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Le Laboratoire Aguettant investit pour sécuriser l'administration

Le Laboratoire Aguettant investit pour sécuriser l'administration

© © Laboratoire Aguettant

L'entreprise familiale mise sur l'innovation, notamment dans les systèmes de délivrance de médicaments pour conforter sa place de 3e fournisseur des hôpitaux.

Avec 5 % du chiffre d'affaires investis en R&D et 14 brevets portant sur des systèmes d'administration de médicaments, le Laboratoire Aguettant affiche son ambition de « développer, fabriquer et commercialiser des médicaments injectables avec un système d'administration sécuritaire », annonce Danielle Labrèche, directrice Business développement et Innovation de l'entreprise familiale. Un objectif en lien avec la spécialité du laboratoire. En effet, Aguettant est le 3e fournisseur en nombre d'unités vendues aux hôpitaux. Il a réalisé un chiffre d'affaires de 84 M€ au 31 mars 2011. Le laboratoire, basé à Lyon, et qui compte 473 employés, propose des médicaments d'urgence au bloc opératoire, des solutions pour perfusion, une gamme de médicaments dans le traitement de la phase avancée du Parkinson et est aussi présent en France dans la micro-nutrition parentérale. « Nous sommes organisés autour de ces quatre domaines. Dans notre service Business développement et Innovation, deux personnes invitent l'ensemble de l'entreprise à réfléchir sur l'innovation. Des boîtes courriel ont été mises en place pour faire remonter les idées. Nos délégués et certaines personnes identifiées dans l'entreprise vont également dans les hôpitaux pour effectuer une veille autour de l'administration du médicament. Ensuite, les groupes de veille, constitués des représentants de la R&D, du marketing et du développement industriel, travaillent pour transformer les idées en projets », témoigne Danielle Labrèche. Ainsi, l'observation terrain nourrit la réflexion interne. Les projets portent sur la formule pharmaceutique avec des compétences dans le développement galénique et analytique, mais aussi sur le dispositif d'administration. « Les médicaments sont par nature potentiellement dangereux en cas de confusion. Aguettant s'efforce d'alerter les utilisateurs sur ce risque d'erreur médicamenteuse », martèle la société sur son site Internet. Le laboratoire applique une charte graphique qui doit aider à mieux lire le libellé et ainsi éviter de confondre les molécules et les dosages. La société s'intéresse également « à l'évolution des matériaux plastiques dans l'objectif de trouver des matériaux plus barrière à l'oxygène et à l'évolution des méthodes de stérilisation », indique Danielle Labrèche. D'autres projets sont en cours de développements R&D ou en cours d'industrialisation. Le laboratoire travaille sur trois projets liés aux dispositifs médicaux.

Le plus avancé concerne l'industrialisation de la seringue pré-remplie plastique qui a reçu un Pharmapack award dans la catégorie Sécurité d'usage produit hospitalier en 2010. Cette seringue stérile et prête à l'emploi était initialement destinée aux blocs opératoires et situations d'urgence. Protégée par deux brevets pour son système d'ouverture et la stérilisation du joint de piston, cette seringue est stérile, tant au niveau du contenu que du dispositif. « Ce développement a mis cinq ans à voir le jour. Nous l'avons débuté car la seringue que nous voulions n'existait pas sur le marché. Nous travaillons autour des molécules d'urgence. Il était important d'avoir un mode d'administration prêt à l'emploi à un prix compétitif pour ce type de molécules, car les besoins en matière de rapidité et de réduction d'erreurs sont pressants mais les budgets des hôpitaux sont serrés », souligne Danielle Labrèche. Le laboratoire a investi cinq millions d'euros pour ce développement. L'utilisation en hôpitaux a également orienté les études vers une seringue sans aiguille avec une connectique universelle « Luer Lock » qui se visse à des connexions de cathéters, de poches, etc. En polypropylène, ces seringues pré-remplies sont déjà commercialisées avec une molécule et une seconde seringue avec une autre molécule est en cours d'obtention d'AMM en France, au Royaume-Uni et en Belgique. Elles pourraient l'être avec « un bon nombre de molécules d'urgence », même si « toutes les molécules ne seront pas stables dans ce matériau ». Le Laboratoire Aguettant « a signé des contrats de commercialisation en Scandinavie et en Australie, et des discussions sont en cours pour une commercialisation au Canada et en Espagne ». Aujourd'hui, le laboratoire dispose d'une ligne de production avec une capacité de 7 à 8 millions de seringues par an. Un deuxième projet concerne un stylo-injecteur commercialisé depuis plus de 13 ans. Le laboratoire réfléchit aujourd'hui à un nouveau design. Aujourd'hui, il est multidose et peut être utilisé avec des doses variables. « Nous voulons lui donner une ergonomie améliorée pour faciliter son utilisation et une allure plus actuelle. Aujourd'hui, ce stylo est jetable. Pour l'utilisation de ce stylo à domicile, nous réfléchissons à la possibilité de pouvoir en faire un stylo rechargeable », confie Danielle Labrèche. Pour ce nouveau design, les équipes de R&D sont en relation avec celle du marketing mais aussi celle du développement industriel pour reconstruire en interne une machine d'assemblage. Si l'injection des pièces plastiques est confiée à des sous-traitants, l'assemblage du stylo et la mise au point du moule sont réalisés en interne. « Nous mettons en place une collaboration multi-service pour adapter l'outil d'assemblage aux nouvelles dimensions du stylo », indique Danielle Labrèche.

Des poches de perfusion avec auto-rinçage

 

Enfin le troisième projet, encore à l'étape des prototypes concerne une « poche de perfusion en mode auto-rinçage ». Un brevet a été déposé et obtenu dans le monde entier pour ce système. « Sur une poche de perfusion, on estime qu'environ 20 % du médicament vont rester « piégés » dans la ligne de perfusion. A moins que les infirmières n'effectuent un rinçage systématique, ce qui n'est pas toujours le cas », constate Danielle Labrèche. La poche imaginée par Aguettant possède deux compartiments : un pour le médicament et un pour la solution de rinçage. L'opération de rinçage s'effectue automatiquement dans la poche et dans la ligne de perfusion après l'administration du médicament, sans intervention du personnel soignant. « Nous ne sommes pas fabricant de poches, c'est pourquoi nous nous sommes rapprochés de sociétés spécialisées pour la production de prototypes », indique la directrice. La particularité d'une poche à double compartiment implique des mises au point pour la maîtrise de la stérilisation, le contrôle du remplissage, etc. « Il faut travailler avec les fabricants de machines pour les adapter à ces nouveaux besoins et atteindre les spécifications requises », confie Danielle Labrèche. Les prototypes étant terminés, la société travaille maintenant sur les connectiques, le débit, la quantité de solution de rinçage, etc. « Aujourd'hui, nous terminons les essais en interne sur des modèles semi-industriels afin de prospecter des laboratoires pharmaceutiques courant 2012 », souligne-t-elle. L'objectif étant ensuite de multiplier les contrats de licence d'exploitation du brevet, comme avec Pfizer, pour un contrat signé 2010. La société française mise donc sur l'innovation pour conforter sa position sur le marché des médicaments hospitaliers. Un « facteur clé pour répondre aux demandes des industriels de la pharmacie est d'identifier très tôt les besoins et de réfléchir en amont avec la Recherche & le Développement et le marketing », conclut Danielle Labrèche.

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