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La stratégie en deux temps d'Oncodesign

NICOLAS VIUDEZ
La stratégie en deux temps d'Oncodesign

© DR

La biotech dijonnaise se réorganise en deux business units dédiées au service et à ses activités de développement. Un modèle hybride qui lui permet de dégager des résultats positifs. Bilan de l’année 2019 et perspectives pour 2020.

Dans un monde de la biotech où le pipeline est roi, la stratégie d’Oncodesign dénote. La biotech dijonnaise fait le pari d’un modèle de développement hybride, qui repose sur deux axes : une offre de service, capable de générer des revenus dans l'immédiat et le développement de son pipeline, à plus long terme. « C’est un business model qui peut fonctionner », assure Philippe Genne, p-dg et fondateur d’Oncodesign.

Un modèle qui demandait sans doute à être clarifié, ce qu’a fait la biotech, qui présentait sa nouvelle organisation, à l’occasion d'une rencontre avec ses investisseurs.

Une réorganisation en deux business units

Deux business units sont ainsi mises en place. L’une dédiée à son activité « service », l’autre à son activité « biotech » qui comprend le développement de son pipeline. Une troisième entité devrait également voir le jour en 2020, cette fois-ci dédiée à l’intelligence artificielle, en soutien de la découverte de nouvelles molécules d’intérêt.

Pour développer ces différentes unités, Oncodesign peut s’appuyer sur des résultats positifs avec un chiffre d’affaires qui a atteint 26,7 millions d’euros en 2019, en progression de 33 % par rapport à l’année précédente.

Dans le détail, son offre de services continue à être son principal moteur puisqu’elle a généré 20,9 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2019 contre 5,8 millions pour la branche partenariat, une somme issue principalement de l’accord avec Servier. Les revenus d’exploitation d’Oncodesign grimpent à 38,7 millions d’euros en incluant le Crédit d’impôt recherche et différentes subventions. Des chiffres qui lui permettent d'atteindre l'équilibre financier, avec un an d'avance sur ses objectifs initiaux. 

Un pipeline encore en phase précoce

Du coté du pipeline, son candidat-médicament le plus avancé, un radiotraceur, est à l’arrêt. En cause, le rachat de son partenaire, Cyclopharma par Curium, en 2018, qui a souhaité arrêter ce développement. Oncodesign reste optimiste sur le potentiel de ce radiotraceur, laissé aux portes de la phase II et cherche un partenaire pour prendre le relais.

Avec Servier, Oncodesign développe par ailleurs un inhibiteur de LRRK2, indiqué sur la maladie de Parkinson, encore en phase pré-clinique.

Mais c’est sur son programme RIPK2 et son candidat médicament ODS-101, qu’Oncodesign communique le plus. Ce médicament, une petite molécule, est développé sur des maladies inflammatoires et auto-immunes de l’intestin. Les essais sur modèle animal affichent des résultats prometteurs en termes de sélectivité et d’activité, qui font que la biotech n’hésite pas à parler de médicament first-in-class et potentiellement best-in-class. Un candidat médicament qui se positionne sur le marché, aussi porteur que convoité, des maladies inflammatoires chroniques de l'intestin (MICI).

Un marché qui vaut des milliards

Ces pathologies, qui comprennent notamment la rectocolite hémorragique ou la maladie de Crohn, sont en constante augmentation dans les pays à hauts revenus et pèsent lourds sur les systèmes de santé.

Les principaux traitements comprennent des anti-TNF alpha, une famille de molécules bousculée en 2019 par l’Entyvio (vedolizumab) de Takeda qui offre une meilleure réponse clinique. « Le marché total des MICI représentait 10,3 Mrds $ en 2016 et pourrait atteindre 14,3 Mrds $ en 2030 », analyse Véronique Foutel, dirigeante de Vision Consulting.

Sur ce marché total, les ventes d’Entyvio et de ses successeurs après 2024 représenterait 5,5 Mrds $. En s’appuyant sur une parité de prix et un produit d’Oncodesign qui prendrait 20 à 30 % des ventes du traitement de référence actuel, Véronique Foutel estime qu’ODS-101 offre un potentiel de ventes de 1 à 1,5 milliards de dollars, avec une mise sur le marché… à horizon 2029-2030.

Un montant qui en ferait un blockbuster mais une ligne d’arrivée encore bien lointaine. Car si son modèle et son chiffre d’affaires font d’Oncodesign une entreprise rassurante, dans le secteur à risque des biotechs, les investisseurs attendront impatiemment la signature d’un partenariat externe. Une condition indispensable pour qu’Oncodesign puisse faire progresser ce candidat-médicament vers les phases cliniques. La biotech ambitionne d’avoir trois produits en clinique, en 2023.

 

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