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Le LFB inaugure une nouvelle unité à Lille

A Lille, Nadia Timizar

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CHRISTIAN BÉCHON, p-dg du LFB

Quel est votre bilan financier ?

Nous sommes une société profitable. Et nous affichons l'ambition de poursuivre notre développement à l'international. En 2009, le chiffre d'affaires du groupe LFB s'est élevé à 376 millions d'euros. Il est en croissance de 7 % par rapport à 2008. Il est à noter que l'activité internationale est en croissance de 40 % et représente désormais 10 % de notre chiffre d'affaires. Le résultat net est de 6,7 M en 2009, soit 1,8 % du chiffre d'affaires. Hors impact de GTC Biotherapeutics, le résultat net du groupe aurait été de 22,1 M (5,9 % du CA), en progression de 1,9 M par rapport à l'exercice 2008.

La possibilité d'une ouverture du capital de LFB Biotechnologies a été annoncée fin 2009, qu'en est-il ?

Avec le mauvais climat financier actuel, cela ne s'est pas réalisé. Mais nous réfléchissons à toutes les options. Néanmoins je serai surpris que cela survienne cette année.

Pensez-vous vous renforcer dans les biotechnologies ?

Nous poursuivrons notre stratégie de partenariats. Nous avons déjà renforcé notre portefeuille d'anticorps monoclonaux en nous accordant avec Thallion Pharmaceuticals, avec lequel nous allons développer et commercialiser des shigamabs, anticorps monoclonaux efficaces dans le traitement des infections par E. coli productrices de shigatoxines. Dans le domaine industriel, nous avons conclu un accord avec le Canadien Therapure pour la production en zone nord-américaine de deux médicaments dérivés du plasma en hémostase. Du côté de la bioproduction, nous négocions un accord de collaboration avec SanofiChimie pour construire une offre commune et complémentaire en France. Nous regardons ce qui se passe dans nos domaines thérapeutiques et ce qui concerne les technologies de production et les innovations galéniques, par exemple les formulations à effet retard et les formules concentrées pour réduire les volumes d'injections.

Le LFB inaugure une nouvelle unité à Lille

La nouvelle unité de Lille produira une immonoglobuline avec une capacité maximale de 8 t/an.

© LFB

En trois ans, le laboratoire français a investi 60 millions d'euros pour doubler ses capacités de production de médicaments dérivés du plasma. En mai, il produira le premier lot d'une nouvelle immunoglobuline.

Pour le Laboratoire du Fractionnement et des Biotechnologies (LFB), 2009 aura été une « année de fondation de notre croissance future », a indiqué Christian Béchon, son p-dg. Un effectif croissant, un portefeuille de produits qui s'étoffe, plus de 20 % du chiffre d'affaires investi dans la R&D, de multiples partenariats... Les outils industriels ont dû s'adapter à cette nouvelle dynamique. Depuis 2006, le LFB a déboursé plus de 60 millions d'euros en investissements industriels. A Lille (Nord), l'usine "aval" du LFB, où se déroulent principalement la purification des protéines et la mise en forme pharmaceutique, les installations ont été optimisées pour produire deux fois plus de protéines thérapeutiques à horizon 2011. La toute nouvelle unité devrait produire en mai prochain le premier lot de Clairyg (immonoglobulines polyvalentes) dont le lancement commercial est prévu pour septembre 2010. Elle offre une capacité de 5,6 tonnes par an, avec une capacité maximale de 8 t/an, si les besoins médicaux l'exigent. Sa construction et sa mise en service auront coûté 20 M€. L'unité s'étale sur 1 000 m2 avec le double consacré aux utilités (eau, chaleur, froid vapeur, etc.). Les capacités de répartition aseptique ont également doublé. Aux Ulis (Essonne), l'usine "amont" du LFB reçoit et enregistre le plasma de l'Établissement Français du Sang, et entame le fractionnement des médicaments dérivés du sang, avec notamment pour le process des immunoglobulines, la genèse de produits intermédiaires expédiés ensuite à Lille. Avec les récents investissements, la capacité de production des Ulis est passée de 500 t/an à 1,2 Mt/an pour un montant de 20 M€. L'usine a également accueilli un nouvel atelier pour le fractionnement de produits de coagulation. Sa construction aura coûté 5 M€. Enfin, la filière de réception du plasma a également vu doubler ses capacités d'enregistrement et de stockage. En outre, la filière est désormais équipée de la technologie RFID, comme outil de traçabilité. Coût de cet investissement : 5 M€.

Un budget de R&D en croissance de 7 %

Avec la nouvelle unité lilloise, le LFB a l'ambition de répondre dès 2011 à toutes les demandes du marché français. Mais plus globalement, il s'est fixé deux objectifs pour ces prochaines années. Le groupe souhaite développer son activité médicaments dérivés du plasma, en France et à l'international. Le marché français est passé de 2 600 t à 5 000 t/an en 2009. Le LFB détient 64 % des parts de ce marché. Au niveau international, les médicaments dérivés du plasma pèsent 9,4 milliards de dollars. Ces produits affichent une forte croissance dans les pays en développement. La production mondiale s'élève à 82 t/an, dont 38 t/an aux USA, 20 t/an en Europe, 17 t/an en Asie Pacifique. La croissance est attendue autour de 8 et 10 %. Par ailleurs, le groupe espère commercialiser des produits « à fort potentiel thérapeutique à partir de technologies innovantes ». Ces produits biotechnologiques, anticorps monoclonaux et protéines recombinantes, complètent l'offre thérapeutique du groupe. Pour appuyer ses ambitions, en 2009, il a injecté quelque 76 M€ dans la R&D. Un budget en croissance de 7 %. Les ventes 2009 de 376 M€ sont quasi intégralement le fruit des médicaments dérivés du plasma, la contribution des produits biotechnologique demeure encore « modeste », d'après Christian Béchon.

 

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