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La lente ascension des émergents

Sylvie Latieule, Rédactrice en chef

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La lente ascension des émergents

Longtemps l'Europe a été le premier marché pharmaceutique mondial, suivi par les États-Unis et le Japon. Les émergents étaient alors considérés comme des marchés à forte croissance, mais leurs trop faibles volumes n'étaient pas de nature à détrôner le trio de tête. Mais à force de croissance, la donne est en train de changer. A horizon 2016, ces marchés émergents vont finir par représenter 40 % du marché pharmaceutique mondial, selon une récente étude du cabinet Roland Berger.

« Les marchés émergents joueront un rôle important ces prochaines années, puisqu'ils conduiront la croissance mondiale du marché pharmaceutique », avertit Patrick Biecheler, associé en charge des activités Pharmacie/santé. Tandis que le marché pharmaceutique se développera en moyenne de 4,5 % par an à horizon 2016, la croissance des marchés émergents sera de presque 12 % par an. La Chine, le Brésil, l'Inde et la Russie devraient même connaître une croissance supérieure à la moyenne. Certes, dans ces zones, les marges restent encore inférieures à celles enregistrées dans les zones matures car les revenus proviennent essentiellement de la vente de médicaments non protégés par des brevets. Mais dans le même temps, sur ces marchés matures, la tentative de se recentrer sur l'innovation et des produits à plus forte valeur ajoutée n'a pas correctement fonctionné. L'étude estime que les coûts de R&D ont augmenté de plus 80 % dans le monde au cours des 10 dernières années, alors que le nombre de lancements de nouveaux produits a chuté de 43 %. « Le retour sur l'investissement dans le domaine de la R&D est plus ou moins négatif », note l'étude.

Face à ce changement, les entreprises pharmaceutiques n'ont d'autres choix que de repenser leurs stratégies pour s'adapter à des marchés de plus en plus difficiles. « Il n'y a pas de stratégie miracle », avertit Patrick Biecheler. « Les laboratoires pharmaceutiques doivent être en mesure d'articuler différents business models au sein d'un même marché, tout en conservant un pilotage central à même d'assurer une planification robuste et des économies d'échelle. »

Si l'on en croit le cabinet, quatre modèles se dessinent selon que l'on cherche à commercialiser des produits nouveaux ou établis, dans des pays émergents ou matures. Chacun de ces modèles exigeant une maîtrise plus ou moins forte des compétences scientifiques, d'accès au marché, de commercialisation et de production/distribution.

Dans tous les cas, l'étude constate que la compétence scientifique devra être repensée dans une logique de coopération pluridisciplinaire accrue associant l'industriel, l'académique et le politique. Les opérations commerciales et productives devront apprendre à faire davantage de « low cost »ou plus précisément de « right cost », ce qui poussera les laboratoires à atteindre une taille critique supposant des partenariats industriels. Enfin l'accès au marché restera, toutes géographies confondues, encore très centré sur le prix et le remboursement du seul médicament, pendant que les attentes évolueront vers la délivrance de « solutions de santé ».(Au cœur de ce nouveau paradigme, l'étude de Roland Berger estime que l'un des facteurs-clés de succès résidera dans la mise en place de coopérations originales. Ce sera pour l'industrie pharmaceutique une autre façon d'envisager l'innovation.


A l'horizon 2016, la croissance des marchés émergents sera de presque 12 % par an.

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