Nous suivre Industrie Pharma

À PITHIVIERS, AURÉLIE DUREUIL

Sujets relatifs :

, ,

LA PLATEFORME EMPLOIE ENVIRON 280 PERSONNES SUR TROIS SITES DISTINCTS.

© © Polepharma

Axyntis, 3M et Isochem possèdent des sites industriels voisins à Pithiviers. Ils ont ouvert leurs portes pour faire connaître leurs différents savoir-faire en matière de chimie fine pharmaceutique.

Le Cluster Polepharma et la division Centre de l'Union des industries chimiques ont organisé conjointement une visite de la plateforme de chimie fine de Pithiviers (Loiret), « la deuxième plateforme en France à associer autant de capacités », selon les organisateurs. A une centaine de kilomètres de Paris, les usines de 3M, Isochem et Axyntis sont voisines. « Nous sommes en concurrence entre voisins mais la concurrence principale est à l'extérieur », souligne David Simonnet, vice-président Fournisseur de Polepharma et directeur général d'Axyntis. L'organisation de cette journée a eu pour objectif de faire connaître les capacités françaises de chimie fine pharmaceutique avec cette question posée par le vice-président fournisseur de Polepharma : « La France veut-elle rester une terre de production industrielle de médicaments dont la chimie est un maillon stratégique ? ». Il dresse un constat positif : « nous ne sommes pas les seuls à nous poser cette question ». Il cite notamment des leviers « repris par plusieurs acteurs clés » : « valoriser la production industrielle européenne en explicitant les lieux de production » et « par la valorisation des critères environnementaux et sociaux ». Emmanuel Huet, président de l'UIC Centre, a ainsi détaillé la volonté de « créer une réunion pour présenter l'activité dans la région Centre ». Le secteur de la chimie représente 9 200 salariés dans la région avec 234 établissements. A Pithiviers, Axyntis, Isochem et 3M emploient respectivement 90, 106 et 80 personnes.

David Simonnet rappelle néanmoins l'existence de freins pour « préserver les volumes de production en France ». « La perte de compétitivité et des marges qui ont diminué d'un tiers au cours des dernières années limitent les investissements. De plus, la France manque d'entreprises de taille moyenne qui puissent exporter », déplore-t-il. Le vice-président Fournisseur de Polepharma insiste alors sur l'importance du « travail en réseau au niveau privé mais aussi public. Nous devons promouvoir nos activités pour que nos interlocuteurs aient la connaissance de nos métiers ». La journée organisée par Polepharma et l'UIC Centre a ainsi regroupé une quarantaine de personnes pour des visites de chacun des trois sites de chimie fine. Avec chacune leurs spécificités, les trois usines GMP partagent certains éléments de sécurité. Ainsi, des réunions trimestrielles sont organisées sur la thématique HSE. Elles partagent également un Plan de prévention des risques technologiques (PPRT), lié au classement Seveso seuil haut de l'usine Isochem. Les thématiques de la sécurité et de l'environnement ont également été rappelées par Emmanuel Huet (UIC). Il cite notamment la remise des Trophées de la chimie responsable qui s'est tenue en 2012 en région Centre. L'usine Isochem a été lauréate dans la catégorie Intégration locale. D'autres catégories ont concerné la santé et l'environnement. Par ailleurs, l'UIC Centre a initié en novembre 2010 une démarche régionale Suschem, plateforme technologique européenne pour une chimie durable. « Deux groupes travaillent sur les procédés éco-efficients et sur les matières premières renouvelables et l'économie biosourcée », détaille Emmanuel Huet. Là encore le réseau a été développé et la démarche en région Centre implique les industriels de la chimie mais également les clusters comme Polepharma, la Cosmetic Valley, Valbiom Centre, etc. La chimie fine de Pithiviers se montre ainsi mobilisée pour promouvoir son savoir-faire en France et à l'international.

Axyntis multiplie les projets

Alors que le chiffre d'affaires de l'activité chimie fine a doublé depuis 2010, David Simonnet, dg d'Axyntis a détaillé les multiples projets pour son site Orgapharm de chimie fine pharmaceutique de Pithiviers (Loiret). Le projet le plus avancé représente un million d'euros d'investissement sur le site de Pithiviers. « Notre partenariat avec Kiralya se termine avec l'arrêt de l'activité de la société. Nous reprenons l'outil industriel pour créer cette activité de chromatographie sur notre site », détaille David Simonnet. Kiralya est spécialisé dans la chromatographie et la purification. L'installation devait débuter durant l'été au sein de l'unité pilote. Une colonne de chromatographie de 450 mm de diamètre sera installée dans une salle blanche pour être opérationnelle « courant octobre-début novembre », selon le dirigeant qui souhaite ainsi créer « une offre alternative de chimie et de chromatographie ». Cette nouvelle activité nécessite dans un premier temps trois embauches qui pourraient être suivies de deux à trois recrutements, selon David Simonnet. Il annonce également être en cours de finalisation d'une coentreprise avec une société japonaise pour « fabriquer des produits finis dans un autre domaine que la pharmacie ». « Il y aura des synergies entre ces deux nouvelles activités », souligne le dirigeant. Il indique par ailleurs que pour cette activité de chimie, l'investissement et les embauches devraient être du même ordre que pour la chromatographie. « L'acquisition de ces deux nouvelles technologies permet d'élargir notre compétitivité sur les dérivés chiraux à plus forte valeur ajoutée », se félicite David Simonnet. Le site Orgapharm, qui compte actuellement 90 salariés, devrait ainsi passer en 2014 la barre des 100 employés. L'usine, qui affiche un chiffre d'affaires de 19 millions d'euros en 2012, dispose de 90 m3 de volume réactionnel, des laboratoires de R&D et un atelier pilote. Classé Seveso II seuil bas, le site cGMP est inspecté FDA et ANSM. En termes de production, il compte 30 réacteurs de 800 à 6 000 litres permettant à Axyntis de réaliser une chimie très variée en termes de réactions (bromation, chlorhydratation, cyclisation, etc.). Sur le site, 50 molécules (intermédiaires et principes actifs) sont produites en impliquant 160 stades isolés. A.D.


Isochem, un site spécialisé dans l'hydrogénation

« Nous savons faire de la chimie dite « dangereuse » avec des capacités qui vont du laboratoire à la phase industrielle », se félicite Xavier Jeanjean, directeur commercial d'Isochem. Avec 450 m3 de volumes réactionnel dont 270 m3 en GMP, le site de Pithiviers (Loiret) est spécialisé dans la synthèse à façon multiétape. Eric Pes-lherbe, directeur de l'établissement, cite notamment « une synthèse à 18 étapes successives ». Le site, qui emploie 106 personnes, s'étend sur environ 2,2 hectares. Il compte quatre ateliers de production chimique, un atelier de séchage, un laboratoire de contrôle qualité, un laboratoire de R&D ainsi qu'une unité de traitement des déchets liquides. Isochem souligne son expertise dans les étapes de réduction, notamment dans l'hydrogénation. Le site dispose ainsi d'une installation d'hydrogénation haute pression (jusqu'à 40 bar) sous condition GMP. « Nous sommes les seuls à disposer de cette technologie en France », indique Eric Peslherbe qui souligne l'avantage de ce type de réaction catalytique d' « être assez propre ». L'usine Isochem de Pithiviers compte 25 réacteurs de 1 000 l à 10 000 l ainsi que six réacteurs d'hydrogénation et trois sécheurs rotatifs sous vide. Il fabrique 25 à 30 produits différents dont cinq principes actifs pour des injectables pharmaceutiques. Construit en 1977, il est classé Seveso seuil haut depuis 2005 et fait l'objet d'un Plan de prévention des risques technologiques (PPRT). Si aucun investissement d'envergure n'est prévu, Yves Robin, directeur Innovation d'Isochem, souligne : « nous investissons régulièrement en termes d'environnement et également pour augmenter la productivité ». A.D.


3M cherche à se diversifier

Unique site de chimie fine pharmaceutique de 3M dans le monde, l'usine de Pithiviers (Loiret) affiche son expertise dans des réactions chimiques telles que l'halogénation, l'oxydation, l'hydrogénation, etc. Le site fabrique des principes actifs, des lots pour des médicaments en développement pour les tests toxicologique et cliniques, développe des tests microbiologiques et assure le service après-vente des dispositifs médicaux de 3M. Créé en 1967, le site de 6,5 hectares compte 80 personnes. La totalité de la production, sous forme de poudre, est exportée en Europe, aux États-Unis et au Japon. « Nous fabriquons cinq principes actifs majoritaires qui sont ensuite expédiés soit dans des usines 3M qui les formule pour le compte de tiers, soit à des clients. Il s'agit de principes actifs pour un antibactérien et des traitements de l'arythmie cardiaque, l'asthme de crise, la douleur sévère et l'herpès dermatologique », indique Jérôme Tournayre, directeur du site 3M de Pithiviers. L'usine affiche des capacités d'environ 200 tonnes par an de produits finis et d'intermédiaires. « Nous investissons environ un million d'euros chaque année, majoritairement pour l'amélioration de la qualité environnementale, l'hygiène et la sécurité. Le reste est consacré à divers projets d'amélioration des capacités et de la productivité », note le directeur du site. Les travaux portent notamment sur les réactions de concentration, de dilution, etc. Jérôme Tournayre cite par exemple les travaux sur le recyclage des solvant, et notamment les solvants de nettoyage. La consommation d'énergie fait également l'objet d'améliorations avec, par exemple, l'optimisation des chaudières. Outre les quatre ateliers de chimie fine en fonctionnement, l'usine 3M compte des capacités pharmaceutiques inactives depuis la vente de cette activité par 3M. Ainsi, 2 500 m2 de salles blanches ISO 7 et ISO 8 ainsi que 2 500 m2 de salles « pharma conventionnelle » sont aujourd'hui inutilisées et aptes à recevoir des projets de clients. « Nous sommes en recherche de projets car nous avons des capacités en pharmacie », indique Jérôme Tournayre. A.D.


Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Les nouvelles règles de bonnes pratiques de distribution (BPD) ont été publiées au Journal officiel de l'Union Européenne le 7 mars 2013. Elles renforcent les exigences de sécurité afin de maintenir la qualité et l'intégrité des médicaments, à[…]

01/10/2013 | RéglementaireLogistique

Plus d'articles