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Kem One : six mois pour une seconde vie

Julien Cottineau

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Le financement semble assuré. Lors de l'audience du 9 avril, le tribunal de Commerce de Lyon a déclaré que Kem One SAS, filière amont de Kem One, disposait, dans le cadre de son placement en redressement judiciaire (CPH n°628), des moyens financiers nécessaires à la période d'observation de six mois. Kem One SAS a donc jusqu'au 27 septembre pour se relancer. Les 1 300 salariés et les 7 sites industriels français concernés peuvent donc souffler, temporairement du moins.

La somme totale garantie avoisine les 95 millions d'euros. Elle se décompose sous plusieurs formes. Le groupe Kem One, piloté par Klesch, s'est engagé à hauteur de 10 à 12 M€. Total, de son côté ne contribuera pas en numéraire mais sous forme de rabais sur le prix des quantités d'éthylène et de vapeur fournies pendant 6 mois, à hauteur maximum de 15 M€. Enfin, Arkema sera le principal contributeur du plan de financement. La somme avancée est de 68,7 M€. 30 M€ seront versés en numéraire et correspondent à des ajustements post-closing de la cession du pôle vinyliques à Klesch. Cette somme a déjà été provisionnée dans les comptes de l'exercice 2012 d'Arkema. Les 38,7 M€ restants correspondent aux garanties assumées par le groupe pour le compte de tiers, à savoir certains fournisseurs qui souffrent de factures impayées. Au total, cependant, Arkema s'était engagé à hauteur d'un maximum de 60 M€ de garanties pour le compte de tiers, et le groupe s'attend à probablement régler lors des six prochains mois quelque 20 M€ de garanties supplémentaires aux 38,7 M€ qui vont être versés dans l'immédiat. En outre, Arkema compte encore 65 M€ de créances auprès de Kem One. Ainsi, le groupe passera une charge exceptionnelle de 125 M€ dans ses comptes du premier trimestre pour couvrir les créances totales et le maximum de 60 M€ de garanties pour le compte de tiers.

« 14 juin, date limite des dépôts d'offres de reprise »

Dans ses caisses, Kem One SAS devrait donc disposer d'une enveloppe d'environ 40 M€ grâce au cash versé par Klesch et Arkema. Les syndicats jugent cette somme encore insuffisante, et les craintes que le plan de financement ne soit pas assuré subsistent. Reste encore à savoir exactement où en sont les comptes de Kem One SAS. L'expertise judiciaire est toujours en cours, mais les résultats pourraient être dévoilés dans les prochains jours.

L'avenir de Kem One SAS se jouera aussi en coulisses, et en marge de la poursuite temporaire des activités. Le tribunal a fixé deux dates décisives. Outre celle du 9 juillet, prochain point d'étape programmé par le tribunal sur la situation de Kem One SAS, c'est surtout la date du 14 juin qui est aujourd'hui cruciale. Il s'agit de la date limite, fixée par le tribunal, des dépôts d'offres de reprise. Bruno Sapin, administrateur judiciaire de Kem One SAS s'appuiera lors des six prochains mois sur l'équipe opérationnelle pour faire avancer ce dossier. Le ministre du Redressement productif a aussi déclaré son intention de jouer un rôle et de se mobiliser pour trouver des solutions industrielles. Arnaud Montebourg a indiqué avoir « chargé le Conseil Général de l'Économie, de l'Industrie, de l'Energie et des Technologies (CGEIET) de mener dès à présent une mission d'analyse des enjeux industriels et sociaux de la filière éthylène française ». Avec comme première mission « d'établir l'impact des difficultés actuelles de Kem One sur les autres acteurs de la filière tant au niveau local (Fos, Lavera, Berre) qu'au plan national ». Le chantier apparaît donc vaste pour les six prochains mois.

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