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Le Leem identifie « quatre défis à relever »

Aurélie Dureuil

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L'organisation patronale se mobilise autour de la question des vaccins afin de redonner confiance aux patients mais aussi pour mieux anticiper la demande mondiale au niveau industriel.

« Une question devenue un débat de société », c'est ainsi que Serge Montero, président du comité Vaccins du Leem, introduit la matinée consacrée aux défis à relever dans le domaine des vaccins, le 10 décembre 2015. L'organisation patronale rappelle qu'aujourd'hui « 50 vaccins ou conjugaisons de vaccins sont à la disposition des Français » et que « la vaccination est capable de prévenir 28 maladies infectieuses ». Pourtant, « la France ne parvient pas à une couverture vaccinale suffisante pour sa population. Les couvertures vaccinales sont, pour certaines d'entre elles, bien en dessous des objectifs fixés par la loi de santé publique de 2004, à savoir au moins 95 % pour toutes les vaccinations recommandées et 75 % pour la grippe », déplore le Leem. Serge Montero poursuit : « Avec trois millions de vies sauvées chaque année, le vaccin est reconnu comme une intervention de santé publique. Il est pourtant aujourd'hui chahuté ». Le Leem a identifié quatre défis à relever. Ils concernent « l'opinion publique, la santé publique, la partie industrielle et économique », précise Serge Montero.

Le Leem émet une dizaine de propositions dans ce cadre, suivant ces quatre axes. L'organisation entend « restaurer la confiance des Français dans la vaccination ». Gérard Bronner, professeur de sociologie à l'université Paris-Diderot, note en effet que « l'argumentaire anti-vaccin est né avec les vaccins. Il a longtemps été confiné dans des espaces de radicalité. Avec Internet, ces argumentaires ont commencé à essaimer ». L'essor des systèmes d'informations aurait eu un effet défavorable sur la perception des Français sur les vaccins. Pour lutter contre cette défiance des Français, le Leem s'est fixé trois axes de travail : « communiquer plus collectivement et plus clairement sur le vaccin », « rendre plus participative et transparente la construction de la politique vaccinale » et « préserver l'image des vaccins contre les controverses injustifiées ».

 

Fluidifier le parcours vaccinal

 

Outre le défi de l'opinion publique, le Leem se mobilise pour « rétablir les couvertures vaccinales indispensables à l'éradication des maladies infectieuses ». Marie-Aliette Dommergues, pédiatre, infectiologue et membre d'Infovac, rappelle qu'il reste aujourd'hui des « problèmes de santé publique » pour des pathologies pour lesquelles des vaccins existent. Elle cite notamment l'hépatite B et la rougeole qui a fait l'objet d'une épidémie en France entre 2008 et 2014. « En termes de couverture vaccinale, la France était parmi les bons élèves de l'Europe, aujourd'hui, elle est en queue de peloton », déplore Serge Montero. Pour ce défi de santé publique, trois axes de travail sont également détaillés afin de « fluidifier le parcours vaccinal et multiplier les points d'accès à la vaccination ». Il s'agit de « renforcer la gouvernance et le pilotage de la politique vaccinale », « faciliter le travail des professionnels de la vaccination » et « miser sur une coopération interprofessionnelle efficace ».

Un troisième défi concerne la production des vaccins. Des pénuries touchent le marché français. Ces ruptures des stocks sont liées à des changements dans la demande et une contrainte de l'offre, souligne David Lechleiter, responsable mondial de l'approvisionnement des vaccins de GSK. Il rappelle ainsi que « la durée de production peut aller jusqu'à 24 mois. 70 % du temps sont consacrés à des tests de qualité ». Marie-Aliette Dommergues ajoute : « ces tensions d'approvi-sionnement vont perdurer ». Le Leem appelle à « anticiper pour limiter les ruptures d'approvisionnement de vaccins ». Les industriels ont identifié deux axes de travail qui visent à « mettre en place une collaboration étroite entre autorités et industriels dans le but de définir les besoins mutuels » et « communiquer de façon concertée ».

Le dernier défi est économique, selon Les entreprises du médicament qui plaident pour l'adoption d' « une vision médico-économique moderne des vaccins ». Mondher Toumi, p-dg de Creativ-Ceutical, souligne ainsi le « faible taux d'investissement dans les vaccins ». « En 2013, le budget alloué à la santé en France est de 247 milliards d'euros. Seulement 3,5 % de ce budget sont destinés à la prévention dont 0,3 %, soit 620 M€, uniquement dédiés à la vaccination », cite le Leem. Les trois axes de travail visent à « mieux comprendre et mieux quantifier les bénéfices des vaccins sur le long terme », « renforcer l'approche médico-économique dans l'évaluation des vaccins » et « faire valoir l'exception des vaccins dans le système de soins ». Le Leem fait valoir la différence entre le coût de la vaccination et du traitement des maladies. « L'épidémie de grippe saisonnière qui touche environ 2,5 millions de personnes engendre un coût annuel de prise en charge s'élevant à environ 200 M€ », selon le Leem. L'organisation relève également qu' « en 2014, le coût total de la vaccination tout au long d'une vie est compris entre 524 € et 1 379 € (en fonction des recommandations vaccinales adaptées à chaque individu) ». Des chiffres qui illustrent l'impact de la vaccination en termes économiques. Avec ces propositions, le Leem entend « remettre la science au coeur du débat », conclut Serge Montero.

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