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La bioproduction au secours de la pharmacie

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Que va-t-il advenir de l'industrie pharmaceutique en France? Dans un contexte mondial marqué par une multiplication des plans sociaux, chez Pfizer, Amgen, GlaxoSmithKline (GSK), Johnson & Johnson, Bristol-Myers Squibb, Wyeth, Schering Plough, Merck…, la pharmacie en France affiche de sombres perspectives en matière d'emploi. Les effectifs de Pfizer, par exemple, fondent comme neige au soleil dans l'Hexagone. GSK a annoncé le licenciement de 200 visiteurs médicaux tandis que Sanofi Aventis va supprimer 300 postes sur son site de Vitry sur Seine. L'effectif du secteur progressait de 1,9 % par an depuis 1995. Les temps vont changer. Dans une récente étude d'Arthur D.Little commandée par le Leem, le cabinet annonce un recul de 28 % des effectifs sur la période 2005 et 2015 dans son scénario le plus noir. Même dans un scénario le plus optimiste possible, les effectifs reculent de 8 %. Les fonctions les plus touchées sont le marketing et la production. Une bien mauvaise nouvelle pour la pharmacie en France qui dispose d'une tradition ancienne de production, avec une place de numéro un européen devant l'Allemagne. On sentait bien que des menaces planaient depuis quelques années sur la production. Déjà un grand nombre de sites détenus par de grands laboratoires a changé de mains pour passer dans le giron de façonniers plus enclins à produire les génériques réclamés par les pouvoirs publics. L'étape suivante pourrait être une délocalisation de la production vers Asie. Les pays émergents vont bientôt produire leurs propres médicaments pour subvenir à leurs besoins. De là à devenir exportateurs à destination des pays développés, il n'y a qu'un pas. Cette tendance à l'érosion des effectifs apparaît donc inéluctable. En revanche, le Leem entrevoit une porte de sortie avec le développement des biomédicaments et de la bioproduction. « La part des médicaments biologiques s'accroît au fil des années. Même si elle demeure relativement marginale en termes de volumes de produits », confirme l'étude. C'est typiquement l'analyse d'un groupe comme Roche qui a clairement décidé de se tourner vers des médicaments très innovants pour des pathologies sévères et une médecine personnalisée où le diagnostic joue un rôle clé dans l'ajustement des traitements, a expliqué Severin Schwan, son nouveau pdg, à l'occasion d'un passage à Paris. Mais tous ces nouveaux médicaments sont des anticorps, des protéines, obtenus par voie biotechnologique. Le groupe suisse n'a pas caché que, s'il est en train de se séparer de son site de Fontenay-sous-Bois, c'est parce qu'il est encore sur des productions traditionnelles et la conversion n'est jamais passée à l'ordre du jour. Mais par bonheur, ce message du Leem qui vise à promouvoir la bioproduction semble enfin passer auprès de notre champion national. En dépit des suppressions d'emplois, le site de Vitry de Sanofi Aventis est en passe de se reconvertir en un centre de production biotechnologique. Mais les 100 millions d'euros
qui y seront investis ne seront pas de nature à combler le retard de la France
dans le domaine. Aussi, pour le Leem, il y a toujours urgence à relever le défi de
la bioproduction. Sylvie Latieule

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