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L'IMT va nommer comme président Patrice Martin

L'IMT va nommer comme président Patrice Martin

IMT, INDUSTRIES PHARMACEUTIQUE COSMETIQUE BIOTECHNOLOGIQUE, TOURS, FRANCE, JUIN 2012 / droits d'utilisation communication interne et externe de l'IMT pendant 5 ans, hors service de presse et publicite

© Thierry Borredon / Bergamote Presse

Après avoir fêté ses 35 ans en 2015, l'Institut des métiers et des technologies (IMT) amorce, cette année, un changement dans sa gouvernance. Patrick Bourdy, son président depuis 2008, cède sa place à Patrice Martin, directeur des établissements industriels Servier du Loiret. Un changement qui devrait s'inscrire dans la continuité.

« Un élément important repose sur le fait que l'Institut des métiers et des technologies (IMT) puisse continuer de se réinventer en permanence », annonce Patrice Martin, futur président de l'organisme de formation tourangeau. C'est en juin 2016, au cours du Conseil d'administration de l'organisme de formation, que le passage de relais devrait être effectué entre Patrick Bourdy, président de l'IMT depuis 2008, et le directeur des établissements industriels du Loiret de Servier. Un changement de direction qui devrait s'inscrire dans la continuité, avec l'objectif que l'IMT reste « un lieu de formation afin de développer de l'emploi de qualité dans l'industrie pharmaceutique », souligne Patrick Bourdy. Il ajoute : « notre démarche ne s'arrête pas à l'issue de la formation. Elle continue dans l'entreprise avec la même exigence, le même regard. Cela doit se faire ensemble. Notre objectif est de servir au mieux les intérêts de l'industrie pharmaceutique ». Le futur président, Patrice Martin, va plus loin en positionnant l'IMT comme un élément central de l'écosystème de l'industrie pharmaceutique. « Produire des médicaments vise à sauver des vies. Il ne s'agit pas de n'importe quel enseignement. Aujourd'hui, l'IMT joue son rôle d'outil éducatif qui a tissé un lien très fort entre la production, l'innovation et l'enseignement ».

En 1980, la création de l'IMT visait à « rapprocher l'éducation nationale et l'industrie », ajoute Patrick Bourdy. Et le groupe de formation poursuit cet objectif aujourd'hui. Dans ce cadre, il dispose d'une convention signée avec le rectorat. « C'est extrêmement rare pour un organisme privé d'obtenir cet accord avec l'inspection académique », note-t-il. Aujourd'hui, ce sont environ 500 étudiants qui sont diplômés de l'IMT, chaque année dans la France entière, à travers cinq formations qui vont du niveau pré-bac à bac +3. Ces formations couvrent la production pharmaceutique et cosmétique (opérateur technique, technicien supérieur et technicien) et les biotechnologies (technicien spécialisé en bioproduction industrielle et technicien spécialisé en maintenance des équipements pharmaceutiques et biotechnologiques). Quatre de ces cinq formations sont par ailleurs agréées par l'industrie pharmaceutique. « Notre objectif est d'ouvrir à la rentrée de septembre 2017 un niveau bac +5 qui complèterait la filière », indique Patrick Hibon de Frohen, actuel vice-président exécutif de l'IMT qui partira à la retraite en octobre 2016. Outre ces formations diplômantes, le groupe IMT a développé une forte expertise de formations inter et intra-entreprises. « Environ 3 800 salariés suivent nos formations, chaque année. Nous intervenons sur une centaine de sites industriels », précise le vice-président exécutif.

Le groupe intervient dans la France entière à partir de ces quatre implantations. Historiquement établi à Tours, l'IMT s'est doté de trois autres sites : Lyon (Rhône), Val-de-Reuil (Eure) et Évry (Essonne). « À Val-de-Reuil, nous disposons de 250 m2 de salles de cours, d'informatique, de langues... Les trois autres établissements sont conçus avec des plateaux techniques », indique Patrick Hibon de Frohen. Le site de Lyon affiche une superficie de 620 m2, et celui d'Évry de 750 m2. À Tours, le groupe dispose de locaux en propre de 4 000 m2, et depuis février, d'un accès aux 2 200 m2 du Bio3 Institute dont il a été un des cofondateurs (voir article p. 52). Des plateaux techniques, au centre de la méthode de l'IMT qui repose sur une grande part de pratique. Et pour ce faire, le groupe recrute des formateurs issus du sérail. Sur les 80 employés de l'IMT, près de 50 sont des formateurs, « qui viennent pour la plupart de l'industrie pharmaceutique et cosmétique », souligne Patrick Bourdy. Et signe de la notoriété de l'IMT, les candidatures sont aujourd'hui essentiellement spontanées. « Il y a 25 ans, nous allions débaucher les professionnels dans les usines. Aujourd'hui, nous recevons trois à quatre CV par jour. Nous cherchons des gens qui ont 8 à 15 ans d'expérience dans l'industrie. Ensuite, ce qui est complexe c'est de déterminer la capacité en tant que formateur », témoigne Patrick Hibon de Frohen.

La question du recrutement se pose également pour les élèves en formation diplômante. L'IMT a mis en place un réseau afin de dénicher les futurs employés de l'industrie pharmaceutique. « À une époque, nous recevions une centaine de dossiers pour 15 places. Aujourd'hui, c'est plutôt une cinquantaine de dossiers. Mais le public est différent. Nous devons faire attention au mode de sélection et avoir des critères exigeants », souligne Patrick Hibon de Frohen. Patrick Bourdy renchérit : « Pour sélectionner les futurs étudiants, nous regardons la motivation. C'est quelque chose qui doit être entretenu ». L'actuel président rappelle par ailleurs le taux d'employabilité : « 98 % des personnes formées à l'IMT sont engagées en CDI, 3 mois après la fin de la formation. Et le taux de rupture de contrat est de 2 % sur 2 ans, alors que dans les CFA œndlr, Centre de formation d'apprentisæ de la région, ce taux de rupture est de 25 % dans les 2 premiers mois ».

 

Une forte adaptabilité

 

Ce taux de réussite pour ses anciens élèves, l'IMT l'attribue entre autres à la capacité à s'adapter, délivrée au cours de la formation. « Nous sommes dans une société globalisée. L'industrie pharmaceutique change de paradigme. La chance de l'IMT, c'est d'être un acteur privé qui a bien compris l'importance de s'adapter face à un monde en évolution permanente. Nous devons enseigner l'adaptabilité », note Patrice Martin.

Cette capacité est également mise en avant par l'organisme pour son offre de formations. L'IMT a, par exemple, développé son portefeuille vers la bioproduction. « L'industrie pharmaceutique reposant sur la chimie a de beaux jours devant elle, mais les biotechnologies progressent. Il y a 10 ans, nous ne faisions pas de biotechnologie/bioproduction. Aujourd'hui, ces domaines représentent plus d'un tiers de notre chiffre d'affaires », observe Patrick Hibon de Frohen. Il ajoute : « les premières demandes concernaient des personnes qui travaillaient sur de la chimie et avaient besoin d'une reconversion vers la biotech. Aujourd'hui, nous sommes dans une 2e vague autour des procédés upstream et downstream ». Des thématiques qui vont prendre de l'importance dans l'offre de formations en 2017, et qui, pour les formations continues, seront soutenues par le Bio3 Institute. Outre les évolutions autour des domaines d'intervention, l'IMT se développe à l'international. Déjà présent en Belgique, Suisse, Hongrie et au Maghreb, l'IMT réalise 15 % de son chiffre d'affaires à l'international. Le groupe a notamment ouvert en mars une formation certifiante en Suisse. Avec la Hongrie, l'IMT doit accueillir au printemps des étudiants dans ses locaux à Tours dans le cadre d'un accord de partenariat avec trois universités hongroises. Avec le Maghreb, des formations sont réalisées dans les entreprises. « Le monde pharmaceutique est international. L'IMT doit obligatoirement s'y développer pour faire valoir son modèle », indique Patrice Martin. Un développement qu'il envisage seul ou en partenariat. Il cite notamment le Japon, les États-Unis, le Mexique et Taiwan. Le groupe de formation tourangeau poursuit ainsi son développement, tant sur les nouveaux sujets de l'industrie pharmaceutique que sur l'international.

 

Le groupe recrute des formateurs issus du sérail. Sur les 80 employés de l'IMT, près de 50 sont des formateurs.

« 98 % des personnes formées à l'IMT sont engagées en CDI, trois mois après la fin de la formation » (Patrick Bourdy) .

 

CRÉATION D'UN CSIO

Comité de stratégique d'innovation et d'orientation (CSIO), tel est le nom du nouvel organe de la gouvernance de l'IMT. « Jusqu'à présent, le conseil d'administration s'occupait de la gestion quotidienne, tandis que l'organisation d'un séminaire annuel permettait d'avancer sur la stratégie. Ayant grandi, l'IMT a besoin d'un outil de prospection », souligne Patrick Bourdy, actuel président de l'IMT et futur président du CSIO. Il sera constitué d'industriels et d'experts de la formation et se réunira tous les deux mois. « Il s'agira de faire de la veille, de la prospection... En tant que président du CSIO, j'apporterai au conseil d'administration un certain nombre de pistes », indique Patrick Bourdy. « Ce sera un organe de conseils qui nous donnera des éléments supplémentaires de réflexion. Au final, le conseil d'administration prendra les décisions », ajoute Patrice Martin, futur président de l'IMT.

3 questions à Patrice Martin, prochain président de l'IMT

Industrie Pharma : Vous êtes actuellement directeur des établissements industriels Servier du Loiret. Pourquoi avoir postulé à la présidence de l'IMT ? Patrice Martin : Il existe un lien affectif entre l'IMT et le groupe Servier. Le docteur Jacques Servier a soutenu la création de l'IMT. Il était ainsi naturel que le laboratoire revienne à l'IMT. Et quand on veut faire partie d'une association, soit on y va en dilettante soit on s'investit. J'ai opté pour l'investissement, les échanges... par goût du challenge. Quels sont les axes stratégiques pour les prochaines années ? P.M. : L'enjeu est important pour l'IMT pour les prochaines années. Le groupe est à un carrefour important pour continuer son développement. Nous ne devons pas vivre sur les acquis. Si la base solide du développement futur reste le plateau technique de Tours, nous devrons nous appuyer sur Évry, Lyon, et aujourd'hui celui du Bio3. Il y a aussi un réalisme simple : notre organisme de formation est complémentaire de l'organisation académique. Comment cette présidence va s'inscrire dans vos responsabilités chez Servier ? P.M. : Dans mon rôle de directeur de site, il est important de faire rayonner notre identité et de chercher à partager les bonnes pratiques, de trouver à travers le échange des éléments d'innovation. En complément de la future présidence de l'IMT, je suis également vice-président du Grepic.

PROPOS RECUEILLIS PAR AURÉLIE DUREUIL

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