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La France manque d'attrait

Aurélie Dureuil

« Les quatre enjeux stratégiques de la recherche clinique » Patrice Zagamé, président de la commission des Affaires scientifiques du Leem

Le patient : « Le développement de la recherche clinique sur un territoire permet au patient d'accéder à des molécules innovantes, en moyenne 3 à 4 ans avant leur mise sur le marché. »

La santé publique : « Quand on investit en recherche clinique, on investit dans des structures. »

Le développement professionnel : « Il s'agit d'une réelle opportunité pour les médecins qui se forment aux technologies, aux méthodes les plus modernes. »

Un continuum : « Il ne peut y avoir de recherche fondamentale sans recherche clinique. »

La France manque d'attrait

Les essais cliniques de phases II augmentent par rapport aux phases III.

© © Sanofi

UNE ÉTUDE DU LEEM POINTE UNE DIMINUTION DU POURCENTAGE D'ÉTUDES SPONSORISÉES PAR L'INDUSTRIE PHARMACEUTIQUE EN FRANCE ENTRE 2006 ET 2010.

Les entreprises du médicament s'inquiètent du manque d'attractivité de la France en matière d'essais cliniques. Le Leem qui réalise tous les deux ans une étude sur le sujet a en effet publié les résultats de son enquête 2010. L'occasion de comparer avec les éditions précédentes. Et les résultats ne sont pas forcément favorables à la France. Le pourcentage d'études, sponsorisées par l'industrie pharmaceutique, proposées par les laboratoires pharmaceutiques à la France aurait diminué entre 2006 et 2010, passant de 70 % à 40 %. Les études de phases II et III réalisées dans l'Hexagone sont ainsi passées de 217 à 329 sur la même période, une faible augmentation au vu de l'évolution du nombre d'études réalisées dans le monde avec l'implication de l'Europe (de 439 en 2006 à 1 170 en 2010).

Plusieurs raisons sont avancées. Parmi les facteurs importants, Soizic Courcier, présidente du groupe Attractivité de la France pour les études cliniques du Leem, cite « notre capacité à démarrer un essai clinique ». Elle rappelle notamment les délais de signature des contrats hospitaliers. En 2010, le délai médian entre la soumission et la signature du premier contrat hospitalier était de 112 jours et de 225 jours pour le dernier contrat. « Un enjeu majeur est de réduire ce délai de signature », martèle la présidente du groupe. L'objectif serait d'atteindre 60 jours pour la signature du 1er contrat. Le chemin semble long. Néanmoins, ces dernières années, ce délai a déjà été réduit. Ainsi, entre 2006 et 2008, il est passé de 140 jours à 124,5 jours, soit une diminution de 11 %. Et, entre les deux années suivantes, le délai a encore été réduit de 10 %. « L'amélioration des délais de signature des contrats hospitaliers est encourageante et montre un effet positif des actions du CeNGEPS (ndlr, Centre national de gestion des essais de produits de santé) », note Soizic Courcier. Un autre facteur différenciant pour attirer l'attribution d'essais cliniques réside dans la vitesse moyenne de recrutement, c'est-à-dire le nombre de patients recrutés par centre et par mois. Sur ce point, la France avec une vitesse moyenne de 1,9 se situe sous la moyenne européenne (2,7), et loin derrière les pays de l'Est (4,5) et l'Asie (4,4), en tête du classement.

Pourtant, tous les indicateurs ne sont pas négatifs. Ainsi, l'enquête révèle une augmentation de la proportion d'essais cliniques de phases II par rapport aux phases III. Ce chiffre est passé de 30 % de phases II en 2006 à 38 % en 2008, puis 43 % en 2010. Cette évolution « montre que la technicité et les plateaux techniques amènent les maison-mères à confier des phases précoces », se félicite Soizic Courcier. « La France reste très forte et s'est développée dans les phases précoces, un signe excellent », ajoute Patrice Zagamé, président de la commission des Affaires scientifiques du Leem. De plus, la France « se distingue positivement dans les domaines de l'oncologie et des maladies rares », selon Soizic Courcier. L'oncologie et l'onco-hématologie représentent 30 % des études réalisées en France. De plus, à partir de l'analyse des dernières études, le Leem constate des améliorations sur la perception de l'organisation en recherche clinique. Si la France reste derrière le Royaume-Uni, la Scandinavie et l'Allemagne, « nous notons une amélioration. Il s'agit d'un signe positif vis-à-vis des actions mises en place par le CeNGEPS », se félicite Soizic Courcier. Pourtant, les efforts ne doivent pas s'arrêter. Comme le rappelle Soizic Courcier, « la place de l'Europe dans le paysage international est en régression. Seuls l'Allemagne et les pays de l'Est voient leur performance progresser. La percée amorcée en 2008 de l'Amérique latine et de l'Asie s'est confirmée ». Afin de poursuivre les efforts, Soizic Courcier propose « d'identifier et analyser les centres d'excellence français en recherche clinique afin de communiquer sur ces méthodes d'organisation ; sélectionner les facteurs-clés de succès par aire thérapeutique et tirer les leçons des meilleures expériences internationales (Scandinavie et Allemagne notamment) ; et standardiser les contrats hospitaliers avec la création de boîtes à outils adaptées aux différentes situations rencontrées ».

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