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La France veut miser sur la bioproduction

Laura Hendrikx

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Le mercredi 14 février, le Leem a dévoilé les résultats de l'étude d'AEC Partners, qui présente une cartographie de la bioproduction dans l'Hexagone.

« Développer une filière d'excellence pour ne pas rater le virage de la bioproduction. » Pour répondre à cet objectif, les Entreprises du médicament (Leem) se sont penchées sur les résultats de l'étude d'AEC Partners, qui recense les sites de production de médicaments biologiques en France. Celle-ci fournit un état des lieux de l'offre et des capacités de bioproduction, dans le but de « promouvoir, valoriser et contribuer au développement de l'offre sur le territoire national et faciliter la mise en relation entre donneurs d'ordre et acteurs souhaitant produire pour des tiers. »

Développer une offre unique pour accroître la visibilité de la France

Cette étude a recensé 32 sites de bioproduction en France, essentiellement concentrés en région Auvergne-Rhône-Alpes et dans le bassin francilien. La majorité de ces sites sont français : seuls les sites de Merck KGaA, Novartis et Octapharma appartiennent à des groupes étrangers. Sur les 32 recensés, 29 sont des sites de production « upstream » (réalisant la synthèse du produit biologique) et 3 sont des sites exclusivement « downstream » (sites impliqués uniquement dans les processus de purification). Ces derniers sont ceux du LFB de Lille (Nord) et de Novasep au Mans (Sarthe) et à Pompey (Meurthe-et-Moselle). Parmi les 29 sites de bioproduction « upstream », 12 produisent pour compte propre, 8 à la fois pour compte propre et tiers, 9 pour le compte de tiers. Les plus grands sites sont concentrés sur la production en propre.

L'outil de bioproduction est très contrasté entre des PME prestataires produisant essentiellement des lots cliniques et des grands groupes produisant en propre des lots cliniques et commerciaux. La moitié des acteurs sont de petite taille et n'ont pas la capacité de produire des lots commerciaux. En excluant la santé animale, 16 sites proposent la fabrication de lots cliniques pour des tiers, dont 6 qui proposent également des lots commerciaux. Mais sur ces 6 derniers, 3 d'entre eux n'en produisent pas actuellement. Parmi les structures en capacité de fabriquer des lots commerciaux, la France compte CellforCure et Yposkesi dans le domaine des thérapies cellulaires et géniques et ABL Europe et Sanofi Genzyme dans le domaine des vecteurs viraux. Sébastien Aguettant, président de Delpharm, a déploré cette faible production de lots commerciaux en France, malgré un savoir-faire bien présent. Autre constat : la France ne compte aucun grand acteur de référence. Patrick Errard, le président du Leem, a fait remarquer que cette dispersion de l'offre entraînait un manque de visibilité à l'international. Il propose donc de mettre en place une « offre unique complète pour amener la France à proposer une vitrine qui soit le point d'entrée des investisseurs potentiels » au travers d'un guichet unique qui serait le point de convergence de l'attractivité et des investissements en France. AEC Partners préconise également l'émergence d'un acteur de référence incontournable.

Maintenir les compétences en France pour produire plus de lots commerciaux

En ce qui concerne l'emploi, l'étude montre que les 32 sites de bioproduction représentent plus de 8 463 emplois directs, soit 19 % des emplois de la production pharmaceutique et 8,6 % de l'emploi total du secteur. Environ 7 900 personnes travaillent sur les sites de bioproduction « upstream ». Les quatre sites produisant uniquement des vaccins en propre (Sanofi Pasteur à Marcy l'Étoile, Neuville-sur-Saône et Val de Reuil, et Mérial à Saint-Priest) représentent 4 693 emplois soit 63 % des emplois de la bioproduction en France.

L'ensemble de la bioproduction exclusivement en propre représente 81 % des emplois. Les sites dédiés à la production pour des tiers ne représentent que 416 emplois de bioproduction, soit 5 % du total. Si la bioproduction génère moins d'emplois que la production de médicaments chimiques, l'étude souligne que le faible nombre d'emplois actuels en bioproduction ne garantit pas une place privilégiée de la France pour la bioproduction future de lots commerciaux pour les thérapies innovantes. Aux yeux de Patrick Errard, la solution serait de maintenir les compétences sur le territoire français, et de soutenir dans les écoles les filières spécifiques aux biotechnologies tout en poursuivant la formation des collaborateurs dans ces nouveaux métiers.

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