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Patrick Hibon de Frohen : L'industrie pharmaceutique au Maroc

La rédaction

L'industrie pharmaceutique implantée dans les pays du Maghreb, qu'elle soit nationale ou internationale, est diverse tant par ses origines historiques que par sa capacité à évoluer et à s'adapter aux récentes exigences réglementaires

Si certes, les sites de production installés au Maroc ont été les premiers du Maghreb, fruits de pharmaciens pour la plupart formés en France, ils pêchent, à la différence des sites algériens et tunisiens, par diverses pratiques qui les pénaliseront à terme s'ils n'en prennent pas conscience : celle tout d'abord de la transmission de sites, créés par des fondateurs historiques, à des successeurs familiaux ou non. Les premiers ont fait fortune et se contentent de la gérer, et ne maîtrisent pas toujours les évolutions techniques, technologiques et réglementaires. Ils ont quitté leurs petits sites historiques pour construire des usines modernes dans les banlieues de Casablanca ou de Rabat. J'ai souvenir d'un industriel fondateur, souhaitant agrandir son site, qui, connaissant mon passé industriel et mes relations avec les équipementiers, me sollicita pour que je lui propose des machines « up to date ». Et comme je lui demandais pour quels types de process et donc de technologies, il coupa court à mes nombreuses questions en me disant « mettez-moi un peu de tout !». La génération suivante tardant à prendre les rênes, on constate que, pendant ce temps, les autres pays du Maghreb rattrapent leur relatif « retard » et anticipent, par le biais de joint-ventures ou d'associations avec des internationaux.

Une autre pratique est celle de la formation des personnels de production. Autant les nationaux et internationaux au Maroc reconnaissent que la formation n'est pas réellement pour eux un sujet de préoccupation, autant l'émergence de besoins explicites de formation est de plus en plus visible en Algérie ou en Tunisie, exprimant ainsi une vraie volonté de mettre en adéquation les normes des sites de production avec les compétences des « opérateurs ». De récentes structures en Algérie comme Wanylab, et ses partenaires, ou l'Institut des métiers de la santé (IMS) en Tunisie, proposent des formations, intra ou inter, couvrant tous les métiers de la production pharmaceutique. Une dernière pratique, parmi de nombreuses autres, concerne la volonté des industriels algériens et tunisiens de produire des médicaments, essentiellement des génériques, en tous points identiques aux princeps. Ainsi, à titre d'exemple, le Laboratoire national de contrôle algérien a initialisé le principe de la recherche de bio-équivalence pour tout produit fabriqué localement, selon la méthodologie européenne bien connue. Un projet identique avait émergé au Maroc et personne n'est en capacité de dire à quel stade il en est.

Gageons toutefois qu'une saine et efficace émulation économique boostera cette industrie maghrébine au service de la santé, d'abord de leur pays, puis de ceux limitrophes.

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