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L'industrie pharmaceutique passe à l'action

Aurélie Dureuil

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Les industriels du médicament rassemblés la semaine dernière autour de la présentation de deux études Leem et Polepharma ont affiché leur volonté d'agir. Ils ont présenté une série de mesures à porter auprès des pouvoirs publics.

À force de s'alarmer et de s'inquiéter des difficultés rencontrées ces dernières années par le tissu industriel pharmaceutique français, les organisations professionnelles affichent désormais leur volonté d'action. Le Leem, en collaboration avec Polepharma, a réuni les acteurs de la filière pour présenter son plan de bataille. Le colloque organisé mi-octobre a eu pour thème : « Production pharmaceutique : la France face à ses responsabilités ! ». Si Sébastien Aguettant, président de la commission des Affaires industrielles du Leem rappelle que la 1er édition s'est tenue en octobre 2012, il note que les recommandations faites à cette occasion ont depuis été « peu suivies d'effet ». Deux ans plus tard, les industriels entendent voir des avancées positives. « Dans ce sujet important des enjeux industriels de la production en France, nous avons eu par le passé des pistes pour analyser et comprendre. Il s'agit d'agir », affirme Patrick Errard, président du Leem.

 

Présentation de deux études

 

Et pour bâtir ce plan d'actions, les organisations professionnelles s'appuient sur deux études réalisées par les cabinets Roland Berger et Arthur D. Little, respectivement « Comment relancer la production pharmaceutique en France » et « l'Observatoire sur les investissements productifs pharmaceutiques et biotechnologiques en France ». « La situation de l'investissement n'est pas catastrophique mais demeure fragile », analyse Frédéric Thomas, directeur du pôle santé d'Arthur D. Little. La France compte 224 sites de production pharmaceutique. Depuis 2010, le cabinet constate une baisse moyenne des investissements de 4 % par an, passant de 932 millions d'euros en 2010 à 813 M€ en 2013. Si les 190 sites de médicaments « chimiques » ont capté 60 % des 3,5 Mrds € investis entre 2010 et 2013, ces investissements ont été réalisés « de manière défensive à visée réglementaire et de compétitivité ». L'étude d'Arthur D. Little précise : « plus de 80 % des montants investis concernent directement l'outil de production sur des sites existants. La part dédiée à la construction est faible et celle du foncier quasi nulle ». Ces investissements sont portés à 40 % par des big pharma, 40 % par des laboratoires de taille intermédiaire et 20 % par des façonniers.

Le consultant oppose ces stratégies à celles dans le domaine des médicaments biologiques et des vaccins. Les 40 % des investissements restant concernent les sites de produits biologiques et de vaccins où ils visent à « augmenter les capacités et s'ouvrir à de nouveaux marchés », constate Frédéric Thomas. Il note aussi que seul un tiers des sites pharmaceutiques (chimiques et biologiques) sont enregistrés par la FDA. Plus de 2/3 des sites ne peuvent pas donc pas exporter vers les États-Unis. Une piste de développement pour l'industrie pharmaceutique selon Frédéric Thomas.

Ce constat sur les investissements fait écho à l'analyse de Roland Berger sur l'emploi industriel pharmaceutique. « Les 40 800 emplois de production sont générés à environ 85 % par des molécules chimiques dont environ 75 % à forte maturité. La production industrielle pharmaceutique en France doit être relancée pour l'ensemble des catégories de médicaments, l'heure n'étant plus au constat », souligne Patrick Biecheler, associé en charge de la Pharmacie/Santé de Roland Berger. S'il loue le savoir-faire reconnu des sites français, leurs capacités et leurs bonnes performances opérationnelles, le consultant identifie plusieurs leviers : « des thématiques fiscales, une stabilité voire visibilité des prix et un patriotisme national voire européen ».

Ces conclusions ainsi que celles d'Artur D. Little ont permis au Leem et Polepharma d'élaborer « une série de préconisations ». Pascal Le Guyader, directeur des Affaires générales, industrielles et sociales du Leem identifie deux grands axes : « des leviers pour protéger cette production actuelle et comment capturer de nouvelles molécules ». Les mesures passent notamment par l'instauration d'un crédit d'impôt production, la mise en place d'un Label Europe, des mesures sur les prix en fonction d'une production en France, une amélioration des conditions d'accès au marché... Toutes les mesures ne sont pas nouvelles mais les industriels semblent convaincus de l'urgence d'agir. « Nous avons une conscience commune et une responsabilité commune pour développer l'emploi », souligne Guillaume Clément, président de Polepharma. Patrick Errard du Leem adresse ainsi un message au gouvernement de Manuel Valls : « Si vous aimez l'entreprise, préservez son outil de production » !

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