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Le G5 Santé veut apporter des solutions au secteur

Aurélie Dureuil

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Un des objectifs affichés au cours de la 4e édition des rencontres du G5 Santé, qui s'est déroulé début octobre à Paris, est de « nourrir les travaux du Comité stratégique de filière (CSF) Santé et de faire avancer le débat », selon Marc de Garidel, président du G5 Santé et président d'Ipsen. Présenté comme un « cercle de réflexion des industriels de la santé », le G5 Santé regroupe 9 entreprises du secteur (Ipsen, Guerbet, BioMérieux, LFB, Pierre Fabre, Sanofi, Servier, Stallergènes et Théa), et recense près de 48 000 emplois et près de 70 % de la production pharmaceutique française avec 57 sites industriels. Marc de Garidel n'a pas manqué de critiquer le PLFSS 2016. « Nous sommes déçus et préoccupés par ce PLFSS. 48 % des économies nous sont demandées, alors que nous ne représentons que 15 % des coûts. Il y a des réformes de structures qui pourraient être faites », a souligné le président du G5. Il a notamment rappelé les pistes abandonnées sur l'automédication et le parcours de soin pharmaceutique.

 

Le virage de l'ambulatoire est amorcé

 

Sur le sujet de l'ambulatoire, le G5 Santé s'est néanmoins félicité que « le virage ambulatoire fasse partie des réformes de structures poursuivies par Marisol Touraine ». Marc de Garidel a ainsi rappelé que « 160 M€ d'économies sont prévus en 2016 pour la chirurgie ambulatoire » et que « le taux d'actes chirurgicaux en ambulatoire est passé de 40,8 % en 2012 à 45 % en 2014 ». Cependant, le président du G5 pointe le « besoin d'accélérer la cadence de l'ambulatoire car nous sommes en retard par rapport à l'Europe du Nord dans ce domaine (taux de 60 à 75 % de chirurgie en ambulatoire) ». C'est dans ce contexte que le G5 Santé a choisi le thème du « développement de l'ambulatoire, perspectives et enjeux » pour ses 4es rencontres.

Autour de ce thème, le cercle de réflexion a tenu à apporter « une prise de conscience de la lenteur, identifier les freins, proposer des solutions comme sur les anticancéreux, exploiter les nouvelles technologies, etc. » sur un sujet qui va « changer le paysage » du parcours de soins, selon Marc de Garidel. « En augmentant l'ambulatoire, on améliore la qualité des soins et permet au patient d'éviter d'aller à l'hôpital. Et aussi on fait des économies » pour le système de santé, font valoir les membres du G5. Un argument mis en avant dans une volonté de « préserver notre modèle social ». Jean-Luc Bélingard, p-dg de BioMérieux détaille : « L'ambulatoire est porteur de qualité des soins, elle-même porteuse d'économies. Nous sommes dans un contexte de grande révolution. D'abord technologique. La manière dont on pratique la médecine aujourd'hui n'a rien à voir avec celle d'il y a 5 ans ».

Il a ainsi rappelé l'apport du diagnostic dans le développement de la médecine ambulatoire. « Il faut faire entrer le temps du diagnostic dans le temps du soin. Dans la notion de prise en charge ambulatoire doit figurer en amont un diagnostic pertinent », souligne le p-dg de BioMérieux, rappelant que « des technologies innovantes sont en voie d'être disponibles ». Car la médecine ambulatoire bénéficie des innovations pour des diagnostics rapides, « plus fiables, plus précis et plus précoces », précise Jean-Luc Bélingard.

Autre domaine dans lequel les innovations favorisent le développement de l'ambulatoire : l'oncologie, selon Yves L'Épine, directeur général de Guerbet. « Le développement de l'ambulatoire s'est fait dans le domaine cardiovasculaire et maintenant en oncologie », note-t-il. Ce développement repose sur plusieurs facteurs. « L'évolution technologique et thérapeutique permet d'adapter la prise en charge, comme le souligne le Plan Cancer 2014-2019 », ajoute le directeur général de Guerbet. Il mentionne ainsi les chimiothérapies orales : « Aujourd'hui, elles concernent 25 % des patients. D'ici quelques années, ce sera un patient sur deux ». La chirurgie ambulatoire se développe dans ce domaine. « Grâce au diagnostic, on sait exactement où aller », indique Yves L'Épine. Il cite également la radiologie interventionnelle, domaine « développé par Guerbet depuis 3 ans ». « Un demi-million d'actes mini-invasifs sont pratiqués en France chaque année, dont 200 000 à visée thérapeutique. On constate néanmoins une faible évolution par rapport aux besoins car il existe un déficit de valorisation (pas de remboursement...) », détaille le directeur général de Guerbet.

Les industriels de la pharmacie ont ainsi des cartes à jouer dans le développement de la médecine ambulatoire : tant en amont dans le domaine du diagnostic que pour les traitements avec des thérapies innovantes et pouvant être prises facilement par les patients. Au cours de ces 4es rencontres, la part des nouvelles technologies a également été discutée, via notamment une table ronde sur « les nouvelles technologies peuvent-elles permettre d'optimiser les prises en charge ? », avec l'exemple des outils pour les patients diabétiques. « Avec l'augmentation de l'ambulatoire, on améliore la qualité des soins. Le patient n'a plus besoin d'aller à l'hôpital et on fait des économies pour le système de santé. On facilite cette croissance en développant toutes ces nouvelles technologies mais aussi par le dialogue avec le système de régulation », conclut Marc de Garidel.

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