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La chimie européenne ronge son frein

Julien Cottineau

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L'embellie n'est toujours pas au programme. Dans sa dernière note de conjoncture, le Cefic relève de nouveaux déclins de la production chimique dans l'UE : -1,7 %, sur les deux premiers mois 2013 en un an, - 2,3 % juste pour le mois de février. Le niveau de production est ainsi à 8 % en deçà du pic historique de 2007. A l'exception de celle des polymères, stable, les productions de tous les autres segments se sont dégradées, de plus de 1 % pour les produits de grande consommation et les inorganiques de base jusqu'à 4,2 % pour les spécialités. Les ventes ont fléchi de 1,4 % entre janvier 2012 et 2013. Les prix n'ont, eux, progressé que de 1,1 % en février. Sans surprise, l'indicateur de confiance de l'industrie continue ainsi de traîner sa morosité, nourrie par les faibles perspectives de reprise à court terme. Cette situation se reflète dans les derniers résultats trimestriels publiés. Les acteurs européens continuent de pointer du doigt les faiblesses du marché européen et la croissance plus modérée qu'escomptée en Asie. Evonik s'en sort plutôt bien. Tout juste introduit avec succès en Bourse, le chimiste allemand ne déplore qu'un recul de 4 % de ses ventes, à 3,26 milliards d'euros. Son Ebitda ajusté a faibli plus sévèrement, de 10 % (589 M€). Mais son résultat net s'est apprécié de 8 %, à 266 M€. Evonik évoque des prix en baisse mais des volumes plutôt stables. Le groupe se montre confiant pour un rebond de l'économie mondiale en milieu d'année.

La confiance est bien plus érodée du côté de son compatriote Lanxess. La faiblesse des marchés, notamment dans l'automobile et les pneumatiques, et les baisses de prix ont fortement impacté ses activités, principalement celle des polymères de performance. Résultat des courses : baisse de 12 % de son chiffre d'affaires (2,1 Mrds €), un Ebitda avant exceptionnels effondré de 52,8 % (174 M€), une marge d'Ebitda divisée par deux, à 8,3 %, et un résultat net établi à 25 M€, soit une chute de 87 % en un an ! Lanxess avait déjà anticipé cette dégradation, via des réductions temporaires de production sur ses actifs de polymères de performance. Le groupe va désormais entreprendre des mesures similaires dans le domaine des produits chimiques de performance, tout en comptant sur un rebond des conditions économiques en milieu d'année.
« Chiffres d'affaires en baisse »Chez Solvay, qui vient d'engager un vaste projet pour ses chloro-vinyles avec Ineos (voir p. 5), la situation est plus favorable. Les ventes ont décliné de 3 %, à 3,01 Mrds € sous l'effet d'une baisse des volumes et de taux de change défavorables. En revanche, l'Ebitda récurrent s'est affaibli de 12 % en un an, en raison des mauvaises performances des segments polymères fonctionnels et des produits chimiques de performance. Le résultat net s'est contracté de 16 %, à 101 M€. Enfin, le dernier grand « pure player » tricolore vient lui aussi de publier son premier bilan 2013. Pénalisé par la demande européenne et sa division Matériaux de performance qui a souffert notamment de la faiblesse du secteur photovoltaïque, mais boosté par le marché américain et les performances de ses divisions Spécialités industrielles et Coating solutions, Arkema se dit satisfait pour le moment, avec un chiffre d'affaires en léger repli de 3,7 %, à 1,56 Mrd €. A 234 M€, son Ebitda n'a diminué que de 7,5 %, lui octroyant une solide marge d'Ebitda de 15 %. En revanche, son bénéfice plonge dans le rouge, passant de 100 à -30 M€ en un an. Ce qui n'est pas une surprise en raison de la charge exceptionnelle de 125 M€ inscrite pour aider Kem One à traverser sa mise en redressement judiciaire (CPH n°630). Mais ce type d'efforts, Arkema en est las. Cela n'ira pas au-delà, affirme le groupe. Surtout face aux conditions économiques actuelles.

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