Nous suivre Industrie Pharma

La diversification assure la santé de Sanofi-Aventis

Julien Cottineau

Sujets relatifs :

, ,
La diversification assure la santé de Sanofi-Aventis

Les principaux médicaments de Sanofi-Aventis. CA en Mrds € en 2010

© Source : Sanofi-Aventis

Le leader français de la pharmacie récolte les fruits de sa stratégie de renforcement dans les pays émergents et l'OTC ces dernières années. Ces plateformes ont grandement contribué à des résultats satisfaisants en remédiant aux pertes infligées par les génériques et à la faiblesse du pipeline.

Le dossier Genzyme ne sera donc pas bouclé tout de suite. Alors que la presse financière internationale s'emballait début février en misant sur une acquisition imminente, Chris Viehbacher, directeur général de Sanofi-Aventis a estimé que ce « calendrier n'est pas réaliste ». A la suite d'un accord fin janvier avec Genzyme, le laboratoire français a entamé la revue de documents confidentiels de la biotech américaine, et pourrait, selon La Tribune, encore repousser son offre, toujours fixée à 69 dollars par action, qui court jusqu'au 15 février.

Le déblocage de la situation avec Genzyme aurait peut-être un peu plus satisfait les marchés à l'heure du bilan annuel présenté la semaine dernière. La perspective d'une baisse de 5 voire 10 % du bénéfice net par action en 2011 n'a pas vraiment séduit. Chris Viehbacher a pourtant essayé de rassurer les investisseurs en attestant de la « résilience et de l'adaptabilité » de Sanofi-Aventis. Malgré notamment un impact d'environ 2 milliards de dollars (1,5 Mrd €) dû aux génériques, le leader français a publié un chiffre d'affaires 2010 en hausse de 3,7 % sur un an, à 30,38 Mrds €. Le résultat opérationnel est ressorti en hausse de 5,3 %, à 12,03 Mrds €, pour un bénéfice net de 9,21 Mrds €, en croissance de 6,8 %. Des résultats plutôt bons en somme, mais qui masquent certaines faiblesses du portefeuille. Plus de la moitié des ventes provient des plateformes de croissance du groupe. En premier lieu, le chiffre d'affaires des pays émergents qui représente aujourd'hui 30 % du total du groupe, à 9,07 Mrds € pour une croissance de 16,3 %. Ce qui place ces marchés devant ceux de l'Amérique du Nord (8,97 Mrds €, en baisse de 8,4 %) et de l'Europe occidentale (9 Mrds €, en baisse de 8,8 %). L'Amérique latine affiche la plus grande progression et représente la première zone émergente du groupe (+32,4 %, à 2,74 Mrds €), notamment grâce aux grandes acquisitions menées au Brésil dans les génériques ces deux dernières années. Autre plateforme de croissance cruciale : l'OTC. L'an dernier, Sanofi-Aventis a acquis le géant américain Chattem (CPH n°492), les Chinois Minsheng (CPH n°496) et BMP Sunstone (CPH n°527). De quoi gonfler des ventes passées en un an de 1,43 à 2,22 Mrds €, soit une progression de 45,7 %. A périmètre et taux de change constants, la division Santé grand public du groupe a beaucoup moins crû en réalité (+6,2 %). D'autres plateformes comme les vaccins (3,81 Mrds €, +4,8 %) ou la division Diabète (4,3 Mrds €, +9,2 %), notamment grâce à Lantus (insuline glargine), blockbuster n°1 du groupe, ont permis d'assurer la progression des résultats. Car du côté des grands princeps, spécialité historique de Sanofi-Aventis, la situation est beaucoup moins réjouissante. Hormis Lantus, les trois principaux blockbusters (Lovenox, Taxotere et Plavix) se battent désormais contre les génériques, avec des pertes de marché plus ou moins sévères (voir graphique). Et aucun successeur de la même envergure ne semble s'annoncer dans le pipeline. L'anti-arythmique Multaq (dronédarone) mis sur le marché depuis un an, et malgré un bon début (172 M€ de ventes en 2010, soit une progression de 560 %), connaît par exemple des difficultés puisqu'il est aujourd'hui suivi de près par les autorités sanitaires américaines et européennes en raison de certains effets secondaires sur les fonctions hépatiques. En plus des génériques et du durcissement des autorités sanitaires pour les autorisations de mise sur le marché, Sanofi-Aventis est confronté aux effets de la réforme de santé aux États-Unis (290 M$ d'impact à prévoir en 2011) et aux baisses de prix sur les marchés européens (200 M€ de ventes tronquées). D'où l'importance de ses plateformes de croissance sur lesquelles il ne cesse d'investir et qui lui permettent de diversifier revenus et prises de risques. D'où l'importance, voire l'urgence, d'inclure un Genzyme dans son portefeuille pour s'assurer de nouveaux relais de croissance purement pharmaceutiques.

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Chloroquine/Covid-19 : « Je plaide pour son utilisation immédiate, très large, mais sous condition  »

Chloroquine/Covid-19 : « Je plaide pour son utilisation immédiate, très large, mais sous condition »

Créateur du Genopole d'Evry, qu'il a dirigé de 1998 à 2017, Pierre Tambourin nous livre ses réflexions sur l'utilisation de l'hydroxychloroquine dans la traitement du Covid-19. La pandémie de[…]

27/03/2020 | Coronavirus
Les « pharma papers » dénoncent 14 millions de liens d'intérêts

Les « pharma papers » dénoncent 14 millions de liens d'intérêts

Patrick Hibon de Frohen : Nouveaux métiers ou mutations et évolutions des compétences ?

Patrick Hibon de Frohen : Nouveaux métiers ou mutations et évolutions des compétences ?

Bioproduction : Les propositions du Leem pour renforcer la filière

Bioproduction : Les propositions du Leem pour renforcer la filière

Plus d'articles