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La « supply chain » à l'heure du 21e siècle

NICOLAS VIUDEZ

Le cabinet Proconseil a organisé une matinée dédiée à la mutation de la « supply chain » face aux enjeux du 21e siècle. De nouvelles préoccupations, telles la relation clients et la conception, répondent à cette mutation.

Mettre en accord les entreprises de la « supply chain » avec les grandes mutations sociétales, technologiques et environnementales du 21e siècle, telle est l'ambition du référentiel Supply 21. Développé par le cabinet parisien Proconseil, Supply 21 réunit des entreprises de secteurs variés : agro-alimentaire, BTP, cosmétiques, services ou encore industrie pharmaceutique autour des enjeux 3P (pour People, Planet et Profit). La présentation des résultats de son observatoire, le 24 janvier à Paris, était l'occasion de confronter les concepts préconisés aux pratiques des entreprises.

 

Le client au centre de la nouvelle « supply chain »

 

La matinée a été d'abord l'occasion de rappeler comment se déclinaient les concepts de la Supply 21 sur les thématiques des achats, des opérations, de l'industrialisation, de la conception et de la relation clients. Un sujet qui s'est rapidement installé au centre des échanges. « 82 % des clients sont sensibles à l'environnement pour l'orientation de l'achat et 86 % ont une meilleure image d'une entreprise qui fait un effort écologique pérenne », indique David Gau, responsable du pôle Supply Chain de Proconseil, avant de préciser : « La relation clients est le point de départ et d'arrivée d'une « supply chain » responsable et du 21e siècle. La relation clients transparente, vivante et ouverte alimente la conception et l'industrialisation des produits ».

Traditionnellement, la « supply chain » s'organise autour des achats et des opérations (logistique, usine) en passant par l'industrialisation. La « supply chain » étendue vue par Supply 21 ajoute la relation clients mais aussi la conception. « La conception détermine jusqu'à 70 à 80 % des coûts futurs en termes environnementaux et sociétaux d'un produit. C'est durant cette phase qu'il faut agir en centrant la conception sur les besoins des clients finaux », ajoute David Gau.

Un enjeu environnemental au coeur de Pur Projet, un collectif lancé par Tristan Lecomte, créateur du label Alter Eco, venu présenter ses partenariats avec des entreprises de l'agro-alimentaire ou du secteur des cosmétiques. Pur Projet organise des missions d'Insetting, qui consiste à contrebalancer l'impact environnemental des entreprises en agissant principalement sur l'agroforesterie, c'est-à-dire en plantant ou en préservant les arbres des régions d'exploitation. Les entreprises tirent ainsi des bénéfices de cette action en voyant l'écosystème qui abrite leurs ressources régénéré et protégé.

 

L'industrie pharma peut mieux faire

 

Des actions qui apparaissent encore très éloignées des préoccupations des entreprises du secteur pharmaceutique, comme le montrent les résultats de l'observatoire Supply 21, regroupés pour l'occasion dans un livre blanc. Un quart des entreprises du secteur pharma déclarent ainsi ne pas intégrer leurs clients dans la démarche de conception. « Il existe de réelles disparités dans l'intérêt pour ces thématiques, selon les secteurs industriels. De manière générale, l'agro-alimentaire apparaît en avance, la cosmétique est également sensibilisée, tandis que la pharma concentre son intérêt sur quelques sujets », souligne David Gau qui détaille les pistes de réflexion de cette étude : « Les entreprises du secteur pharma interrogées sont sensibles aux questions comme la dématérialisation des données et des documents ou l'usine du futur, c'est-à-dire une usine innovante, en métamorphose permanente et capable de s'adapter rapidement. On note également un intérêt pour la logistique qui innove (mutualisation, collaboration multi-acteurs, dernier km) ».

L'occasion sur ce dernier sujet de rappeler l'initiative prise par le cluster Polepharma. Avec l'appui du cabinet Proconseil, trois laboratoires adhérents à Polepharma (Ethypharm, Ipsen et Servier) ont travaillé sur le pooling, c'est-à-dire un regroupement pour le transport de leurs produits, testé sur une liaison entre la France et l'Italie. « Cette initiative avait permis d'éviter de voir circuler des camions de livraison à moitié vides, c'est une source d'économie pour les entreprises et un gain non négligeable en matière d'impact carbone », rappelle David Gau. L'initiative a également été vécue positivement par les groupes participants. « Les entreprises avec lesquelles nous avons travaillé se sont félicitées de pouvoir jeter des ponts entre leurs activités, dans une industrie où la culture du secret industriel reste fortement ancrée », constate le responsable du pôle « supply chain » de Proconseil.

David Gau esquisse cependant le type d'initiative qui pourrait naître dans ce secteur : « On peut aussi imaginer qu'à l'avenir se posent des questions autour de l'éco-conception, notamment des emballages. Dans tous les cas, ce que nous avons réussi avec Polepharma peut être une porte d'entrée pour sensibiliser le secteur aux enjeux et aux bénéfices de ces approches ».

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