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Lanxess restructure pour sa marge

A Cologne, Sylvie Latieule

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En 2013, son résultat Ebitda devrait reculer autour de 700 à 800 millions d'euros après avoir enregistré un niveau record de 1,22 milliard d'euros en 2012. Aussi sans attendre, le président Axel Heitmann a décidé de passer à l'action à travers le programme « Advance », destiné à remettre le groupe sur le droit chemin. Dans les grandes lignes, Lanxess compte économiser 100 M€ d'ici à la fin 2015 à travers une réduction d'effectifs de 1 000 personnes dans le monde (sur 17 500). Seront encouragés les départs volontaires et retraites anticipées. Les managers, en particulier les membres du board, verront leurs rémunérations diminuées. Autre mesure phare, le montant des investissements (capex) ne dépassera pas les 600 M€ en 2013 contre 696 M€ en 2012.

« Le site de La Wantzenau n’est plus stratégique. » Enfin, le président a décidé de recentrer le groupe sur ses points forts, ce qui va l'amener à se désengager de certaines branches devenues non-stratégiques. Il s'agit de l'activité Perlon-Monofil, au sein du business unit (BU) High Performance Materials, des additifs de polymérisation et antioxydants de la BU Rubber Chemicals, et des caoutchoucs nitrile butadiène (NBR) de la BU High Performance Elastomers. Au total, ces activités représentent un chiffre d'affaires de 500 M€ pour un Ebitda de 30 M€ et un effectif de 1 000 personnes actuellement - probablement inférieur en 2015 -, mais qui viendra compléter les 1 000 suppressions de postes engagées. Plusieurs sites industriels abritent ces actifs : Brunsbuettel et Dormagen en Allemagne, Kallo en Belgique, Bushy Park aux États-Unis, Jhagadia en Inde et Nantong en Chine, ainsi que La Wantzenau (Bas-Rhin) en France qui est le plus grand site mondial de production de caoutchouc synthétique NBR, employant 300 salariés. D'ici deux ans, son sort sera fixé parmi une série d'options de type coentreprise, partenariat, cession. Pour l'heure, le président refuse d'envisager celle de la fermeture. A contrario, le site Port-Jérôme (Seine-Maritime) n'est pas menacé. Spécialisé dans les caoutchoucs Nd-PBR et SSBR pour pneus verts, il est donc positionné sur ces nouvelles technologies auxquelles M. Heitmann souhaite donner la priorité.

Par ailleurs, le groupe compte rééquilibrer son portefeuille, largement dominé par la branche Performance Polymers (5,2 Mrds € en 2012 soit 57 % du chiffre d'affaires), par le biais de croissance interne et externe. Le pôle Advanced Intermediates est visé d'autant qu'il enregistre de très belles performances grâce à Saltigo qui est spécialisée dans la production de matières actives pour l'agrochimie. De la même façon, Lanxess investira davantage dans sa branche Performance Chemicals. Déjà, le rachat d'une petite activité de dérivés phosphorés avec son site d'Epierre dans le sud-est de la France va compléter le dispositif industriel de Lanxess dans l'Hexagone.

Malgré l'ampleur de cette reprise en main, le président considère que son groupe a fait les bons choix stratégiques, notamment lorsqu'il a décidé de miser sur la mobilité durable. Aujourd'hui, l'essentiel de ses déboires provient du fort ralentissement du marché automobile en Europe, alors que Lanxess est dépendant à 40 % du marché automobile. Mais à moyen terme, l'Europe devrait légèrement se redresser, tandis que l'Asie affiche de fortes perspectives de croissance. Du coup, l'objectif d'atteindre 1,8 Mrd € d'Ebitda en 2018 reste d'actualité. Le décrochage du groupe ne sera que passager.

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