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Le Japonais Takeda en forme, son compatriote Daiichi Sankyo fait grise mine

Hélène Bour

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Le Japonais Takeda en forme, son compatriote Daiichi Sankyo fait grise mine

© Takeda

Les deux géants japonais Takeda et Daiichi Sankyo enregistrent une légère baisse de leur chiffre d’affaires pour l’exercice 2016. Takeda s’en sort mieux en revanche que son compatriote Daiichi Sankyo, dont tous les indicateurs sont au rouge.

Les deux géants japonais Takeda Pharmaceuticals et Daiichi Sankyo ont dévoilé leurs résultats pour leur exercice financier, courant du 1er avril 2016 au 31 mars 2017. Malgré un chiffre d’affaires en baisse de 4,2 % à 1 732 milliards de yens (14 Mrds €), le géant Takeda s’en sort bien, puisqu’il enregistre un bénéfice net annuel de 115,5 Mrds ¥ en hausse de 38,4 %. Le revenu opérationnel du groupe est lui aussi au beau fixe, à 155,8 Mrds ¥, en hausse de 19,1 % par rapport à l’année passée. Takeda attribue la baisse de son chiffre d’affaires à la dépréciation du yen, mais aussi à la perte de revenus due aux cessions effectuées dans l’année, notamment la vente de son activité dédiée aux maladies respiratoires à AstraZeneca pour 575 M$ (CPH n°743). La baisse a en partie été compensée par les ventes de ses divisions dites « motrices », à savoir la gastro-entérologie, l’oncologie, le système nerveux central et les marchés émergents. L’un de ses produits phares, l’Entyvio prescrit contre la maladie de Crohn, affiche ainsi des ventes en hausse de 66,2 % à 143,2 Mrds ¥, ce qui fait de lui le produit le plus vendu du groupe japonais. Le médicament de Takeda qui affiche les meilleurs résultats est le Ninlaro contre le myélome multiple, puisqu’il enregistre une hausse de 620,9 % de ses ventes, à 29,4 Mrds ¥. Ce dernier a bénéficié d’une « forte utilisation aux États-Unis, boostée par son profil d’efficacité, de sûreté et de convenance, et son lancement [qui] progresse en Europe », a précisé Takeda. Il a en outre été approuvé en mars dernier par le ministère japonais de la Santé et est en attente d’approbation dans les marchés émergents. Pour l’exercice financier suivant, le géant japonais prévoit un chiffre d’affaires de 1 680 Mrds ¥ en baisse de 3 %, mais un bénéfice net en hausse de 20 % à 138 Mrds ¥ et un revenu opérationnel en hausse de 5 % à 257,5 Mrds ¥.

Daiichi Sankyo impacté par la baisse des ventes de son médicament contre l’hypertension

En revanche, c’est plutôt la dégringolade du côté des résultats de Daiichi Sankyo, qui pâtit durement de la dépréciation du yen et d’une chute des ventes de son produit phare, l’antihypertensif Olmesartan, dans ses trois régions majeures (Japon, Amérique du Nord et Europe). Daiichi Sankyo enregistre pour l’exercice 2016/2017 un chiffre d’affaires de 955 Mrds ¥ (7,7 Mrds €), en baisse de 3,2 % par rapport à l’année passée. Tendance encore plus à la baisse du côté du revenu opérationnel du groupe, qui chute de 31,8 % à 88,9 Mrds ¥. Le bénéfice avant impôts est de 87,7 Mrds ¥ (-28,3 %) et le bénéfice net de l’année de 47,4 Mrds ¥ (-40,9 %). Dans le détail, c’est donc l’antihypertensif Olmesartan qui pénalise le groupe, puisqu’il affiche une baisse de 23,3 % de ses ventes, à 218 Mrds ¥. Ces mauvais résultats s’expliquent notamment par la perte de brevets dans plusieurs pays du monde et l’arrivée de génériques. En France, ce médicament est même déremboursé depuis le 2 janvier du fait d’un manque d’efficacité et d’effets secondaires jugés trop importants. En revanche, les deux autres médicaments « piliers » de Daiichi Sankyo sont au vert, puisque l’antiplaquettaire Prasugel enregistre 41 Mrds ¥ de ventes en hausse de 29,2 %, et l’anticoagulant Edoxaban a des ventes en hausse de 148,5 % à 37 Mrds ¥. Pour 2017, le Japonais n’est pas plus optimiste, et s’attend à une baisse de 2,6 % du chiffre d’affaires, là encore à cause de la chute des ventes de l’Olmesartan. Il espère toutefois limiter la casse en boostant les ventes de son Edoxaban au Japon et de l’Injectafer (solution injectable de fer) de sa filiale américaine Luitpold Pharmaceuticals.

Si les deux acteurs japonais ne bénéficient pas de la même dynamique quant à leurs résultats, ils envisagent tous deux une réorganisation de leur R&D pour se concentrer sur quelques aires thérapeutiques. Takeda s’est ainsi résolu à se focaliser sur ses trois aires thérapeutiques majeures (gastroentérologie, oncologie, système nerveux central) et sur les vaccins. De son côté, son compatriote Daiichi Sankyo a annoncé l’arrêt du développement de six candidats-médicaments, pour recentrer son portefeuille sur l’oncologie, son domaine thérapeutique de prédilection, suivi par la douleur, les maladies du système nerveux, les maladies cardiaques, rénales et rares.

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