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Le G5 Santé détaille ses propositions pour l'élection présidentielle

Aurélie Dureuil

La réunion annuelle du G5 Santé a été l'occasion pour les industriels de présenter leurs 20 propositions pour le débat de l'élection présidentielle de 2017.

« Tous les 5 ans, arrive l'élection présidentielle en France. Nous nous préparons pour cette échéance », affirme Marc de Garidel, p-dg d'Ipsen et président du G5 Santé. Le groupement de huit entreprises françaises, parmi les leaders dans le domaine de la santé et des sciences du vivant, a présenté au cours de ses 5es Rencontres un livre blanc avec 20 propositions pour 2017. L'objectif : « Concilier les meilleurs traitements dans le monde et une politique d'industrialisation forte », selon Marc de Garidel. Le président du G5 rappelle ainsi le poids de ce groupe de réflexion composé d'entreprises du médicament, du diagnostic et des dispositifs médicaux (BioMérieux, Guerbet, Ipsen, LFB, Pierre Fabre, Sanofi, Servier et Théa). Avec 57 sites industriels et 35 sites de recherche en France, les sociétés du G5 emploient plus de 47 000 personnes dans l'Hexagone et investissent 3,3 Mrds d'euros en R&D par an.

Parmi les propositions, un premier axe concerne la « modernisation de l'accès des produits de santé au marché », indique Marc de Garidel. Il insiste sur l'évaluation de « la valeur thérapeutique du produit qui arrive sur le marché. Il est important qu'on arrive à mesurer ce qu'apportent ces médicaments par rapport à ce qui existe, en termes d'économie potentielles pour le système de santé ». Le G5 milite ainsi pour la fixation d'un prix responsable du médicament avec la prise en compte des économies potentielles mais aussi la valorisation du lieu de cette innovation. « Dans l'accord cadre œN.D.L.R., signé avec le CEPS début 2016æ, l'article 18 va dans ce sens, mais il semble être mis à mal avec le PLFSS 2017 », note Marc de Garidel.

Autre pool de mesures : l'innovation. Le G5 Santé ambitionne de « faire de l'industrie pharmaceutique française le fer de lance de l'innovation », selon Christian Béchon, p-dg du LFB. Il dresse le constat que « la France compte parmi ses atouts une recherche académique et privée d'excellence en santé. Et pourtant, la transformation des résultats scientifiques en innovations médicales accessibles aux patients se heurte à des obstacles ». Le G5 Santé plaide donc pour une simplification à plusieurs niveaux : les essais cliniques, les données de santé... Trois propositions concernent ainsi le renforcement du dialogue entre les acteurs publics et privés, le rétablissement de l'attractivité du territoire pour la recherche clinique et la poursuite de la simplification des structures et procédures de la recherche publique.

Autre cheval de bataille du G5 : « la production de produits de santé sur le territoire français ». Les huit entreprises comptent 57 sites de production en France pour 101 sites hors de l'Hexagone. Bertrand Parmentier, dg de Pierre Fabre, a ainsi rappelé « le lien extrêmement fort entre l'innovation et l'industrialisation. Il n'y a pas de produit qui arrive sur le marché sans industrialisation ». Il a notamment déploré le recul de la France de la 1re place en 2007 à la 4e place en 2014 de la production pharmaceutique européenne. Trois propositions sont faites pour renforcer la production en France. D'abord, l'application de l'accord cadre 2016-2018 visant à prendre en compte la dimension industrielle dans la fixation du prix d'un médicament. Une mesure viserait par ailleurs à « attribuer une enveloppe de crédits CSIS, fixée à 1 % de la dépense de médicaments remboursés, aux industriels ». Cela permettrait de « donner aux industriels qui investissent en France dans les outils de production, la modernisation... une aide de 200 M d'euros par an », détaille Bertrand Parmentier.

 

Vers la création d'un label de production

 

Le G5 milite également pour la création d'un label Made in Europe ou Made in France.

Une partie des propositions porte sur le soutien à l'exportation. Parmi les mesures présentées par le G5 figure le développement « d'une politique de prix facial pour les produits de santé largement exportés depuis la France ». Olivier Laureau, président de Servier, détaille l'intérêt d'une telle mesure : « La politique de prix en France sert de référence à beaucoup d'autres pays. Quand on baisse les prix en France, cela menace les exportations car le prix baisse automatiquement dans la plupart des pays. Avec un prix facial en France qui serait visible pour les autres pays, nous nous engagerions à reverser une remise « spécifique export » ».

Dernier axe du G5 : la gouvernance. Le groupe d'industriels propose qu'« une réflexion sur la gouvernance de ceux qui nous animent soit engagée », selon Jean-Luc Bélingard, p-dg de BioMérieux. Il ajoute : « l'ampleur de l'enjeu mérite que soit créée une alliance pour la santé, organe mixte d'industriels et de la puissance publique ». Cette alliance devrait être créée pour 5 ans afin de mettre en oeuvre un plan pluriannuel, selon le G5. Le cercle de réflexion demande également une réforme du Comité économique des produits de santé (CEPS), en rattachant son président au Premier ministre, ce qui « permettrait un meilleur équilibre », selon Marc de Garidel. Le G5 santé va maintenant porter ces propositions dans le débat présidentiel français avec une vocation : « défendre notre pays et faire comprendre à nos gouvernants que si on ne fait pas attention, nous irons investir ailleurs », conclut Marc de Garidel.

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