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La pétrochimie japonaise impactée

Julien Cottineau

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Dix jours que le Japon n'en finit pas de panser ses plaies. Au 18 mars, une semaine après le dramatique séisme suivi d'un gigantesque tsunami, le bilan provisoire s'élevait à 7000 morts, plus de 10300 disparus, et quelque 2400 blessés. Au-delà du désastre humain, ces catastrophes ont évidemment un impact sur l'économie japonaise. Selon des analystes japonais cités par ICIS, le désastre pourrait coûter jusqu'à 200 milliards de dollars. Les réactions en chaîne, dont les graves difficultés affectant la centrale nucléaire de Fukushima depuis le 11 mars, ne sont évidemment pas sans conséquence sur l'outil industriel du pays. Les installations et les productions pétrochimiques n'échappent pas à la règle dans l'archipel. Dans la partie nord-est du Japon, touchée de plein fouet par le séisme et le tsunami, de nombreuses unités ont automatiquement arrêté leurs productions grâce à leurs systèmes de sécurité anti-sismiques. Outre les dégâts matériels, l'industrie chimique se trouve confrontée, dans les zones sinistrées, à la forte dégradation des infrastructures environnantes : installations portuaires voire des ports entiers ravagés, accès ferroviaires et routiers très dégradés. De quoi sérieusement paralyser à la fois les approvisionnements et les départs de produits et matières. De plus, les alimentations en électricité sont perturbées en raison du parc nucléaire endommagé.

« 23% des capacités totales d'éthylène paralysées »

Les informations parcellaires rendent difficile d'établir une photographie exhaustive des difficultés actuelles sur les sites chimiques au Japon. En amont, 22 % de la capacité globale de raffinage du pays s'est retrouvée paralysée. En aval, quatre des six vapocraqueurs de la région directement touchée par les catastrophes, ceux de Mitsubishi Chemical sur le site de Kashima, celui de Maruzen Petrochemical sur le complexe de Chiba, et celui de JX Nippon Oil et Energy à Kawasaki, n'avaient toujours pas pu redémarrer en fin de semaine dernière. Ce qui représente des capacités d'éthylène de 1,81 million de tonnes par an à l'arrêt, soit 23 % des capacités totales du Japon. 14 % des capacités japonaises de polyéthylène (PE), 37 % des capacités de propylène FCC, ou encore 25 % des capacités de polypropylène seraient aussi suspendus, selon ICIS. La plateforme de Kashima reste la plus fortement touchée. En plus de ses deux vapocraqueurs, Mitsubishi Chemical a dû y stopper ses unités d'aromatiques, d'éthylène glycol ou encore de phénol. Les unités de polyuréthanes de Mitsui Chemicals sont à l'arrêt depuis le 11 mars, tout comme celles de soude d'Asahi Glass ou l'usine de 550 000 t/an de PVC de Shin-Etsu. Certains groupes internationaux sont aussi affectés. L'unité de résines échangeuses d'ions de Dow à Soma a été inondée. La coentreprise Teijin DuPont Films a dû suspendre ses productions sur ses sites d'Utsunomiya et d'Ibaraki. Cabot, dont les sites de noir de carbone ont échappé à de gros dégâts, reconnaît souffrir des coupures temporaires d'électricité. Si les conséquences sont directes pour le Japon, les effets commencent de se faire ressentir sur les marchés asiatiques, notamment en Chine pour les approvisionnements en paraxylène. Dix jours après la catastrophe, les conséquences des difficultés actuelles des productions pétrochimiques japonaises ne peuvent encore être évaluées et surtout pas chiffrées. Ni pour le Japon, ni pour le reste du monde.

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