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La Suisse, terre d'investissements

À MARTIGNY, F.M.

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3 QUESTIONS À Vincent Griffoul, président de l'A3P Suisse

Qu'est-ce qui a motivé l'organisation de ce congrès ?

A3P Suisse organise depuis maintenant six ans des forums tous les six mois, fin avril et fin novembre. Il s'agit de conférences sur une demi-journée sur des thèmes pointus avec visite d'entreprise. Nous avons donc de l'expérience dans ce domaine et nous attirons systématiquement du monde. L'association compte presque une centaine d'adhérents et chaque année leur nombre s'accroît. Pour ce congrès, le déclencheur a été FVS Group. Ils nous ont dit qu'ils étaient prêts à nous épauler pour un congrès de deux jours, chose que nous n'aurions pas pu faire seuls.

Le thème de l'investissement est-il en rapport avec les récentes défections d'industriels (2) ?

Ce thème a été mis en place il y a bien longtemps, c'est l'actualité qui nous a rattrapés. Quand j'ai animé le groupe de travail, je l'ai poussé sur les enjeux du futur. Donc, nous avons tout de suite pensé aux problématiques d'investissements, aux nouveaux modèles, à la réinvention de l'industrie pharmaceutique.

Par rapport à la pharmacie mondiale, comment se situe la Suisse en termes d'investissements ?

C'est une région extrêmement privilégiée. Il y a une très bonne coopération entre les industriels et les politiques. Par exemple : la confédération est prête à mettre de l'argent et du support des universitaires pour aider une entreprise qui, du fait du franc fort, reporte un investissement de R&D.

F.M.

(2) En référence à la fermeture du siège de Merck Serono s'accompagnant de la suppression de 500 postes et la menace de fermeture qui a pesé sur le site de Novartis à Nyon

La Suisse, terre d'investissements

Chantier de la nouvelle usine d'UCB sur son site de Bulle (Suisse).

© © UCB

POUR SON PREMIER CONGRÈS, L'A3P SUISSE A VOULU CIBLER LES ENJEUX DU FUTUR. LA MANIFESTATION A ÉTÉ L'OCCASION DE FAIRE LE POINT SUR LES ATOUTS DE LA SUISSE POUR ATTIRER LES INVESTISSEURS.

Pour la première fois, l'A3P Suisse co-organisait un congrès dédié aux sciences de la vie, en partenariat avec l'organisateur d'événements FVS Group. Les 3 et 4 mai à Martigny (canton du Valais, Suisse romande), Hevaex, pour « Health valley exhibition », a ainsi réuni 22 orateurs pour permettre aux congressistes de réfléchir aux enjeux de demain. En introduction au congrès, Vincent Griffoul, président de l'A3P Suisse, comparait le secteur pharmaceutique à l'industrie horlogère suisse qui a su traverser une crise dans les années 70 en se « réinventant ». Pour lui, l'industrie pharmaceutique doit effectuer la même démarche. Dans cette optique, les deux journées de conférences ont balayé quatre grandes thématiques : « Santé et société », « Coûts et investissement », « Nutrition et santé » et « Biotech pharma ». Une demi-journée a ainsi été consacrée aux investissements en Suisse. L'objectif était de rappeler les atouts de la « Health valley », autre nom de la Suisse occidentale. Il n'y a pas à chercher loin pour trouver l'origine du surnom de cette région qui regroupe 750 entreprises, 20 000 employés, 5 000 chercheurs et une vingtaine d'universités dans le secteur des biotechnologies (1). Cet environnement est sans conteste l'un des atouts majeurs de l'ouest de la Suisse pour attirer les investisseurs. D'autres atouts structurels viennent s'y ajouter, comme le rappelait Philippe Monnier, directeur du GGBa (Greater Geneva Berne area), une structure de promotion économique des six cantons de Suisse occidentale. D'après lui, la stabilité politique, légale et sociale du pays est « un argument très fort ». La législation du travail libérale, le polyglottisme des Suisses, les impôts compétitifs et la qualité de la vie sont d'autres aspects attractifs pour les sociétés. Plus spécifique au secteur pharmaceutique, la Suisse occidentale dispose par ailleurs d'une bonne réputation dans le domaine des sciences de la vie et de la proximité d'organismes internationaux connus comme l'OMS, toujours d'après Philippe Monnier. Amer Jaber, directeur du site d'UCB à Bulle, a étayé ces arguments avec un exemple concret. Le groupe belge a en effet récemment annoncé un investissement de 250 M€ pour la construction d'une usine de bioproduction sur ce site dont les travaux ont commencé en février 2012. « Nous avons passé beaucoup de temps à évaluer les meilleurs endroits pour investir », relatait Amer Jaber, le choix se sera finalement porté sur la Suisse. Les raisons invoquées rappellent les arguments développés par l'orateur précédent : stabilité politico-économique, système d'incitation fiscale bien établi et régulé, « réseau d'éducation quasi-unique au monde », main-d'œuvre très qualifiée... Philippe Monnier nuançait tout de même ce tableau idéal par quelques ombres, notamment les coûts élevés à cause du franc fort et parfois les relations délicates avec les pays voisins. Par ailleurs, la Suisse ne se contente pas d'avoir des atouts, elle se donne les moyens de les mettre en valeur. Les sciences de la vie en Suisse sont ainsi soutenues par des associations telles que Bioalps, Swiss biotech association et the Ark, également partenaires du congrès (tout comme le magazine suisse L'Hebdo). The Ark propose par exemple un accompagnement du projet à l'industrialisation pour les sociétés suisses mais aussi pour les sociétés étrangères souhaitant s'implanter chez les Helvètes. Quant à l'assistance de 120 personnes, elle réunissait des Suisses romands et allemands ainsi qu'une bonne représentation française. Rendez-vous les 14 et 15 mars 2013 pour la 2e édition.

 

(1) Source : Bioalps

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