Nous suivre Industrie Pharma

L'Ipil, un institut en phase avec les industriels

ANNE-GAËLLE MOULUN

Sujets relatifs :

, ,

Fortement ancré dans le tissu industriel lyonnais, l'Ipil forme depuis plus de 50 ans des cadres pour l'industrie pharmaceutique et cosmétique. Avec un défi majeur à relever : s'adapter aux évolutions des besoins de ses partenaires.

L'Institut de pharmacie industrielle de Lyon (Ipil) a vu le jour en 1962, à l'initiative d'universitaires et d'industriels de la pharmacie. « Ils voulaient former des pharmaciens susceptibles d'occuper des postes dans l'industrie pharmaceutique et cosmétique », explique la nouvelle directrice de l'Ipil, Marie-Alexandrine Bolzinger, qui remplace Patrice Sébert depuis le 1er septembre 2014. L'Ipil est un département transversal de la faculté de Pharmacie de Lyon. Il propose un Master professionnel « ingénierie pour la santé et le médicament », qui se décline en 5 parcours : pharmacie industrielle, cosmétologie industrielle, évaluation clinique, management de la qualité des organisations et dispositifs médicaux et médicaments associés. À l'origine, l'Institut ne proposait qu'un Master 2, mais, depuis 2006, il a également ouvert un Master 1 pour les étudiants en sciences. L'Ipil compte une dizaine d'enseignants-chercheurs permanents, venant de différents départements de la faculté, et 4 personnels administratifs. « 60 % des enseignements sont réalisés par des intervenants de l'industrie », note Marie-Alexandrine Bolzinger. L'Ipil a en effet de nombreux partenaires industriels : le Leem (les entreprises du médicaments), l'Afipral (Association des fabricants de l'industrie pharmaceutique en Rhône-Alpes), Lyonbiopôle, ou encore le Pôle cosmétique Rhône-Alpes. « Nous discutons ensemble du contenu des programmes, des projets de l'Ipil, et ils nous aident financièrement via la taxe d'apprentissage », énumère la directrice. Chaque année, l'Institut forme 120 à 130 étudiants, tous parcours confondus, dont une trentaine en M1. Plus de 90 % d'entre eux s'insèrent sur le marché de l'emploi dans les six mois suivant leur diplôme.

 

Proposer des formations en lien avec les besoins

 

Mais pour continuer à coller au plus près des attentes de l'industrie, l'Ipil doit sans cesse s'adapter, car de nouvelles thématiques de formation émergent régulièrement. « En ce moment, les dispositifs médicaux (DM) sont en plein boom dans l'industrie », note la directrice. « Depuis la mise en place d'un règlement européen les concernant, nous avons une forte demande pour des formations sur les affaires réglementaires liées aux DM. » En cosmétologie également, les nouvelles exigences européennes ont généré des demandes de formations, notamment sur la sécurité des produits cosmétiques. Enfin, la bioproduction est également un thème en vogue. Pour y répondre, l'Ipil travaille sur un projet de plateforme répondant aux normes strictes des bonnes pratiques de fabrication industrielles (GMP) pour les zones à atmosphère contrôlée (ZAC). Il devrait être opérationnel d'ici 2016. « Il permettra à nos étudiants d'apprendre à développer un biomédicament », prévoit la directrice.

La formation professionnelle est également un volet qui prend de l'ampleur. « Nous en avions très peu auparavant, mais depuis quelques années nous accueillons jusqu'à une dizaine de personnes par an en validation des acquis de l'expérience. C'est très bien, car elles ont tendance à coacher les étudiants. Elles apportent l'industrie au sein de l'université », apprécie la directrice. En parallèle, la formation en collaboration avec les entreprises se développe aussi, grâce à la mise en place de l'unité de formation continue Ipil. « Nous avons commencé l'an dernier. Le nettoyage et l'assurance qualité sont des thèmes très demandés. À terme, grâce à notre plateforme, nous pourrons aussi proposer aux entreprises des formations sur la production de biomédicaments », estime Marie-Alexandrine Bolzinger.

L'APPRENTISSAGE, VÉRITABLE ATOUT POUR LES ÉTUDIANTS

Sur les cinq parcours proposés par l'Ipil, deux peuvent être réalisés en apprentissage en entreprise depuis plus de 15 ans : pharmacie industrielle et cosmétologie industrielle. Ce type de formation séduit de plus en plus les industriels, à tel point que, depuis deux ans, le parcours « évaluation clinique » peut lui aussi être effectué en apprentissage. « Nous débordons d'offres d'apprentissage de la part des industriels. Nous avons 45 postes actuellement et nous en aimerions davantage », détaille Marie-Alexandrine Bolzinger. « C'est un vrai avantage pour les étudiants. Ils sont formés pendant treize mois tout en étant salariés d'une entreprise. Cela leur laisse le temps de sortir du cadre scolaire et d'avoir une vraie expérience. En cosmétologie par exemple, ils peuvent suivre le développement d'un produit du début à la fin, sur l'ensemble de la chaîne. ». Même si les petites et moyennes entreprises doivent encore « sauter le pas » pour miser sur ce type de formation, « les grands groupes ont désormais l'habitude et nous proposent régulièrement des postes », indique la directrice de l'Ipil. « Nos meilleurs représentants sont les étudiants. Quand leur apprentissage se passe bien, les entreprises n'hésitent pas à renouveler l'expérience », souligne-t-elle. Voire à les embaucher, si elles en ont les moyens...

Bienvenue !

Vous êtes inscrit à la news Industrie Pharma

Nous vous recommandons

Transformation digitale : Des solutions qui s'imposent

Transformation digitale : Des solutions qui s'imposent

Avec le confinement et le développement du travail à distance, la transformation numérique de l'industrie n'a jamais paru aussi pertinente. Et si la crise liée au Covid-19 accélérait[…]

La pharma se dévoile en chiffres clés

La pharma se dévoile en chiffres clés

La crise bouscule les habitudes

La crise bouscule les habitudes

Données : « Prioriser le retour sur investissement »

Données : « Prioriser le retour sur investissement »

Plus d'articles