouté, annonçant un potentiel de 1,5 milliard d'euros d'économies en un an à travers un développement de l'automédication.

 

Élection présidentielle, une opportunité de lobbying

 

Cette année d'élection présidentielle représente donc « une opportunité majeure pour valoriser le « selfcare » comme un atout de santé publique », a poursuivi Dominique Giulini. « Ce temps fort de la vie politique française doit aboutir à un changement d'orientation et une prise en compte du « selfcare » - au travers du développement de l'automédication - dans la stratégie de santé du gouvernement. Nous comptons, dès aujourd'hui, interpeller les candidats à la présidence sur cette question et allons, à l'image de ces derniers, entrer en campagne ! », a-t-il ajouté.

Pour mémoire, en mars 2016, l'Afipa avait émis plusieurs propositions dans son manifeste visant à développer l'automédication. Les mesures s'articulaient autour de trois piliers :

- développer l'offre disponible en automédication en définissant une liste de pathologies bénignes et en délistant plus de molécules ;

- informer et former les patients via des campagnes d'information publiques et associer les professionnels de santé à cette réforme ;

- assurer à tous l'accessibilité financière en intégrant les dépenses d'automédication à la CMU/C et en appliquant un taux de TVA adapté à 2,1 %.

LA DÉFINITION DU « SELFCARE »

Le « selfcare » est un terme anglais qui correspond à la prise en charge et la gestion de sa santé et de son bien-être par l'individu lui-même. De manière générale, le « selfcare » désigne un comportement et un mode de vie incluant différentes composantes comme la prévention, l'hygiène alimentaire ou encore l'éducation physique. L'automédication responsable est également un des aspects du « selfcare ». Au-delà de ce comportement, l'Afipa associe le « selfcare » à trois statuts de produits vendus en officine et disponibles sans prescription (donc non remboursés) : - les médicaments d'automédication - les dispositifs médicaux (DM) / les dispositifs médicaux de diagnostic « in vitro » (DMDIV) ; - les compléments alimentaires.

8 FRANÇAIS SUR 10 ADEPTES DE L'AUTOMÉDICATION

Les laboratoires Pierre Fabre ont réalisé un sondage avec l'Ipsos sur plus de 3 000 Français interrogés par Internet du 3 au 5 mai 2016. Il en ressort que 72 % des Français estiment qu'il est urgent de réformer notre système de santé, et que 8 Français sur 10 ont pratiqué l'automédication dans l'année pour un problème de santé bénin (maux de tête, de gorge, rhumes, rhinites, toux...). Les sondés ont, en moyenne, 11 médicaments différents dans leur pharmacie, et 97 % se sentent à l'aise avec l'automédication.

H.B.

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