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L'hôpital Robert Ballanger sécurise l'administration du médicament

À AULNAY-SOUS-BOIS, SYLVIE LATIEULE

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L'hôpital Robert Ballanger sécurise l'administration du médicament

L'armoire Pyxis installée dans l'unité de cardiologie de l'hôpital Robert Ballanger.ž

© © Pascal Guittet/ETAI

L'UN DES SOUCIS MAJEURS DES PHARMACIENS HOSPITALIERS EST QUE SOIT ADMINISTRÉ LE BON MÉDICAMENT AU BON PATIENT. D'OÙ L'IMPORTANCE DES CONDITIONNEMENTS UNITAIRES ET DE LA TRAÇABILITÉ.

Avoir la certitude de délivrer le bon médicament au bon patient, c'est le Graal que cherchent à atteindre les pharmaciens du centre hospitalier intercommunal Robert Ballanger, à Aulnay-sous-Bois pour les années à venir. Mais cela demande une sécurisation totale du circuit du médicament. Les pharmaciens y travaillent déjà depuis quelques années et les premières réalisations, visant notamment à améliorer l'étape de préparation des médicaments, sont là. Point de départ de la démarche, l'hôpital a choisi d'équiper toutes ses unités de soin d'armoires à pharmacie robotisées de la marque Pyxis. Installées sur la période 2004-2007, ces armoires sont toutes connectées à un serveur central, permettant une surveillance en temps réel des stocks dans les services, avec pour corollaire une amélioration de la logistique de l'hôpital. « Nous avons observé une diminution de 80 % des bons d'urgence dans les services déjà équipés », explique Arezki Oufella, pharmacien. « De même le nombre de lignes de commandes a pu être réduit de 40 % ».

Dans la pratique, ces armoires sont utilisées par les infirmiers des unités de soin pour préparer les médicaments qu'ils vont devoir dispenser aux patients de leur service. L'accès aux armoires est contrôlé et requiert une habilitation, ce qui écarte la possibilité de délivrance de médicaments par des aides-soignantes moins qualifiées. Via le système d'exploitation, les infirmiers accèdent aux prescriptions des malades ou saisissent des noms de médicaments au niveau du terminal. Les armoires, dotées de nombreux compartiments ou tiroirs, vont les ouvrir en alternance pour permettre à l'infirmier de récupérer les médicaments demandés. Un tiroir peut contenir quelques petites dizaines de médicaments. Seules les opiacées sont délivrées à l'unité. A ce stade, le préparateur doit se référer à l'écran de contrôle pour repérer l'emplacement du médicament dans son tiroir avec toujours le risque de se tromper de médicament. Mais c'est là qu'interviennent les choix d'associations de médicaments dans les tiroirs. Au lieu de réunir des familles de médicaments, on préfère associer des médicaments présentant des emballages très différents pour une meilleure identification visuelle. Et les résultats sont là, Alexandra Fabreguettes, chef de service Pharmacie, cite le cas d'une unité de soins qui a réussi à faire passer ses erreurs de préparation de 3 % à 0,6 %.

Généraliser la prescription informatisée

 

De leur côté, ces armoires, qui peuvent comporter entre 80 et 850 références selon les services (anesthésie ou urgences), sont réapprovisionnées deux fois par semaine par le biais de chariots. Ces chariots sont préparés au niveau de la pharmacie centrale de l'hôpital à partir de bordereaux fournis par le système informatique, sur la base de l'état des stocks des armoires dans les unités de soin. Pour l'heure, ces chariots sont préparés manuellement, mais cette opération pourrait être robotisée. L'équipe d'Alexandra Fabreguettes réfléchit justement à l'installation d'un robot de ce type.

Parallèlement, la pharmacie centrale travaille en étroite collaboration avec les médecins pour que soit généralisée la prescription informatisée, alors qu'elle n'est aujourd'hui que de 45 %. Lorsque des ordonnances informatiques existent, elles peuvent être directement acheminées au niveau des serveurs des armoires. Les préparateurs n'ont plus à effectuer des saisies de noms de médicaments, source d'erreur. En 2011, un des services de l'hôpital a pu réduire de 0,76 % à 0,21 % ses erreurs de préparations par le double usage de l'armoire Pyxis et de la prescription informatisée. « Nous cherchons par tous les moyens à sécuriser la prise de médicament », justifie Alexandra Fabreguettes. Si l'hôpital d'Aulnay-sous-Bois n'est pas le seul à s'être équipé d'armoires sécurisées dans ses services, il est le seul à avoir mis en place cette connexion directe entre armoire et prescription informatisée. « En aval, nous souhaiterions que les infirmiers puissent valider l'administration du médicament avec la possibilité de scanner le produit final », ajoute la pharmacienne. Mais cela nécessiterait de doter chaque comprimé ou ampoule d'un code datamatrix. « Nous faisons régulièrement des appels d'offres pour avoir des produits à conditionnement unitaire. Mais 20 à 30 % des médicaments ne le sont pas et nous devons procéder à des découpages de blisters ou au reconditionnement de certains produits. Notre crainte est que nous ayons de plus en plus à prendre en charge cette opération de reconditionnement pour les produits que ne seraient pas correctement emballés », regrette Alexandra Fabreguettes. Enfin, pour s'approcher encore un peu plus du risque zéro, il faudra doter le patient de son propre code d'identification, étape ultime d'une maîtrise totale du circuit du médicament à l'hôpital.

GS1 accompagne l'hôpital d'Aulnay

L'association GS1 qui vise à promouvoir un langage commun pour standardiser les échanges d'information accompagne l'hôpital d'Aulnay sur plusieurs projets. On peut citer un projet d'utilisation des standards GS1 pour la traçabilité des chimiothérapies, le suivi des stocks de dispositifs médicaux et de médicaments, l'identification de patients et la mise à disposition des informations dans le cadre du dossier patient. « L'hôpital est une entreprise qui reçoit, transforme et distribue tous types de produits : médicaments, dispositifs médicaux, produits alimentaires, textiles. Pour assurer la pérennité de leurs développements de solutions de traçabilité, ils se sont tournés vers des standards internationaux déjà largement utilisés dans d'autres secteurs d'activités », explique Valérie Marchand, responsable du secteur santé chez GS1. Le recours à des standards leur assure par ailleurs une meilleure communication avec des industriels qui ne souhaitent pas développer de solutions spécifiques pour chacun de leurs clients.

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