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La pharmacie japonaise met le cap à l'ouest

Le pays du soleil levant lorgne vers le couchant. Depuis janvier, le montant total des acquisitions des entreprises japonaises à l'étranger a atteint 42 milliards de dollars (29 Mrds €) selon Thomson Reuters. Soit le double du total en 2007. Et la pharmacie japonaise y contribue largement. En neuf mois, c'est la quatrième acquisition majeure qui secoue le secteur mondial. En décembre dernier, Eisai, numéro 4 japonais, reprenait l'Américain MGI pour 3,9 Mrds $ (CPH n°406). En avril, le leader Takeda mettait la main sur Millenium Pharmaceuticals pour 8,8 Mrds $ (CPH n°419). En juin, Daiichi Sankyo, numéro 2, lançait son offre sur le leader indien Ranbaxy pour un montant oscillant entre 3,4 et 4,6 Mrds $ (CPH n°427). Et en cette rentrée, Shionogi, sixième laboratoire japonais, propose de racheter l'Américain Sciele Pharma pour 1,42 Mrd $. La tendance est représentative. Relégués au-delà du top 15 de la pharmacie mondiale, les laboratoires japonais affichent une soif d'expansion légitime. Sans doute trop isolés sur leur marché intérieur, pourtant le 2e mondial avec 58,5 Mrds $ en 2007. Ce n'est donc pas un hasard si leurs yeux se tournent avant tout vers l'Ouest, vers le premier marché que sont les états-Unis. C'est la raison principale de l'opération menée par Shionogi. Le laboratoire n'a jamais caché son intérêt pour les 770 visiteurs médicaux que recense Sciele au sein de son effectif de
920 employés. D'ailleurs, l'offre ne projette aucune suppression d'emplois du côté de l'Américain. Shionogi a réalisé au Japon plus de 82 % de ses 214,3 Mrds de yens (1,4 Mrd €) de chiffre d'affaires sur son exercice fiscal 2007-2008, clos le 31 mars dernier. L'Europe totalise seulement 15 % de ses ventes. Quant aux revenus nord-américains, ils sont dilués avec la part Asie et reste du monde qui a affiché moins de 3 % du chiffre d'affaires. Avec une seule filiale aux états-Unis, Shionogi n'avait donc jusque-là que peu de marge de manœuvre. Ce qui peut expliquer le prix élevé de la proposition japonaise. Certes, avec cette offre amicale à 1,42 Mrd $, Shionogi met, en valeur absolue, la barre un peu moins haute que ses compatriotes. Mais cela représente presque son chiffre d'affaires annuel. Avec un prix de 31 dollars par action pour l'ensemble du capital, c'est une prime offerte de 61 % sur le cours de Bourse de Sciele à l'heure de l'annonce. D'autant que l'Américain ne pèse pas non plus encore très lourd, avec un chiffre d'affaires de 382 M$ généré l'an dernier.
Outre la force de frappe commerciale nord-américaine, Shionogi, spécialiste des antibiotiques, s'intéresse aussi au portefeuille et au pipeline de sa cible. Sciele est un spécialiste des maladies cardio-vasculaires, du diabète, de la santé féminine, et détient des produits pédiatriques. Shionogi estime que cinq produits pourraient être lancés à partir du pipeline de l'Américain avant 2010. Notamment deux produits à fort potentiel comme l'anti-hypertenseur CloniBID (clonidine) qui cible un marché potentiel de 800 M$ ou le PSD502, contre l'éjaculation précoce, qui cible les 600 M$. Du côté de Sciele, l'offre tombe à point nommé. Son produit phare, l'anti-hypertenseur Sular (nisoldipine) a perdu son brevet et est menacé par les génériques, et il n'a pas encore lancé une nouvelle forme tout juste approuvée. n Julien Cottineau

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