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Patrick Hibon de Frohen : « Là où est l'amour des humains est aussi l'amour du métier »

La rédaction

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La chronique de Patrick Hibon de Frohen Administrateur du BIO3 Institute ceopc@laposte.net

Un des thèmes majeurs qui occupent à l'évidence notre industrie (Voir le précédent numéro de ce magazine, les congrès de Polepharma, de la SFSTP, d'A3P, des PPP de l'IMT et du Grepic, etc.), est celui de l'usine du futur ou industrie 4.0. Après la mécanisation, le pouvoir de l'eau et de la vapeur (1.0), celui de l'électricité et la production de masse sur ligne d'assemblage (2.0) et celui des ordinateurs et de l'automatisation (3.0), vient celui du « Cyber Physical systems » (4.0).

Or il est à remarquer qu'aucune de ces révolutions industrielles n'a véritablement intégré la dimension humaine, encore moins celle des formations qui s'y rattache. Bien que l'apparition du concept la QVT (Qualité de vie au travail) remonte aux années 70, il est à noter que, selon les études les plus récentes, « le coût du mal-être en entreprise est considérable ». En France, il est estimé à plusieurs dizaines de millions de journées de travail perdu par an. Il faut bien reconnaître que nos partenaires sociaux sont toujours, pour les uns, dans une approche de luttes des classes, et pour les autres, dans un ultra-libéralisme où le facteur humain est une variable d'ajustement.

Dans notre beau pays, le préalable à toute discussion, se concrétise pour et par les syndicats, la plupart du temps, par des grèves anticipées ou « préventives » (123 jours de grève pour 1 000 salariés en 2016 en France, contre 7 en Allemagne, et 1 en suisse !), et au niveau de l'entreprise, par certains dirigeants, voire par leurs DRH (si, si j'en connais !) qui ont plus « d'appétit que d'affectif », autrement dit, qui sont plus préoccupés par leur carrière personnelle que par la réussite de l'entreprise qu'on leur a confiée, et encore moins par le bien-être de leurs collaborateurs (QVT). Je n'en veux aussi pour preuve que nous assistons de plus en plus à un « mercato » des dirigeants, à l'image de ce qui se passe dans l'univers footballistique. Quant à l'État, le préalable est la menace ou l'application à coup (voire à coût) d'ordonnances.

À l'inverse, bon nombre de pays européens ont depuis longtemps compris qu'un vrai dialogue et progrès social, des formations qui accompagnent ces évolutions, sont des préalables à tout progrès et performance industrielle. Car comme le disait déjà Jean Bodin, philosophe français du XVIe siècle, « Il n'est de richesses que d'hommes ». Comment s'étonner alors que leurs balances commerciales soient excédentaires ?

L'industrie 4.0, en France, doit donc, au risque d'échouer et/ou de réveiller des révolutions sociales, intégrer des changements de pensées et d'actions en prenant d'abord et avant tout en compte que « Là où est l'amour des humains est aussi

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