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La nanomédecine affûte ses solutions

Aurélie Dureuil

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La nanomédecine affûte ses solutions

Mode d'action de la technologie NanoXray développée par Nanobiotix.

© Nanobiotix

LE DÉVELOPPEMENT DES NANOTECHNOLOGIES CONCERNE DIFFÉRENTS SECTEURS, ET NOTAMMENT CELUI DE LA SANTÉ. LES NANO-OBJETS OFFRENT AINSI DE NOUVELLES PERSPECTIVES POUR LES TRAITEMENTS DU CANCER.

La journée mondiale du cancer début février a été l'occasion de détailler les avancées de la nanomédicine et de donner des exemples d'applications dans le domaine de l'oncologie. Laurent Levy, p-dg de Nanobiotix et vice-président de la Plateforme technologique européenne de nanomédecine (ETPN), a d'abord défini la nanomédecine comme « l'application de nanotechnologie pour le développement d'applications de rupture dans le domaine de la santé. La nanomédecine exploite les meilleures et souvent nouvelles propriétés physiques, chimiques et biologiques des matériaux à l'échelle nanométrique. Elle a le potentiel de permettre une détection et une prévention précoce, et d'améliorer le diagnostic, le traitement et le suivi des maladies ». Les avancées sur les nanotechnologies ont permis de « fabriquer des objets à taille suffisamment petite pour entrer dans les cellules et agir avec le vivant », s'est félicité le vice-président de l'ETPN avant de préciser : « Les nanotechnologies ce sont des objets que nous allons manipuler mais à l'échelle de la cellule. Nous allons pouvoir définir des fonctions comme chauffer, transporter, etc. ». Une étude réalisée par GroupH pour Nanobiotix avait estimé « le potentiel de marché de 5 à 6 milliards d'euros à l'horizon 2031 sur la base d'une cible totale de près de 1 million de patients dans les sept marchés les plus importants en oncologie (États-Unis, Japon, Allemagne, France, Angleterre, Italie et Espagne) », pour les produits de la société française. « La nanomédecine permet d'élargir les options thérapeutiques pour les patients en développant de nouveaux types de médicaments où les nanoparticules peuvent être, elles-mêmes, la solution thérapeutique et ainsi amener de nouveaux modes d'action purement physique à l'échelle de la cellule », selon l'ETPN. L'organisation européenne qui regroupe une centaine de membres a pour objectif « d'amener plus de produits aux patients de manière plus efficace », selon Laurent Levy. Créée en 2005 et constituée d'une centaine de membres, la plateforme européenne a identifié 77 produits de nanomédecine commercialisés et plus de 70 en phase d'essais cliniques, pour toutes les aires thérapeutiques. « Le nombre de produits de nanomédecine entrant en phase préclinique est en progression », note Laurent Levy. Parmi ces produits, un certain nombre concerne le traitement de cancer. « Le cancer est une maladie de la cellule ce qui signifie beaucoup de difficultés dans les traitements », a souligné Amaury Martin, secrétaire général du Clara (Cancéropôle Lyon Auvergne Rhône Alpes). Le pôle qui fête ses 10 ans a lancé en 2005 un programme « preuve de concept ». Le 1er projet financé en 2009 a porté sur la démonstration de la preuve de concept de nanomolécules. Il implique Nanobiotix et l'Inserm. Amaury Martin a rappelé que, en France chaque année, 250 nouveaux cas sont diagnostiqués et qu'on recense 150 000 décès. Les traitements reposent actuellement sur la chirurgie la radiothérapie, la chimiothérapie, l'hormonothérapie et l'immunothérapie. « Nous avons beaucoup avancé mais il faut encore développer de nouvelles choses. Les traitements de demain seront interdisciplinaires », note-t-il. C'est dans cette approche que s'inscrit la nanomédecine.

Des applications multiples

Deux exemples d'applications ont été présentés. Le premier concerne la radiothérapie. Bo Lu, professeur au département de Radio-oncologie et directeur du département Division de radiobiologie moléculaire de l'Université Thomas Jefferson de Philadelphie (Pennsylvanie, États-Unis) a ainsi décrit les perspectives amenées par la nanomédecine dans ce domaine. « La radiothérapie remplit un rôle primordial dans la stratégie médicale anticancéreuse », note-t-il. Avant de citer les cas nombreux de patients ne pouvant pas recevoir les doses requises. « Ils ne répondent pas, ou insuffisamment aux traitements ou encore développent des résistances », ajoute le chercheur. Durant la dernière décennie, des approches associant radiothérapie et chimiothérapie ont été développées. L'essor de la nanomédecine fournit maintenant de nouvelles alternatives. Des essais cliniques sont en cours sur des nanoparticules qui entrent dans la cellule tumorale. « Lors de leur exposition aux radiations ionisantes, les nanoparticules génèrent une grande quantité d'énergie à l'intérieur même de la masse tumorale, provoquant des lésions complexes de l'ADN des cellules cancéreuses qui déterminent leur destruction », indique Bo Lu. Une autre application de la nanomédecine concerne la vectorisation du principe actif. « La première génération de ces médicaments avait pour objectif de concentrer le principe actif dans une zone pour éviter la toxicité sur le reste du corps », indique Elias Fattal, Professeur de Pharmacotechnie à la Faculté de Pharmacie Châtenay-Malabry au sein de l'Université Paris Sud 11 Il. La taille de ces nano-objets qui encapsulent le principe actif leur permet de circuler dans les vaisseaux sanguins. Et les recherches visaient à amener le principe actif au plus près de la tumeur. Des traitements sont actuellement en phase d'essais cliniques avancés et certains sont déjà sur le marché, comme Abraxane ou Doxil. La deuxième génération, nommée vectorisation active, concernera des objets qui reconnaîtront un seul type de cellule. « Il s'agit d'un des défis que nous essayons de surmonter : gagner en sélectivité et en affinité », indique le chercheur. La future génération devrait également inclure le theranostic. « Dans ces objets, si on ajoute l'anticancéreux, l'agent de contraste et le ligand, on va pouvoir contrôler par imagerie qu'ils ont bien atteint leur cible grâce au ligand pour libérer le principe actif par une action physique comme chauffer ou des rayons », prévoit Elias Fattal.

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