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« Le Leem a établi quatre grandes priorités pour les deux ans à venir »

Propos recueillis par Audrey Fréel

À l'occasion de la présentation des voeux de l'organisation patronale, Patrick Errard, président du Leem, revient sur les faits marquant de 2015 et présente les tendances pour la nouvelle année.

Industrie Pharma : Quels faits retiendrez-vous en 2015 ?

Patrick Errard : L'année dernière, la croissance de l'industrie pharmaceutique a été portée par les innovations de rupture et les traitements où le besoin médical reste non couvert, notamment dans l'oncologie. Nous observons un déplacement progressif du Primary Care vers la médecine personnalisée. Le modèle économique est aussi en train de changer. Les grandes fusions/acquisitions ralentissent au profit des acquisitions ciblées. La fusion entre Pfizer et Allergan est, par exemple, assez isolée. La plupart des entreprises pharmaceutiques choisissent maintenant de se recentrer sur un savoir-faire spécifique. Cela se traduit par des cessions d'actifs, des échanges et l'acquisition de compétences et de produits. Nous ne sommes plus du tout dans un modèle « d'empilement d'assiettes ».

 

Et au niveau français ?

P.E. : Au niveau français, l'attractivité du pays est toujours en retard dans les domaines de la production, de la recherche clinique et de l'expertise scientifique. Nous avons travaillé sur ces problématiques à travers plusieurs véhicules : le CSF, le CSIS, la refonte de l'accord-cadre avec le CEPS, etc. Le secteur est prisonnier du PLFSS qui impose une vision à court terme et une enveloppe fermée. L'accès au marché pour les innovations est également trop long.

 

Les restructurations se sont aussi poursuivies l'an passé au niveau mondial. Quelle est la situation de la France ?

P.E. : 24 plans de sauvegarde de l'emploi (PSE) sont en cours dans l'industrie pharmaceutique en France, avec des impacts non négligeables sur les commerciaux. La visite médicale est un métier en profonde mutation. Il faut réfléchir aux rôles des commerciaux et à la transformation de ces métiers. Cela nécessite une évolution structurelle des rôles et de leurs missions. Nous aurons toujours besoin d'un lien entre les laboratoires et les professionnels de santé. Il ne faut pas nécessairement percevoir les PSE comme de simples cures d'amaigrissement. Les métiers « détruits » sont reconvertis en de nouveaux métiers, adaptés à la mutation du secteur.

 

Comment garantir la compétitivité de la France dans la sphère pharmaceutique mondiale au cours des prochaines années ?

P.E. : Pour rester compétitif au niveau français, le Leem a établi quatre grandes priorités pour les deux ans à venir. Il faut d'abord promouvoir l'innovation en permettant un accès rapide au patient, via par exemple une mise sous ATU (Autorisation temporaire d'utilisation) des produits innovants ou en réduisant le temps des démarches administratives. Le système d'évaluation des innovations doit être modernisé et le système de financement doit être cadré, notamment au niveau européen. Nous voulons également proposer aux politiques la réforme du système de soins. Autour de cette réflexion, nous souhaitons rassembler l'ensemble des acteurs de santé : industriels, hôpitaux, professions libérales et patients car ils sont tous concernés par le rationnement budgétaire. Il est aussi important de promouvoir une politique industrielle en maintenant en France un outil de production et de recherche performant. En perdant nos usines, nous perdons notre indépendance sanitaire. Il est donc nécessaire d'attirer des investissements pour la production de nouvelles molécules et thérapies. Le maintien des dispositifs incitatifs comme les crédits CSIS, les crédits de remise et le crédit impôt recherche est indispensable. Enfin, nous allons nous concentrer sur les enjeux de réputation du secteur. La perception des entreprises du médicament par le grand public reste défavorable. Nous allons donc travailler sur la communication, les pratiques et les comportements.

L'INDUSTRIE PHARMA EN FRANCE

- 8 milliards de boîtes de médicaments produites en France chaque année - + de 200 sites industriels - 99 000 emplois directs dans le secteur - 2e exportateur français avec 25 Mrds € d'exportations - 4,8 Mrds € d'investissements annuels en R&D - 3e investisseur de recherche privée - 821 essais cliniques en France dont 70 % initiés par les industriels

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