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L'Afipral connecte les savoir-faire

À LYON, AURÉLIE DUREUIL

Créée il y a plus de 50 ans par Charles Mérieux, l'association poursuit son ambition d'établir un réseau de savoir-faire dans la région Rhône-Alpes et se tourne vers de nouvelles typologies d'adhérents.

Partager des astuces, des savoir-faire mais aussi des échecs pour progresser. L'idée date d'il y a plus de cinquante ans quand Charles Mérieux, figure emblématique de l'industrie pharmaceutique lyonnaise crée avec des industriels, l'Afipral, association des fabricants de l'industrie pharmaceutique de la région Rhône- Alpes. Aujourd'hui l'organisation compte 34 adhérents et poursuit cette stratégie de « créer du réseau de savoir-faire pour augmenter la courbe d'apprentissage », souligne Pascal Reber, actuel président de l'Afipral. Autour de huit commissions thématiques, les industriels se retrouvent pour échanger sur les pratiques liées à leurs activités avec un fonctionnement qui repose sur deux principes fondateur : « l'échange, il faut donner et recevoir » et « la confidentialité des informations », précise le président. Il insiste sur la nature des informations partagées au sein de l'Afipral : « Elles ne doivent pas être liées à la propriétés de l'entreprise. Ce sont des informations d'ordre général. Il s'agit d'informations qui peuvent paraître modestes mais avec une implication forte pour nos adhérents, bien qu'elles ne soient pas liées à des propriétés de l'entreprise ». La commission qualité va ainsi être amenée à traiter de l'application d'une nouvelle norme. De même la commission Hygiène sécurité environnement s'intéresse actuellement à la définition de la pénibilité des métiers dans le cadre de l'application de la réglementation sur les retraites. La commission Communication vise à échanger sur les différentes réalisation de communication interne (journal d'entreprise, journée porte ouverte, etc.). La commission sociale est notamment relative à la gestion des rémunérations par rapport à l'environnement régional. Et si les discussions peuvent porter sur l'application de normes et bonnes pratiques, elles concernent également des technologies. « En général, c'est l'actualité qui guide les thèmes des commissions. Cela peut-être l'application d'une nouvelle réglementation mais aussi parfois dans le cadre d'un saut technologique de savoir comment l'appliquer dans les usines », détaille Pascal Reber.

L'Afipral a également une forte implication dans les thématiques de formation auprès des organismes de la région. Dès sa création, l'association a oeuvré pour la création de l'Ipil (Institut de pharmacie industrielle de Lyon) auquel elle reste très liée. Ainsi l'Afipral préside le conseil d'administration de l'école. « Il est important que les acteurs soient formés et que les cursus évoluent en même temps que les techniques dans l'industrie. Nous constatons des problématiques qui sont en forte décroissance, des besoins qui diminuent et d'autres qui émergent. L'Afipral est active dans le dialogue entre la formation et l'industrie », souligne Pascal Reber.

Et comme l'organisation est très attentive aux évolutions du secteur, ses axes de développement s'inscrivent dans les tendances de l'industrie de la santé en Rhône-Alpes. « Notre axe de développement est d'accueillir plus de nouveaux adhérents des biotechnologies en phase d'industrialisation de produits », confie le dirigeant de l'Afipral. Des entreprises qui pourraient apprendre des plus grandes pour éviter les écueils de la montée en échelle de la société au sein des commissions thématiques de l'Afipral.

3 questions à Pascal Reber, président de l'Afipral

Comment appréhendez vous l'environnement rhône-alpin vis-à-vis de l'industrie pharmaceutique ? Pascal Reber : À Lyon, j'ai trouvé un réseau industriel de la pharmacie mais aussi une région, un département, accueillants et beaucoup plus efficaces que d'autres endroits. C'est lié à la taille, la capacité de se déplacer comparé à Paris notamment. Le positionnement du Grand Lyon est aussi important. L'environnement du Lyonbiopôle est également l'occasion de créer un réseau très efficace par la proximité de ses acteurs. Est-il aisé de trouver des compétences adaptées aux usines dans cet environnement ? P.R. : Il est facile d'attirer des compétences pointues pour nos industries. Il y a un flux assez naturel de personnes qualifiées qui se déplacent d'une entreprise à une autre. De plus, il y a des formations sur place et pour les gens qui sont en fonction, il est facile de trouver un travail pour le conjoint dans le secteur et des écoles internationales pour les enfants, dans le cas de personnel étranger. Les biotechnologies sont développées dans la région. Comment envisagez-vous cette évolution ? P.R. : Historiquement pour les sociétés de biotechnologie qui avaient mis au point un produit, il était impossible de rester en France. Aujourd'hui, nous sommes en train de changer de registre avec Accinov en région lyonnaise, le Génopole en région parisienne, etc. Nous commençons à avoir un outil industriel plus adéquat pour permettre l'industrialisation. J'espère que nous allons réussir à conserver certains produits en France. À Lyon, il y a déjà beaucoup de savoir-faire, il n'y a donc pas de raison qu'on ne puisse pas le faire !

PROPOS RECUEILLIS PAR AURÉLIE DUREUIL

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