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Kem One en redressement judiciaire

Julien Cottineau

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L'avenir de Kem One se jouera donc aussi sur le terrain judiciaire. A la demande du groupe Klesch, le tribunal de commerce de Lyon a ouvert le 27 mars une procédure de mise en redressement judiciaire de la filiale Kem One SAS, fixant à 6 mois la période d'observation. Nommé administrateur judiciaire, Bruno Sapin prend la relève de Gary Klesch aux commandes de Kem One SAS. Le prochain grand rendez-vous se tiendra le 9 avril au tribunal pour une première audience qui devrait lever le voile sur les comptes, la gestion et les difficultés rencontrées par l'entreprise 9 mois après sa création. La filiale Kem One Innovative Vinyls (compounds vinyliques, tubes et profilés) reste en dehors de la procédure, pour le moment. Kem One SAS, la partie amont, comptait en 2011 pour 67 % des 1,1 Mrd € des ventes de Kem One. 1 300 des 2 600 salariés de Kem One sont concernés par la procédure, tout comme sept sites industriels (Balan, Saint-Fons, Saint-Auban, Berre, Fos-sur-Mer, Lavéra, Vauvert), ainsi que le siège social à Lyon. La seule entité internationale, l'usine d'Hernani en Espagne, ne fait pas partie de la procédure. Un point sur lequel l'administrateur judiciaire devra sans doute se pencher très vite.
 

Ce rebondissement dans le dossier a suscité de nombreuses réactions. Et de nouvelles pressions. Alors que Klesch s'est frontalement attaqué début mars à Arkema en l'accusant de tromperie lors de la cession (CPH n°626), la direction de Kem One a ajouté de la pression. Elle « ne doute pas de l'implication de son ancien actionnaire », ni de « son principal fournisseur Total pour trouver des solutions durables pour la poursuite de l'activité, avec l'appui des pouvoirs publics », en raison « des enjeux industriels, économiques et sociaux de cette filière pétrochimique et chimique dont les acteurs en France sont totalement inter-dépendants ». Arkema, dont l'exposition financière à Kem One SAS s'élève à un maximum de 125 M€ (65 M€ de créances et un potentiel de 60 M€ de garanties en faveur de tiers non-payés) a aussi réagi. Il précise que « la situation créée aujourd'hui est un acte unilatéral du groupe Klesch qui a pris la décision de séparer les deux activités amont (Kem One SAS) et aval (Kem One Innovative Vinyls SAS) et de ne pas mettre en place les financements et garanties prévus ». Et ajoute souhaiter que « cette procédure permette également de s'assurer au plus vite que les moyens financiers mis par Arkema à la disposition de Kem One ont été utilisés conformément à leur objet social ». Lors de la cession le groupe avait effacé toutes les dettes et assorti l'opération d'une enveloppe de 100 M€ de trésorerie. Enveloppe dont personne ne sait très bien ce qu'elle est devenue, les syndicats accusant Klesch de l'avoir ventilée en dehors du financement des activités de Kem One (CPH n°626).


Globalement satisfaits de voir Klesch écarté, les syndicats regrettent la séparation avec l'aval dans la procédure judiciaire. Impatients de voir le bilan réel des chiffres de la société, ils mettent aussi la pression sur Arkema en réclamant la réintégration du pôle vinyliques en son sein. Ce qui n'est absolument pas à l'ordre du jour. La pression s'organise aussi via la grande proximité avec les syndicats chez Arkema. Lesquels pourraient engager des actions dans les prochains jours. Très inquiets, les partenaires sociaux jugent qu'en raison de l'intégration de Kem One dans une chaîne de valeur très intégrée en France, l'éventuelle cessation des activités menace 10 000 à 25 000 emplois en amont et en aval. Inquiétudes qui n'échappent pas à un gouvernement en délicatesse avec la montée du chômage. Il dit suivre le dossier avec attention et travailler avec la filière chimique pour trouver des solutions.

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