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Le « made in France » en débats

ANNE-GAËLLE MOULUN

Lors des dixièmes Printemps de la production pharmaceutique (PPP), les industriels du médicament se sont penchés sur l'excellence française et le « made in France ». L'occasion de partager leurs expériences respectives et d'en tirer des clés pour valoriser le savoir-faire de la production industrielle hexagonale.

114 participants dans les locaux flambant neufs de l'Institut des ressources industrielles à Lyon. La journée était organisée par l'IMT et le Groupement régional des établissements pharmaceutiques industriels du Centre (Grepic) sur le thème des atouts français des sites de production. « Maintenir la compétitivité de nos sites est un enjeu majeur, estime Xavier Monjanel, président du Grepic. L'objectif de cette journée est d'obtenir un arrêt sur image des meilleures pratiques de management sur les sites industriels. » Un défi majeur, dans un contexte où le médicament reste perçu comme un coût par les pouvoirs publics. Sébastien Aguettant, président de la commission des affaires industrielles du Leem (Les entreprises du médicament), souligne que « les politiques reconnaissent que la santé et la pharmacie sont des secteurs d'activité d'avenir, mais il reste néanmoins difficile de leur faire prendre des mesures en faveur de la filière ». Et de rappeler que « même si tout semble aller bien pour l'instant, avec une balance commerciale en excès de 6 milliards d'euros, l'effet d'optique est trompeur ». En effet, la France reste spécialisée dans des produits matures, mais moins dans les biotechnologies, les biosimilaires ou les génériques, qui vont pourtant se développer dans les années à venir. De plus « sur 130 molécules autorisées par l'EMA entre 2012 et 2014, seulement 8 ont fait l'objet d'un enregistrement d'un site français », pointe Sébastien Aguettant.

 

Maintenir l'existant et attirer de nouvelles productions

 

L'enjeu pour la production industrielle française est donc double : « maintenir l'existant et attirer de nouvelles productions », analyse-t-il. Pour lui, la France doit pour cela valoriser les normes sociales et environnementales en les répercutant dans le prix du médicament.

Guillaume Clément, président de Polepharma, juge pour sa part que l'industrie pharmaceutique française est déjà en difficulté. « Les investissement productifs ont baissé de 13 % depuis 2010 et deux tiers des références actuelles ont plus de 18 ans », relève-t-il. De plus, « la France a l'une des fiscalités les plus lourdes d'Europe et un accès au marché parmi les plus longs ». Polepharma et le Leem réclament donc des mesures pour favoriser la production en France, via un crédit d'impôt production ou un allègement des taxes spécifiques à l'industrie pharmaceutique. La mise en place d'un label « Europe » pour valoriser la production française ou européenne a également été évoquée.

Et pour développer l'excellence française, les industriels se sont réunis pour échanger leurs idées dans le cadre de trois ateliers. Le premier, suivi par une vingtaine de personnes, portait sur le lean management au service de l'excellence opérationnelle. Les participants en ont tiré une liste de 55 bonnes pratiques en production, de la fabrication au conditionnement, en passant par la logistique et la qualité. Le second abordait la formation continue, via les exemples des laboratoires Servier et BioMérieux. L'occasion de rappeler que l'évolution des compétences des collaborateurs est un levier de compétitivité important. Enfin, le troisième atelier, qui a rassemblé près de 30 participants, se concentrait sur les atouts français pour allier compétitivité et qualité. Hugues Lery, directeur qualité chez Mylan, en résume les conclusions en quelques phrases : « Les trois clés du succès qui font la différence entre un site français et un site hors d'Europe sont les suivantes : investir dans le management et les hommes pour être à la hauteur de l'attente de nos clients et patients ; avoir une culture commune, une identité et vouloir réussir ensemble ; et savoir simplifier afin de garantir une maîtrise de nos process ». Pour y parvenir, il souligne la nécessité de « travailler sur les coûts et la gouvernance des projets, sur l'identité des sites et sur l'optimisation des process, notamment via le lean management ».

Patrick Hibon de Frohen, vice-président exécutif du groupe IMT, a conclu la journée en appelant les participants à « être les ambassadeurs de l'excellence de nos sites français ».

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