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« La stratégie d'Isochem est de se concentrer sur son coeur de métier »

Le groupe de chimie fine, spécialisé notamment dans la production pour l'industrie pharmaceutique, a amorcé un virage dans sa stratégie de croissance depuis 2010. Amélie Arboré, directrice commerciale et business development, et Yves Robin, directeur de la R&D et de l'industrialisation, en détaillent les principaux axes.

Industrie Pharma : Pouvez-vous présenter le groupe Isochem et son activité en quelques points ?

Amélie Arboré : Isochem est une société de chimie fine créée en 1974, et spécialisée dans la synthèse à façon de molécules complexes pour différents marchés et domaines d'applications. Anciennement filiale de la SNPE, Isochem appartient depuis 2010 au fonds d'investissement allemand Aurelius. Le groupe Isochem emploie 345 salariés et a enregistré un chiffre d'affaires consolidé de 58 millions d'euros en 2014 (filiale Wychem comprise). Environ 55 % de ces ventes sont réalisées à l'export, en particulier vers l'Amérique du Nord, l'Europe et l'Asie. Pour soutenir cette activité, Isochem s'appuie sur cinq sites industriels. Les usines de Gennevilliers, Vert-le-Petit, Pithiviers en France et Newmarket en Angleterre sont dédiées à la synthèse à façon avec des ateliers polyvalents, tandis que l'usine de Pont-de-Claix est focalisée sur quelques produits pour les marchés de spécialités et de l'agrochimie avec des ateliers dédiés.

 

Yves Robin : Isochem est spécialiste de la production d'actifs, d'intermédiaires de synthèse variés et de quelques produits de spécialité comme des vernis, trouvant des applications dans différents secteurs : pharmacie, santé animale, cosmétique, et autres industries utilisant des molécules complexes. Ces dernières années, la part de la chimie fine pharmaceutique dans notre activité s'est fortement développée. Ainsi, elle représente aujourd'hui près de 65 % du chiffre d'affaires. En termes de capacités techniques, nous proposons à nos clients de prendre en charge aussi bien les réactions classiques de synthèse (condensation, couplage, chimie chirale, catalyse, etc.) que des opérations qui nécessitent un haut niveau de maîtrise des risques (phosgénation, réduction à l'aide d'hydrures complexes ou de diborane, nitration, etc.).

 

Quelle est la stratégie de développement du groupe sur le secteur de l'industrie pharmaceutique ?

A.A. : Notre stratégie est de nous concentrer sur notre coeur de métier : chimiste industriel pour l'industrie pharmaceutique en proposant des principes actifs, des excipients et des intermédiaires de synthèse. Une diversification vers la formulation et la galénique n'est pas d'actualité. Le développement de l'activité, que ce soit par croissance organique ou externe, s'appuie sur deux axes : d'une part, la fabrication à l'échelle industrielle pour les produits commerciaux ou en phase de développement avancée, et d'autre part, la synthèse à façon à l'échelle laboratoire et au pilote pour des nouveaux actifs en phase développement clinique. Isochem développe son outil de production par des investissements liés à l'augmentation de la productivité et à l'accompagnement des évolutions réglementaires et technologiques. Les équipes de production et celles en charge de l'assurance qualité ont été renforcées pour accompagner le développement de l'activité et les évolutions en matière de référentiel GMP et de standards de la FDA et l'EMEA. Nous avons également renforcé nos équipes en R&D et en gestion de projet pour répondre à la demande croissante du marché pour de nouveaux principes actifs.

Un autre axe de développement est la diversification de notre offre en matière de gamme de produits et de capacité de production. Ce volet est parfaitement illustré par le rachat en 2012 de la société Wychem basée au Royaume-Uni et spécialisée dans les dérivés halogénés et aromatiques pour l'industrie pharmaceutique. Cette opération a renforcé notre catalogue d'intermédiaires et a permis au groupe d'acquérir des installations de production allant jusqu'à la tonne, la société étant positionnée historiquement sur de plus gros volumes.

 

Quels sont les autres atouts sur lesquels Isochem peut s'appuyer pour se développer?

Y.R. : Comme évoqué par Amélie, Isochem s'appuie sur l'aspect qualitatif de son offre. Il s'agit d'accompagner les clients dans leurs projets en leur faisant bénéficier d'un outil de production performant et d'un approvisionnement de qualité fiable et pérenne. Isochem dispose de sites polyvalents en matière de procédés de production pour s'adapter à la demande des clients. Isochem propose également des technologies qui lui permettent de se démarquer de ses concurrents. Par exemple, les réactions à basse température, les procédés d'hydrogénation à haute pression (40 bar), utilisés notamment pour la chimie chirale, la chimie fine à base de phosgène. Récemment, nous avons enrichi notre offre de dérivés du phosgène GMP avec un distillateur à film mince.

Au-delà de la production industrielle, nous proposons également des services, tels que de la R&D, du développement de procédés, de la montée en échelle, du support réglementaire, en d'autres termes tout ce dont un laboratoire pharmaceutique ou une société innovante a besoin pour le développement d'une nouvelle matière active en essais cliniques. Au-delà de ses compétences métiers, Isochem dispose d'un atout supplémentaire : savoir créer une relation de confiance avec ses clients. Cela s'appuie sur la communication et la transparence.

 

Comment voyez-vous le marché actuellement et quelles sont les perspectives de croissance pour Isochem dans ce contexte ?

A.A : L'intensité concurrentielle sur le marché de la chimie fine est toujours forte. Néanmoins, les acteurs de la chimie fine européenne constatent une nette reprise de la demande liée, d'une part, à l'innovation retrouvée de l'industrie pharmaceutique, et d'autre part, à un rééquilibrage des stratégies d'approvisionnement entre la zone Asie et l'Europe. En effet, face au durcissement des règlements en production pour la pharmacie, les grands laboratoires pharmaceutiques et les start up biotech souhaitent désormais limiter leurs risques en s'appuyant sur des partenaires pérennes, capables de répondre aux exigences les plus strictes en matière de qualité et de sécurité. Une tendance qui nous permet d'envisager l'avenir sereinement. En 2015, la part des nouveaux produits représentera 35 % du chiffre d'affaires et nous gardons une ambition de croissance annuelle supérieure à 10 %.

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