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L'usine du futur, si proche et si lointaine

À TOURS, NICOLAS VIUDEZ

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Les 21es Printemps de la production pharmaceutique se sont déroulés à Tours, le 10 avril 2018. Une journée d'échanges entre les acteurs de la production qui était, cette année, dédiée à la très actuelle thématique de l'usine du futur.

« Il y a beaucoup d'inquiétudes de nos salariés sur le 4.0. Mieux on explique le sujet, plus on dédramatise », a souligné Éric Beghini, directeur du site SKF pour clôturer les 21es Printemps de la production pharmaceutique (PPP) en apportant son regard d'industriel, fort de 1 300 salariés dédiés à l'équipement automobile. Le dirigeant a résumé l'axe de cette journée de travail et d'échanges : « En tant qu'industriels, nous avons des problèmes et les start-up ont des solutions, il faut qu'on arrive à travailler ensemble ». C'était un des objectifs des PPP qui se sont déroulés, le 10 avril dernier à Tours (Indre-et-Loire). La journée, organisée par le Grepic et l'institut de formation IMT, avait pour thématique l'usine du futur. Sous cet intitulé, les sujets explorés montraient la volonté de sensibiliser sur un large éventail de sujets : « gamification », réalité virtuelle, jumeau numérique, sécurité des données, intelligence artificielle... Autant de thèmes pour lesquels étaient proposés ateliers, exemples de solutions concrètes et perspectives de développement. Avec un constat qui a prédominé tout le long de cette journée : si ces sujets reviennent régulièrement dans l'actualité, ils peinent encore à se matérialiser dans le secteur pharmaceutique. Car lorsqu'il faut présenter des exemples concrets au sein de l'usine, l'industrie pharma se réfugie souvent derrière sa culture du secret.

 

Le jumeau numérique déjà accessible

Parmi les ateliers de journée, Altran venait présenter les avantages du jumeau numérique pour transformer l'usine. Cette modélisation numérique du site de production, de ses flux logistiques comme de ses équipements, permet d'optimiser les process. « Aujourd'hui, en France, EDF se lance dans le jumeau numérique des centrales nucléaires, on redigitalise tout avec un objectif opérationnel », a cité en introduction, Frédéric Dabe, directeur solutions d'Altran. Une option d'autant plus intéressante que la modélisation 3D a bénéficié de progrès récents qui ont fait fondre les coûts. « Désormais, avec un drone, on peut faire une acquisition en 2 ou 3 jours, puis une à deux semaines pour la création du modèle », souligne Frédéric Dabe qui a appelé les industriels à demander le modèle 3D de leurs sites : « Conservez les modèles et les données de vos installations, récupérez le modèle 3D de création de vos usines ». Le jumeau numérique présente ainsi des avantages à chaque phase du projet. En phase d'investissement, il peut servir pour de la simulation de flux mais aussi des études d'implantation (choix de site, analyse de l'impact environnemental). « On peut modéliser de façon très poussée la définition des équipements, des robots, des convoyeurs, etc. », souligne Frédéric Dabe. En phase d'études, après validation de l'investissement, le jumeau virtuel permet de valider l'ingénierie en testant le design. Un modèle qui aide à optimiser les choix techniques et les coûts. Grâce au jumeau numérique, des études d'ergonomie pour définir précisément les gestes de l'opérateur peuvent être intégrées. Enfin, en phase d'opération, le jumeau numérique sera un outil précieux dans la formation, par exemple des intérimaires, sans avoir besoin d'arrêter ou de ralentir les lignes de production.

 

L'intelligence artificielle va-t-elle « disrupter » l'industrie ?

Au-delà de faire connaître les solutions existantes, l'objectif des PPP était également de sensibiliser les acteurs de la production aux enjeux liés à l'intelligence artificielle et à la digitalisation. Cette dernière mission a été accomplie par le jeune et dynamique Stéphane Mallard, « digital evangelist » chez Blu Age, chargé de diffuser la bonne parole sur l'intelligence artificielle. « Qui a peur de perdre son job à cause de l'intelligence artificielle ? », interroge Stéphane Mallard en introduction. Face aux rares mains qui se lèvent dans l'assistance, l'orateur s'amuse : « Ca va changer à la fin de la conférence... ». Le spécialiste en digital a lancé des pistes sur ce que pourrait bouleverser l'intelligence artificielle, prochaine révolution annoncée. « Le fondateur de Google a annoncé que l'ère de la mobilité était désormais terminée, on entre dans une époque d'Intelligence artificielle ». Une conférence qui a pris des allures d'avertissement pour l'industrie pharma : « chaque fois qu'un secteur est "disrupté", cela vient systématiquement de l'extérieur, d'un "outsider" qui ne connaît rien du sujet », a rappelé Stéphane Mallard. Il a insisté sur la démonétisation de la connaissance, désormais accessible partout. L'expertise, avec l'avènement de l'intelligence artificielle, pourrait connaître le même sort. « Les entreprises vont devoir se spécialiser sur l'empathie et les interactions humaines », projette-t-il. Un propos de conclusion en forme de validation de l'approche patient-centrée prise par l'industrie, ces dernières années. Mais une réflexion qui risque de ne pas calmer tout de suite les craintes vis-à-vis de l'emploi et du 4.0.

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