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La commission de la SFSTP développe un outil d'aide à la décision

Sylvie Latieule

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LES MEMBRES DE LA COMMISSION

Franck Bonnardel, Sterigene

Christophe Bouzin, ITT Pureflo

Nicolas Dupic, Merck

Bernard Florence, ex-Lilly

Frédéric Groulard, Technochim

Addel Khadir, eKope Services

Olivier Manchon, GSK

Robert Néri, Sanofi

La commission de la SFSTP développe un outil d'aide à la décision

Le groupe rouging vient de faire la synthèse de deux ans de travaux.

© © SFSTP

PHÉNOMÈNE D'OXYDATION DES ACIERS INOXYDABLES, IL EST QUASI-INÉVITABLE DANS LES INSTALLATIONS EN CONTACT AVEC LES FLUIDES COMPENDIAUX CHAUDS. MAIS PEUT-IL AVOIR UN IMPACT SUR LA QUALITÉ DU PRODUIT ?

La SFSTP a organisé le 23 jan vier à Paris une session d'étude sur le thème du rouging. Cette réunion avait pour objectif de présenter une synthèse des travaux réalisés depuis 2 ans par une commission dédiée à ce sujet. Commission composée d'industriels de la pharmacie, d'équipementiers, mais aussi d'experts du rouging. Pour mémoire, le rouging est un phénomène de corrosion spécifique aux aciers inoxydables. Il se caractérise par une coloration des surfaces internes de certains équipements, du jaune au noir, en passant par l'orange et le rouge en fonction de l'importance du phénomène. Il n'y a pas de rouging dans l'eau froide, car le phénomène s'amorce à partir de 50-60 °C, a rappelé Abdel Khadir, président de la commission. En outre, il intervient dans tous les équipements qui sont en contact avec des eaux à usage pharmaceutique, à savoir l'eau pour injectables WFI, l'eau purifiée vrac et la vapeur pure. Sont donc concernés les réseaux de distribution de vapeur pure, et de distribution d'eaux chaudes à usage pharmaceutique (EPV, EPPIV), mais également les cuves de fabrication ou de stockage et divers types d'équipements (pompes, mélangeurs... ), dans la mesure où ils subissent des désinfections thermiques. Ce phénomène est révélateur d'une augmentation de la concentration d'oxydes de fer à la surface des aciers inoxydables, à la place des oxydes de chrome qui constituent naturellement une couche protectrice et renforcent ce caractère inoxydable (phénomène de passivation). Pour mesurer l'intensité d'un phénomène de rouging sur une installation, les professionnels ont à leur disposition une classification. La classe I correspond à une formation de couche d'oxyde de fer qui n'est pas adhérente et peut être éliminée par un simple essuyage au chiffon. D'ailleurs le « test du chiffon blanc » est l'une des façons de diagnostiquer le phénomène. Dans les rouges de classes II et III (rouge noir ou blacking), le dépôt se fait plus tenace et un essuyage ne suffit plus. En principe, le test au chiffon se révèle négatif. Par ailleurs, on peut commencer à observer un piquage de l'acier inoxydable.

C'est un phénomène généralisé qui touche la grande majorité des installations en contact avec des eaux chaudes à usage pharmaceutique. Et quasiment rien ne semble pouvoir l'arrêter, même si quelques règles font consensus : un bon choix d'acier inoxydable, un bon état de surface, un bon gaz d'inertage pour les opérations de soudage, une bonne mise en propreté des installations, avec des nettoyages, rinçages et flushing. « Il faut remettre à l'honneur la mise en propreté qui apporte un plus par rapport à la durée de vie des équipements », a déclaré Christophe Bouzin (ITT Pureflo).

Le danger du rouging est qu'il pourrait introduire une pollution métallique au cœur du médicament, c'est ce que l'on appelle le rouge migrant. Fort heureusement, la réglementation semble se montrer relativement pragmatique sur le sujet. En Europe, l'EMA ne donne aucune information ou recommandation sur le rouging, mais précise des limites acceptables de présence de métaux lourds dans le produit fini. La FDA américaine ne donne pas plus d'information ou de recommandation, si ce n'est au

travers du 21 CFR Part 211-D qui stipule que les équipements doivent être conçus de façon à ce que leur surface soit inerte vis-à-vis du médicament. Néanmoins, Abdel Khadir assure que le rouging est un sujet brûlant pour la FDA qui a publié fin août 2012 une « form 483 » sur le sujet. En résumé, l'agence américaine demande aux industriels, au cours des inspections, d'apporter la preuve que le phénomène de rouging est sous contrôle dans leurs installations. Pour l'USP, le rouge n'est pas non plus identifié comme un contaminant. L'organisation internationale, qui est pourtant à l'origine de nombreux standards, ne fait aucune recommandation et ne propose aucune méthode de suivi. « Il ne sert à rien de passiver régulièrement une boucle d'eau à usage pharmaceutique. On peut prendre plus de risques à essayer de remédier le problème plutôt que de le laisser tel quel », a commenté Robert Neri (Sanofi).

Piloter la problématique rouging

Pour une fois, la réglementation se montre peu tatillonne. Mais on comprend la gêne des opérateurs qui, à l'inspection d'une installation relativement récente, constatent déjà l'apparition de ce phénomène. D'où l'objectif de la commission SFSTP de proposer une méthode de gestion et de pilotage de la problématique rouging, en ligne avec la nouvelle LD 20 des BPF (ou ICH Q9), et qui engage à déployer des approches de type analyse de risque. Olivier Manchon (GSK) a détaillé les demandes de la LD20, à savoir : « recenser tous les risques ayant un impact potentiel sur la qualité du produit, évaluer/analyser les impacts sur la qualité du produit, décider si les risques sont acceptables ou non, proposer des plans d'action pour les risques ayant un impact avéré sur la qualité du produit ». Aussi, pour entrer dans cette démarche, la commission SFSTP a sélectionné l'outil AMDEC (Analyse des modes de défaillance, de leurs effets et de leur criticité ou FMEA) pour lui servir de base. Puis, son travail a consisté à le déployer pour trois situations différentes : les boucles d'EPPIV et systèmes de production associés, les équipements de production d'eau à usage pharmaceutique, de vapeur pure et les équipements de process qui entrent en contact avec le produit. Deux logigrammes décisionnels ont été bâtis : l'un pour la gestion du rouging des réseaux de fluides compendiaux chauds, l'autre pour la gestion du rouging des équipements de process. Ces logigrammes détaillent les actions et analyses à effectuer lorsqu'un utilisateur découvrira du rouging dans ses installations. Les services techniques et de production ainsi que l'assurance qualité trouveront dans ces logigrammes et cet AMDEC des outils simples de pilotage de la problématique rouging.

Renseignements : www.sfstp.org

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